Infos et J.O.

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Le Parisien du 12:02:2018

VO Journal SO sept 2017

Avec une grande partie du futur Village Olympique sur son territoire, Saint-Ouen est aux premières loges pour cet évènement exceptionnel[1]. Au-delà des détracteurs résolus de jeux « commerciaux » et coûteux, l’absence d’information municipale précise et régulière des habitants contribue à renforcer des inquiétudes légitimes[2]. L’enthousiasme, même tempéré, semble donc aux abonnés absents. Une situation plutôt insatisfaisante pour aborder l’avenir de manière pragmatique et constructive pour notre ville.

Evidemment, aux confins du Vieux Saint-Ouen, ce grand chambardement urbain, social et économique pour le site olympique se cumule pour les habitants de ce quartier historique avec les grands bouleversements liés à la « rénovation urbaine » qui se dessine avec démolitions, reconstructions et relogements contraints[3]. Une avalanche de projets avec un cortège de chantiers pour une bonne décennie au minimum. Des règles du jeu internationales pour les J.O. et nationales pour l’ANRU[4] difficiles à comprendre ou à modifier. De quoi susciter beaucoup de peurs, de phantasmes et d’approximations pour le commun des mortels.

On peut dès lors s’interroger sur le peu de « portage » de ces dossiers sensibles par les élus de la majorité municipale très discrets ou absents dans les quelques réunions publiques organisées (par d’autres)[5] et qui semblent s’en remettre uniquement au Maire dans ses négociations difficiles avec le reste du monde[6]. Celui-ci, malgré son incroyable talent ne semblant pas beaucoup peser face aux interlocuteurs institutionnels pour imposer ses goûts, ses couleurs et son inexpérience[7].

Ainsi, même si nous sommes de doux modérés, on ne peut que saluer à Saint-Ouen le débat public du 29 janvier dernier sur le Village olympique à l’initiative de militants plutôt issus de la Gauche dite radicale[8]. Malgré un ordre du jour un peu fourre-tout, une introduction synthétique et factuelle du Directeur de Supméca, des échanges de bonne tenue, un auditoire assez large (environ 70 participants) : syndicalistes, étudiants, enseignants, élus municipaux (d’opposition), riverains, député[9] , habitants de Saint-Ouen.

Au final, un constat partagé par des gens de diverses sensibilités : beaucoup de questions préoccupantes et peu (voire pas) d’informations des citoyens du territoire et la création d’un « Comité de vigilance » (cf. ci-dessous le compte-rendu de ce premier rdv « Paris 2024 : on veut savoir !» ). Une démarche bienvenue si elle évite les exigences irréalistes ou les récupérations politiques stériles[10].

Pour l’heure, quelques points évoqués lors de cette réunion sur lesquels il paraît utile de revenir :

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Le lycée Marcel Cachin : on se rappellera des grèves des enseignants plaidant pour une rénovation complète et du soutien « peu perceptible » des élus locaux pour faire aboutir ce dossier[11]. Il aura semble-t-il fallu attendre l’élection de Valérie Pecresse (LR) pour faire remonter ce dossier du bas de la « pile ». Remontée stoppée net dans la perspective du succès de la candidature de Paris au JO. parallèlement, hors problématique JO, le regroupement des filières Bac Pro tertiaires était déjà programmé pour être transférées en septembre 2017 dans le nouveau lycée polyvalent « Plaine Commune » rue de Landy à Saint-Denis[12].

A ce jour, la volonté de la Ville de Saint-Ouen de relocaliser ce lycée sur l’ancien site du Parisien avenue Michelet (convoité par la RATP pour transférer d’un dépôt de bus parisien) est une bonne idée à négocier âprement dans l’intérêt général bien compris. Et avec, espérons-le, un coup de pouce de la Présidente de la Région désormais installée dans nos murs.

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Les entreprises du parc d’activités Rives de Seine : site salement bombardé pendant la dernière guerre, l’ancien dépôt d’hydrocarbures s’était mué, il y une trentaine d’années en un petit parc d’activités. Il est composé aujourd’hui d’environ 25 PME[13] bien ancrées sur le territoire, avec souvent un recrutement local et un nombre d’emplois significatifs sur place (ou rattachés).[14] Là, tout doit passer à la trappe et très vite pour engager les démolitions et la dépollution des sols conditions du démarrage des constructions avec une date butoir (ce qui n’est pas le cas de la restructuration ANRU). Au-delà des indemnisations dues dans le cadre de l’expropriation, difficile de relocaliser les entreprises rapidement et à proximité (sauf quelques unes sur le site hypothétique de l’avenue Michelet). Les entreprises et leurs salariés du site pourraient être donc les grands perdants des jeux.

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Le foyer de travailleurs ADEF[15] (82 Saint-Denis) avec 218 logements meublés composés de chambres à « 1 et 2 lits ») est géré par l’ADEF qui se présente ainsi « Initialement gestionnaire de foyers d’hébergement pour des salariés éloignés de leur famille, l’ADEF œuvre depuis le milieu des années 50 pour répondre aux besoins spécifiques d’un public à la recherche d’une solution rapide de logement ». Plus prosaïquement, le Parisien évoque « le foyer de migrants » donc par les temps qui court de quoi être vigilant.

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L’école d’ingénieurs Supméca, en première ligne, sera gênée par les travaux à proximité immédiate et devra « prêter » son internat (90 chambres)au 104 rue St-Denis [15 bis] qui deviendra – le temps des jeux pendant l’été 2024 – les bureaux éphémères du Comité d’organisation des JO (COJO). De plus, si on a bien compris, son Directeur se réjouit d’hériter en prime d’un nouveau bâtiment sur son site à l’issue des jeux. Pour mémoire le collège intercommunal (Dora Maar côté St-Denis) sera aussi « réquisitionné » à l’été 2024.

AvantAprès

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L’école Anatole France maternelle (8 classes) : inclue dans le périmètre olympique, l’annonce de son transfert (et de sa démolition) suscite beaucoup d’émoi. En réalité, cette école se réinstallerait à… 50 m à vol d’oiseau dans l’enceinte actuelle de l’école Anatole France élémentaire (13 classes) qui dispose d’espaces extérieurs et de locaux importants [16]. il faudrait bien entendu envisager une restructuration d’ensemble incluant la problématique de la restauration et du centre de loisirs. A suivre de près évidemment en terme de financement des travaux et de concertation.

Rappelons toutefois que l’école maternelle était jadis au sein de ce groupe scolaire, et que le préfabriqué actuel est du provisoire depuis plus de 50 ans. Pour mémoire, il a été installé là où se trouvaient des baraquements abritant les sans abris de l’après guerre. Eux même édifiés, à la hâte, sur l’ancienne place devant l’Ecole nationale professionnelle de Saint-Ouen (aujourd’hui Supméca).

Juste retour de l’histoire, on pourrait d’ailleurs envisager de ne pas bâtir sur le terrain libéré par l’école pour retrouver la belle place oubliée (?). Quitte, sans perdre un m2, à reporter les constructibilités sur sa façade Nord. Une place mettant en valeur l’école d’ingénieurs et constituant une l’articulation entre le Vieux Saint-Ouen et son extension sur le site de l’ex Village Olympique avec ses 2 200 logements prévus, 900 chambres d’étudiants et un nouveau groupe scolaire (annoncé en réunion de quartier de l’ANRU).

En résumé, chacun l’aura compris, la vigilance ne dispense d’être collectivement créatifs et offensifs. Informer, contester, proposer sont particulièrement à l’ordre du jour pour « peser » sur le cours des choses et contribuer à rendre les citoyens acteurs de leur territoire.

Eric Pereira-Silva

 

***

[1] Le Village olympique sur St-Ouen, St-Denis et l’le St-Denis accueillera au total 17 000 athlètes dont une grande partie sur notre ville avec des installations réalisées au 1er janvier 2024 pour une ouverture des jeux le 26 juillet 2024. Pour mémoire, les articles de ce blog des 2 et 11 novembre 2015, du 22/9/2016 et du 13/9/2017.

http://www.soignetagauche.fr/2015/11/village-olympique-2024-1ere-marche/ http://www.soignetagauche.fr/2015/11/heu-reux-en-v-o/

http://www.soignetagauche.fr/?s=J.O.&submit=Recherche http://www.soignetagauche.fr/2017/09/chantiers-de-rentree/

[2] Ce n’est pas notre pauvre journal municipal mensuel qui risque de compenser l’absence de réunions d’informations.

[3] Par relogements « contraints » comprendre : pour ceux qui n’ont rien demandé et dont l’immeuble (ou la cage d’escalier) seraient démolis, de se voir proposer un relogement dans le quartier (logements libérés « naturellement » et peu nombreux) dans un secteur proche (Dhalenne, Docks…) ou d’autres quartiers de la ville. Avec un « reste à charge » (loyer + charges) équivalent.

[4] Agence Nationale de la Rénovation Urbaine qui porte le financement et le partenariat notamment avec la Ville et les bailleurs sociaux pour les secteurs de logements sociaux des quartiers du Vieux Saint-Ouen et de Cordon.

[5] Un passage éclair et improvisé du Maire (seul) lors de celle organisée sur les JO (en 2016) par l’association Mon Voisin des Docks), au mieux un élu (muet et en observation) dans la salle au milieu des habitants au Vieux St-Ouen et ou à Cordon lors des débat avec les techniciens de Plaine Commune et les urbanistes…

[6] Un monde extérieur (à St-Ouen) par définition hostile. Dans l’ordre : Plaine Commune, le Département, Paris, l’Etat, la Métropole, l’AP-HP…

[7] On se souvient encore avec nostalgie de William Delannoy, tout juste élu et signataire de la convention ANRU et en réclamant la paternité complète ou son retour triomphal de Lima (sans son Adjoint aux Sports) après la désignation de Paris pour les JO. En public, il ne voit désormais plus que beaucoup d’inconvénients à ces grands projets qui contrarient les siens obéissant à ses règles personnelles.

[8] Pour ce qui concerne les organisations politiques qui ont participé à l’organisation : La France Insoumise (LFI) et le Parti Ouvrier Indépendant (d’obédience trotskyste)

[9] Eric Coquerel qui n’est pas un grand fan des JO pense qu’il faut « limiter les dégâts  » et craint qu’on explose les budgets avec les versants social et environnemental mis à la trappe.

[9 bis] Compte rendu de la réunion du 29 janvier 2018

CR réunion publique 29 01 2018

[10] Il serait intéressant également d’investir le Comité de suivi mis en place par Plaine Commune et ouvert à tous dont personne n’a soufflé mot jusqu”‘ici. http://www.plainecommune.fr/actualites/actualites/actualite-detaillee/article/les-jeux-olympiques-et-paralym-1/#.WoRIoBQsHvQ voire de s’interesser au Comité de vigilance de St-denis et d’échanger avec lui. En tout cas de prendre l’attache de la mission JOP de Plaine Commune cf. mail ci-après :

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[11] on pense notamment aux socialistes Yannick Trigance notre dernier Député (suppléant de B. Le Roux) ou Abdelhack Kachouri ex Adjoint au maire de St-Ouen, tous deux siégeant au Conseil Régional (en charge des Lycées).

[12] Pour mémoire « notre » lycée Cachin est également celui des lycéens d’Epinay, Villetaneuse et de l’Ile Saint-Denis.

[13] Entreprises : Balas, Locarchives, Framco, Fournier Guinard, Rainier Marchetti, Black out, A table Delamare, Entreligne, Jacky ‘O, Karo, Ravexim, Socerm, Lubré, Nazar, Necesscom, Danher, Le Bruit court, Arco, Beatec, Fleur de mets, urgences courses…

[14] Le Parisien du 12 février évoque le chiffre de 1 600 salariés tandis que le journal de de la Ville de septembre 2017 parlait de 1 000 emplis concernés (un peu différents !)

[15] http://www.adef-logement.fr/residence/foyer-saint-ouen

[15 bis] mise à jour 17/02/2018. Comme nous le rappelle une ancienne Directrice Générale de l’OPhlm de St-Ouen : “l’actuel internat de Supméca est situé au 104 rue Saint Denis, un temps propriété de la Ville de Paris, racheté et entièrement rénové par L’OP de Saint Ouen . Depuis 1994, cette résidence de 100 lits est gérée par l’Association ALECI , regroupant notamment des représentants de l’OP , de l’Ecole , de ses anciens Elèves et des résidents, tous élèves de SUPMECA. Une belle expérience de gestion multipartite avec des loyers concurrentiels”.

[16] Espaces extérieurs suffisamment importants pour qu’on ait envisagé un moment d’y construire un nouveau bâtiment sur le front de Seine.

 

 

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14 réflexions sur « Infos et J.O. »

  1. Quand je pense que JR a assisté à cette réunion. Il faut bien préparer les municipales de 2020.

    La seule position intéressante c’est celle ci :

    “Eric Coquerel qui n’est pas un grand fan des JO pense qu’il faut « limiter les dégâts » et craint qu’on explose les budgets avec les versants social et environnemental mis à la trappe.”

  2. Sauf erreur de ma part, il n’y a pas d’internat dans l’Ecole d’Ingénieurs. L'”internat” me paraît être le bâtiment situé au 104 rue Saint Denis, un temps propriété de la Ville de Paris, racheté et entièrement rénové par L’OP de Saint Ouen . Depuis 1994, cette résidence de 100 lits est gérée par l’Association ALECI , regroupant notamment des représentants de l’OP , de l’Ecole , de ses anciens Elèves et des résidents, tous élèves de SUPMECA. Une belle expérience de gestion multipartite avec des loyers concurrentiels.

    • @ J.Coppola

      Merci pour ces précisions.
      Après vérifications, c’est effectivement ce qu’indique le site de Supméca pour le 104 St-Denis: La Résidnce Azo (100 places)à 300m de l’école) toujours gérée par “l’Association ALECI Association pour le logements des étudiants de Supmeca”. Loyer environ 300€ APL déduite.

      Pour mémoire, et sauf erreur, c’est un architecte de Saint-Ouen (Pierre Thierry) qui avait piloté lé réhabilitation de l’immeuble.
      A la lecture (attentive) des plans de principe, il semble que l’immeuble serait détruit (et reconstruit dans l’enceinte de l’école ?). A suivre…

      L’article a été modifié pour intégrer vos précisions.

  3. Des infos plus qu’intéressantes, voire sidérantes, dans la lettre aux sénateurs du collectif non aux JO 2024

    ———————————————————————————————————
    En intégralité

    Aux membres du Sénat français

    Vous avez été saisis d’un projet de loi dit « loi olympique ». Ce projet se veut le moyen de faciliter l’organisation des Jeux olympiques, il est en réalité porteur de graves négations des principes du droit.

    Comme à son habitude, le CIO exige et obtient par la loi olympique une série de dérogations à la loi ordinaire.

    Concernant la publicité : article 3 (dérogations permettant d’accrocher les logos olympiques à peu près partout) ; article 4 (dérogations concernant les publicités des sponsors, avec la possibilité d’en accrocher à 500 mètres de distance de chaque site d’organisation des épreuves, ce qui couvre tout Paris, et sans doute aussi la Basilique Saint-Denis elle-même).

    Concernant le code de l’urbanisme : pratiquement tous les articles du titre II sont dérogatoires au droit commun.

    – dispense de formalité pour l’installation des installations dites « temporaires » (art. 7) ;

    – l’enquête publique écartée au profil d’une procédure allégée de « participation du public » (art. 8) ;

    – la systématisation de l’application des articles L. 522‑1 à L. 522‑4 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique en vue de la prise de possession immédiate par le bénéficiaire de la déclaration d’utilité publique (art.9) est très inquiétante. Par ailleurs, l’étude d’impact attachée à la loi annonce que certaines des opérations seront déclarées « d’intérêt national » de manière générale, et cela aura pour effet d’écarter la décision des collectivités locales. A ce propos, on peut se demander quelle est la compatibilité de ce type de disposition par rapport à l’article 17 de la Constitution protégeant la propriété privée ;

    – la confusion dans une même décision entre l’approbation du périmètre de la zone à aménager avec approbation de l’équipement lui-même (art.10) ;

    – dérogation aux règles d’occupation du domaine public bénéficiant en premier lieu aux « partenaires marketing » du CIO qui vont pouvoir accrocher leurs publicités sans rien devoir à la collectivité publique (art. 11).

    Nous notons également que l’argent des offices HLM est mobilisé pour construire le Village olympique (art. 12-1). Le fait que les offices HLM récupéreront les logements construits veut dire aussi qu’elles devront les réhabiliter après les JO. L’argent du logement social au service des JO, voilà qui ne manquera pas de susciter quelques remous.

    Par ailleurs, des « voies olympiques » réservées à la circulation des édiles du CIO sont créées, rappelant fâcheusement des pratiques d’un autre temps. Vous ne pouvez douter que ce passe-droit instauré par la loi, qui verra, comme au meilleur moment de l’Ancien régime, le bon peuple devant faire place nette et patienter dans les bouchons le temps que ces messieurs-dames veuillent bien se donner la peine de passer, aurait un effet catastrophique.

    Cette loi est faite également pour rendre légal un contrat de Ville-hôte particulièrement léonin :

    – « Les Jeux Olympiques sont la propriété exclusive du CIO » (article 19-1 du contrat, article 2 de la loi). Le CIO, organisation de droit suisse qui ne donne aucune information sur l’argent qu’il reçoit ni sur l’argent qu’il utilise, véritable trou noir des institutions internationales, recevra du fait de cet article de loi des sommes considérables dont nul ne saura rien de leur utilisation. Par ailleurs, l’article 1655 du code général des impôts, introduit par l’article 51 de la loi de finances rectificative pour 2014 exonère de tout impôt direct les organisateurs d’événements sportifs internationaux sur le sol français. La loi olympique se garde de mettre un terme à ce fait que la France est désormais, pour des organisations comme le CIO, un paradis fiscal.

    – Le contrat de Ville-hôte fait en sorte que tous les éventuels dépassements financiers relèvent des seules finances publiques ce que confirme la loi ;

    – le contrat de Ville-hôte permet au CIO qu’il le change unilatéralement : la loi confirme cet abus de droit qui entraîne de fait une impossibilité de connaître l’étendue de l’engagement public ;

    – l’instauration d’un privilège de juridiction en faveur du CIO (article 51 du contrat, art 5 de la loi).

    De surcroît, une garantie de 1,2 milliards d’euros d’argent public sera bloquée sur le compte dont dispose le CIO, celui-ci étant autorisé à en disposer en cas de désistement des organisateurs français. Au passage, cette garantie limite la souveraineté de la France. L’article 81 de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 vient d’autoriser cette garantie.

    Par ailleurs, les Jeux olympiques serviront d’accélérateur du Grand Paris : ce projet, déjà épinglé par ses dérapages par la Cour des Comptes, marque une reprise en main de l’État sur l’aménagement de la région Île-de-France et une recentralisation sur l’Île-de-France de l’aménagement du territoire, ce qui ne peut laisser insensibles les élus de la Nation en charge de représenter les collectivités locales.

    L’échéance de 2024 pour les JO est un accélérateur des chantiers en cours, dont certains très contestés, tels par exemple les lignes 17 et 18.

    Tout laisse penser que la « dynamique » des JO ne sera pas différente de ce qu’a produit le Stade de France. Au moment où il est question des lois d’exceptions pour les JO, que restera-t-il des intentions environnementales vertueuses qui ont accompagné la candidature de Paris 2024 ?

    Ce qui est bafoué est tout simplement celui de la souveraineté de notre pays. L’article 1er de notre Constitution la consacre et pourtant la loi qui vous est présentée se trouve taillée sur mesure pour satisfaire les exigences du Comité international olympique, organisation de droit suisse qui n’est tenue de ne donner aucune information ni sur ses comptes ni sur les sources de ses revenus.

    Nous en appelons à votre sens de la défense de l’intérêt public et de l’honneur pour ne pas consentir une extraterritorialité juridique en faveur du CIO.

    Le droit français ne doit pas être suspendu.

    Ne votez pas la loi olympique !

    Le Collectif NON aux JO 2024 à Paris

    http://nonjo2024aparis.neowordpress.fr/

  4. SOLIDEO passera les appels d’offre de construction du village olympique et réceptionnera les bâtiments. Les trois majors du BTP Bouygues Vinci et Eiffage remporteront les marchés de construction (ils se les partageront).

    Ils construiront le village olympique à toute vitesse afin de maximiser leurs profits. Bouygues Vinci et Eiffage choisiront des matériaux bas de gamme et chercheront à économiser un maximum.

    Il est probable qu’à la livraison en juin 2024, dans les 2200 logements livrés et dans les 900 chambres il y ait beaucoup de malfaçons beaucoup de défauts et d’innombrables infiltrations.

    L’avenir du village olympique reposera sur le professionnalisme les compétences et l’incorruptibilité des dirigeants et des cadres de la société SOLIDEO.

    SOLIDEO détectera-t-il toutes les malfaçons et les fera-t-il noter aux procès verbaux de livraison ? SOLIDEO possédera-t-il un service juridique suffisamment puissant pour contraindre les entreprises générales à lever les réserves et à réparer les erreurs de conception les erreurs de construction et celles de finition ?

    Les 17000 athlètes se contenteront des logements car elles et ils ne seront là que pour quinze jours.

    Mais après les Jeux ? Les 2200 logements reviendront au département de Seine-Saint-Denis (si Macron et La République en Marche ne l’ont pas supprimé).

    Si au cours de l’hiver 2024-2025 on se rend compte qu’aucun chauffage ne fonctionne dans les 2200 logements, qui paiera les millions d’euros de réparation ? Nous les habitant(e)s de Seine-Saint-Denis.

    Si on en novembre 2024 constate des infiltrations dans les chapes en béton des bâtiments de l’ex village qui financera les réparations ? Nous les habitant(e)s du département de Seine-Saint-Denis.

    En 2025 2026 2027 les impôts locaux de 1,4 millions séquano-dionysiens risquent de fortement augmenter.

    Pour éviter que l’après Jeux devienne un cauchemar, nous avons intérêt à suivre de prés chaque décision importante prise par la société SOLIDEO de 2017 à 2024.

  5. Le titre II du projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques touche à l’expropriation avec une procédure d’extrême urgence et aux modifications des documents d’urbanisme “en prévoyant toutefois des modalités de participation du public simplifiées.”

    Il devrait y avoir des pleurs et des grincements dents pour celles et ceux qui sont dans le périmètre.
    Mais c’est pour la grandeur de la France, de la Seine Saint-Denis, leurs rayonnements, et l’émancipation du peuple par le sport.

    —————————————————————————————————

    Le projet de loi relatif à l’organisation des jeux Olympiques
    et Paralympiques 2024, (Procédure accélérée)

    http://www.assemblee-nationale.fr/15/projets/pl0383.asp

    Le titre II comprend des articles relatifs à l’aménagement du territoire dans le cadre des jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

    Ils assurent le respect des droits de propriété et de la concertation du public tout en prévoyant quelques aménagements aux règles d’urbanisme de nature à tenir les échéances relatives à la livraison de l’ensemble des équipements nécessaires à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

    L’article 6 a pour objet de soumettre les projets, plans et programmes nécessaires à l’organisation et au déroulement des jeux Olympiques et Paralympiques 2024 à la procédure de participation par voie électronique prévue à l’article L. 123-19 du code de l’environnement, avec l’adjonction d’un garant de la participation nommé par la Commission nationale du débat public.

    Cette disposition allège les procédures tout en garantissant une information du public et une participation adéquate de celui-ci à l’élaboration desdits projets, plans et programmes.

    L’article 7 prévoit, dans un souci de simplification des procédures, de dispenser de toute formalité au titre du code de l’urbanisme les constructions, installations et aménagements temporaires, au sens du b) de l’article L. 421-5 de ce code, dès lors qu’ils sont directement liés à la préparation, à l’organisation et au déroulement des jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Un décret en Conseil d’État définira la durée maximale de leur implantation, notamment par catégorie de construction, d’installations ou d’aménagements dans la limite de dix-huit mois. Les constructions, installations et aménagements temporaires restent soumis aux autres réglementations qui leur sont applicables, en particulier celle relative à l’accessibilité des personnes handicapées.

    L’article 8 a pour objet de permettre le recours à une procédure intégrée pour la mise en conformité des documents d’urbanisme et, le cas échéant, l’adaptation des documents de rang supérieur. Cette mesure, qui reprend le régime d’une procédure prévue par le code de l’urbanisme en prévoyant toutefois des modalités de participation du public simplifiées, doit accélérer la réalisation des opérations relatives à l’aménagement et à la construction d’équipements nécessaires à l’organisation et au déroulement des jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

    L’article 9 vise à autoriser le recours à la procédure d’extrême urgence prévue aux articles L. 522-1 à L. 522-4 du code de l’expropriation pour permettre l’acquisition de tous immeubles, bâtis ou non bâtis, pour la construction du village olympique et paralympique, du pôle des médias de Dugny-Bourget et du site d’équitation de Versailles. Cette disposition a déjà été prévue pour des évènements similaires (jeux Olympiques d’hiver 1992, championnat d’Europe des nations de football 2016).

    L’article 10 modifie le code de l’urbanisme pour permettre aux collectivités, ou à l’État, d’approuver simultanément la création et la réalisation des zones d’aménagement concerté (ZAC). Il est prévu, dans le dossier de candidature, la réalisation d’opérations d’envergure qui nécessiteront la mise en place de ces zones, notamment sur les deux sites implantés en Seine-Saint-Denis, du village olympique et paralympique et du pôle des médias et, le cas échéant, pour le village permettant l’accueil des athlètes qui participeront aux épreuves nautiques à Marseille. L’aménagement d’ensemble de ces sites contribuera ainsi au renouvellement urbain des territoires concernés, en s’appuyant sur l’adaptabilité et la réversibilité des constructions.

    L’article 11 précise le régime d’occupation du domaine public. Il prévoit une nouvelle exception aux règles procédurales prévues à l’article L. 2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques. Il vise à permettre aux autorités publiques compétentes de délivrer directement, sans publicité ni sélection préalable, les titres d’occupation au Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques nécessaires à une exploitation économique des dépendances du domaine public dédiées aux jeux Olympiques et Paralympiques. L’article L. 2122-1-1 du code général de la propriété des personnes publiques ne sera pas non plus applicable lorsque le Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques délivrera des titres de sous-occupation sur ces mêmes dépendances aux partenaires de marketing olympique.

    L’alinéa suivant prévoit en conséquence, en conformité avec le droit national et les évolutions récentes de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, que le Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques sélectionne ses partenaires de marketing selon une procédure qu’il organisera librement, qui présentera toutes les garanties d’impartialité et de transparence et comportera des mesures de publicité permettant à toutes les entreprises intéressées de se porter candidat.

    Cet article laisse également la possibilité au Comité d’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques de délivrer gratuitement des titres de sous-occupation aux partenaires de marketing olympique pour tenir compte de leur participation au financement d’infrastructures ou aux dépenses liées à l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

    L’article 12 répond aux besoins de logement pendant la période des jeux Olympiques et Paralympiques 2024. Il permet de suspendre par dérogation, dans les zones de compétition et les zones de célébration mises en place par les villes, les effets des conventions conclues pour les aides personnalisées au logement pour les locaux construits ou acquis pour l’organisation des jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

    L’article 13 vise à permettre, par dérogation et dans les départements concernés par des épreuves dans le cadre des jeux Olympiques et Paralympiques 2024, pour la période comprise entre le 1er juillet et le 1er octobre 2024, la location de logements destinés à des étudiants pour l’accueil de personnes accréditées par le Comité international olympique et le Comité international paralympique durant les jeux Olympiques et Paralympiques. Les conventions conclues pour les aides personnalisées au logement sont suspendues à titre dérogatoire pour lesdits logements.

  6. “l’ancien dépôt d’hydrocarbures s’était mué, il y une trentaine d’années en un petit parc d’activités.” Je ne savais pas qu’il y avait un dépôt d’hydrocarbure à cet endroit dans les années 1988? En revanche je me souviens bien des cuves de Total rue Pierre.

  7. Je vous propose l’écoute ci dessous
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    Les Jeux Olympiques modernes, une institution capitaliste et une mystification idéologique – avec Jean-Marie Brohm (sociologue, théoricien critique du sport capitaliste)

    Une émission d’analyse critique des Jeux Olympiques comme institution capitaliste et comme mystification idéologique (1ère partie) et d’histoire critique des Jeux Olympiques modernes (notamment des Jeux Olympiques de Berlin de 1936) depuis Pierre de Coubertin (2ème partie), avec Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie de l’Université de Montpellier III, auteur notamment de Le mythe olympique, de Pierre de Coubertin, le seigneur des anneaux : aux fondements de l’olympisme et de 1936. Les Jeux Olympiques à Berlin.

    http://sortirducapitalisme.fr/158-les-jo-une-institution-capitaliste-et-une-mystification-ideologique-avec-jean-marie-brohm-sociologue

  8. Un communiqué de NON aux JO 2024
    http://nonjo2024aparis.neowordpress.fr/

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    Jeux olympiques :
    le roi est nu !

    C’est maintenant officiel : l’attribution des JO à la France a été faite sur un dossier de candidature mensonger.

    Un rapport d’experts nommés par le gouvernement montre que les coûts vont exploser. Pourtant, que n’a-t-on entendu de la part des promoteurs des Jeux, Anne Hidalgo et les élus de Saint-Denis en tête, pour nous les vendre !

    Ils allaient être sobres, écologiques, ils pérenniseraient des investissements indispensables, sans parler des retombées mirifiques qu’ils entraîneraient.

    En fait de retombées, c’est celle à la réalité qui se fait lourdement : personne ne peut plus sérieusement croire aujourd’hui qu’il soit possible de réaliser des JO à moins de dix milliards d’euros.

    Tout et le contraire de tout aura été promis pour obtenir les JO : faire des Jeux extraordinaires et en même temps low costs, des Jeux qui verraient ce dont est capable une France qui en veut, des Jeux qui ne coûteraient rien ou si peu et qui en plus rapporteraient tellement !

    La communication de la Ville de Paris et du comité de candidature ne reculait devant rien. Aujourd’hui, face à la chronique d’une catastrophe financière annoncée, certains élus jouent les vierges effarouchées : il faut entendre Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, unir sa voix à celle de Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, pour s’indigner à l’idée que l’État leur aurait menti.

    A qui peuvent-ils faire croire qu’ils ignoraient que les belles promesses d’investissements considérables n’avaient d’autre but que d’acheter leur adhésion ? A qui veulent-ils faire avaler qu’ils ne pouvaient pas s’apercevoir que la promesse de JO laissant un « héritage » aussi pharaonique (piscine olympique, transports, murs anti-bruits) ne saurait se réaliser aux coûts annoncés ?

    Il est désormais patent que le dossier de candidature n’avait aucun rapport avec la réalité. Depuis le début, comme nous le répétons, le budget n’était ni sérieux ni crédible. En refusant le référendum, les élus ont empêché le débat sur l’opportunité de la candidature. Désormais il ne nous reste plus qu’à demander l’annulation des JO.

    Aujourd’hui, le dépassement prévisible est de plus de trois milliards d’euros. Il est encore temps de se sortir de ce guêpier : renonçons à organiser les JO. C’est la voie la plus économe et donc la plus sage.

    Le contrat de Ville-Hôte qui lie les villes organisatrices et le CIO prévoit un dédit de 1,2 milliard d’euros. C’est pratiquement trois fois moins que le dépassement prévu. Soyons réalistes : payons ce dédit et refusons la ruine annoncée.

    L’association NON aux JO 2024 à Paris

    Pétition
    http://www.mesopinions.com/petition/politique/appel-referendum-candidature-paris-aux-jo/28276
    Contacts
    Facebook
    https://www.facebook.com/NON-aux-JO-2024-%C3%A0-Paris-Appel-%C3%A0-r%C3%A9f%C3%A9rendum-1824053984534737/?fref=ts
    Twitter
    https://twitter.com/nojoparis2024 #nojoparis2024
    Courriel
    nonauxjo2024aparis@gmail.com
    Téléphone
    0769401817
    Site internet
    http://nonjo2024aparis.neowordpress.fr

  9. Mercredi 6 juin 2018 à 19h au 5 Rue du Dr Léonce Basset à Saint-Ouen dans une salle de l’école Langevin, réunion de concertation préalable à la création de la Zac du Village Olympique.

    S’il est réalisé, le village olympique comprendra 2200 logements familiaux 900 logements étudiants 3000 m2 de commerces 100000m2 de bureaux, un groupe scolaire, deux parcs. Sur un chantier d’une telle taille, le contrat initial est négocié trop serré et ne permet pas faire des profits. Pour le constructeur Vinci il n’y a qu’une seule solution pour gagner de l’argent : faire signer un maximum d’avenants au maître d’ouvrage, facturer cher à Solidéo la moindre demande de modification. Pour faire signer ces juteux avenants il n’y a qu’un seul moyen : offrir (modération : “des pr…es“) aux élus et aux cadres récalcitrants. Dans le secteur du bâtiment les travaux avancent comme cela. Sinon aucun avenant ne sera signé et aucun ouvrage ne sera construit à temps pour juillet 2024.

    Modérateur ; il y a hélas beaucoup de moyens, celui que vous citez est effectivement une pratique qu’on rencontre encore dans les milieux très masculins mais et c’est un peu plus difficile par les temps qui courent. Votre affirmation est donc grave, précise et dans le cas d’espèce gratuite.

    • En page 5 du Canard Enchaîné du 23 mai, dans la rubrique Cancaneries, nous apprenons que “le festival provoque chaque année un afflux de prostituées et d’escort-girls de toute l’Europe. Un site spécialisé passe d’une 50taine d’annonces de filles différentes à plus de 500, explique un flic cannois rompu au phénomène.

      Et encore, la cérémonie des Hots d’or qui récompense les meilleures actrices actrices pornos a disparu depuis belle lurette…”

      L’article ne dit pas si elles viennent pour faciliter, aider à la signature de contrats juteux !

  10. Un article de Reporterre qui ne fait que confirmer ce que nous savions déjà.
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    Les Jeux olympiques sont le prétexte à la bétonisation de l’Île-de-France
    22 juin 2018 / Jacques Boutault, Annie Lahmer, Danielle Simonnet et Frédéric Viale

    Les Jeux olympiques sont le prétexte à la bétonisation de l’Île-de-France

    En 2024, Paris accueillera les Jeux olympiques d’été. Les auteurs de cette tribune s’indignent des mensonges de la communication officielle autour de cet événement, qui tait notamment le déni de démocratie à l’œuvre et l’intention, au-delà des Jeux, d’accélérer l’urbanisation et la métropolisation de l’Île-de-France.

    Jacques Boutault est maire du 2e arrondissement de Paris et conseiller de Paris ; Annie Lahmer est conseillère régionale d’Ile-de-France ; Danielle Simonnet est conseillère du 20e arrondissement et conseillère de Paris ; Frédéric Viale est membre du collectif Non aux JO 2024.

    Le Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) se présente désormais comme le bon élève de la classe : dépassements budgétaires, promesses inconsidérées, projets aventureux, tout cela est oublié. Désormais, le COJO se veut vertueux.

    Il vient de trancher dans le vif et de décider, en accord avec le Comité international olympique (CIO), ce qui sera fait ou pas pour les JO de 2024, et ce dans le cadre d’une enveloppe qui, jure-t-il, ne sera pas dépassée.

    Hélas, nous sommes loin du compte. Le meilleur moyen de ne pas dépasser un budget consiste pour le COJO à ne pas inclure certaines dépenses pourtant nécessaires : celles relatives à la sécurité sont toujours très fortement sous-évaluées, comme celles relatives à l’accélération du métro automatique Grand Paris Express.

    Comment peut-on parler de « sobriété » alors que les dépenses publiques programmées atteignent déjà un milliard et demi d’euros ?

    L’organisation des JO souffre d’une tare originelle qui est le déni de démocratie : alors que nul ne pouvait croire que la candidature sur papier glacé était crédible, aucun débat sérieux n’a eu lieu, aucune concertation digne de ce nom et le référendum que nous demandions a été refusé.

    Ce déni se poursuit : la pseudo concertation qui a lieu en Seine-Saint-Denis n’est qu’une façade, et d’ailleurs, le COJO a pris ses décisions le jour où une séance de concertation était prévue, démontrant le peu de cas qu’il fait de ce type d’exercice purement formel.

    On apprend au passage que le parc Georges-Valbon, poumon vert de Seine-Saint-Denis, sera amputé de l’Aire des vents, bétonnée pour y installer le Village des médias alors que le rapport de la commission d’évaluation du CIO de juillet 2017 indiquait que cela n’était pas nécessaire !

    Un décret déclare « opération d’intérêt national » toute opération liée aux JO

    Le COJO persiste à parler de « Jeux inclusifs », d’« héritage » et de « transparence ». Quelle inclusion, quelle transparence alors que la loi Olympique récemment votée suspend les règles d’urbanisme relatives aux expropriations mais aussi aux accrochages des panneaux publicitaires sur les monuments historiques.

    En complément, un décret déclare « opération d’intérêt national » toute opération liée aux JO, ce qui achève d’écarter les élus et les populations locales des décisions d’aménagement les concernant. Pire : l’argent des Offices publics de HLM est mobilisé pour la construction du Village olympique et du Village médias (art. 12 de la Loi). Alors que le mal-logement est criant, cet usage de l’argent destiné au logement social ne peut susciter que l’indignation.

    La suite
    https://reporterre.net/Les-Jeux-olympiques-sont-le-pretexte-a-la-betonisation-de-l-Ile-de-France

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