Canard boiteux

La dernière publication du journal municipal illustre une fois encore
la « pensée » du seul premier magistrat de la ville. Entre organe
approximatif de propagande et journal de l’actualité heureuse.

Attaques grossières contre la mairie du 18ème (1) , acceptation fataliste
des mesures anti-pollution (2), démagogie sur la suppression des vélib’
et la non réalisation de pistes cyclables (3), petite omission sur la
fiscalité des entreprises ou sur la dépollution des sites industriels (4)
, le Maire « moi-je, je-moi » y va fort et ne délivre aucune
information sur tous les sujets d’actualités qui fâchent ou les grands
projets en cours qui structureront demain notre ville.

Dans son style habituel, alerte et corrosif, notre ami Philippe Mayer
citoyen engagé délivre une nouvel fois son billet d’humeur sur cette
pauvre publication sensée nous parler et nous représenter. On ne
saurait dire mieux.

« Il est de retour. Notre journal municipal. Il a l’air beau comme ça
mais en fait il est toujours autant sans saveur. Ça a l’aspect du
journalisme mais ça a le goût du populisme. Tout comme notre Maire il
brasse de l’air. Brasser de l’air c’est pas mal pour l’effet
permanenté de la mèche mais ça ne fait pas une politique.

On passera sur la une ignoble réalisée par le stagiaire 3ème du service com’.
Tout commence pas l’Edito… Delannoy se félicite du travail accompli
et de la transformation de la ville (grâce à lui, ça va sans dire)…
mais, mais, car il y a un mais il dénonce l’attitude de la ville de
Paris pour l’absence d’entretien des rues limitrophes du périph. Sur
le constat qui peut nier que ces rues sont à l’abandon. Mais sur la
méthode pourquoi ne pas rappeler ici que le Maire, au lieu de parler
d’égal à égal avec son homologue parisien a envoyé ses nervis
manifester devant la mairie du 18ème. Pourquoi s’accoquiner avec le
très réac Pierre Liscia (l’équivalent moustachu de notre très méché
maire, l’écharpe tricolore en moins) plutôt que de discuter avec ses
partenaires. Notre Maire ne connait définitivement pas la définition
du mot partenariat. Tant est si bien qu’il en vient à dénoncer
l’installation d’une oeuvre d’art à la porte de Clignancourt.
Poujadisme quand tu nous tiens. Il est vrai qu’en matière de culture
il s’y connait notre Maire lui dont le plus grand fait d’arme aura été
de se prendre en selfie avec Dany Boon.

On passera sur l’énigmatique référence aux migrants sûrement un appel
du pied à son électorat du FN.

Et puis il y a la cerise sur le gâteau. L’article sur la mise en place
des restrictions de circulations pour les véhicules polluants. Notre
Maire doit se résoudre à appliquer une mesure de salubrité publique.
Pensez comme ça l’emmerde. Parce que lui sa bagnole il l’aime. Et puis
c’est pratique pour rentrer chez lui le soir loin de Saint Ouen.
D’ailleurs il l’écrit lui même c’est parce que Paris le fait qu’il y
est obligé. Et là, grand moment de Delannoy, du grand Delannoy dans
le texte, le voilà qui part sur une grande envolée sur le nécessaire
développement des modes de circulation doux et le développement des
pistes cyclables sécurisées.

 

Je vous propose que l’un d’entre nous lui rappelle qu’il est Maire
depuis 5 ans. Et qu’en 5 ans il n’a pas été capable de créer une seule
piste digne de ce nom. D’ailleurs on apprend au détour d’une phrase
que le renoncement à Velib’ procédait de sa volonté de ne pas exposer
les cyclistes aux dangers des rues de Saint Ouen… on croit rêver…
nous à qui on a tenté de faire croire que l’abandon de Velib’
procédait d’une injuste ponction de Plaine Commune sur le budget
communal.
Delannoy ne veut que notre bonheur. Les rues sont dangereuses il nous
retire le Velib’.
Les Boutes en Train sont gangrenées par la drogue il ne reloue plus
les appartements.
Quand on vous dit que cet homme est altruiste.

Sinon le reste du journal se parcourt en 3 minutes montre (rolex et
gourmette au poignet) en main. Quelques photos de notre Maire avec la
très Manif pour tous Marina Venturini, tout sourire avec son
électorat sur une péniche aux forts relents de titanic ou de radeau de
la méduse (c’est selon). Deux pubs pour les habituelles meringues de
BNP Paribas Immobilier façon Delannoy grand batisseur d’immeubles sans
âme pour âmes bien nées. Les menus de la cantine : ça meuble à pas
cher. Les votes en Conseil Municipal : ça coûte encore moins cher que
l’encre qui a servi à les imprimer.

Et sinon ? Et sinon rien. Toujours rien sur l’avancée des travaux de
la piscine (normal les travaux n’ont pas commencé). Rien sur le coup
d’arrêt de l’ANRU. Toujours rien sur le village olympique. Rien sur la
destruction de notre patrimoine et des maisons remarquables. Rien sur

Guinot. Rien sur l’hôpital (sujet mineur s’il en est). Rien sur la
privatisation du ménage dans les écoles. Rien sur le PLUI. Rien. Rien.
Rien. Du vide comme le vide qui siffle entre les oreilles des membres
de la majorité municipale. Vivement la fin qu’on en finisse. »

***

(1) Edito du Maire : « L’état pitoyable de ces artères et plus
particulièrement de la rue Gosset » (ndlr : appartenant à Paris mais
côté St-Ouen). « Nous n’avons pas non plus oublié l’épisode des
migrants de la Porte de Clignancourt » (comprendre que vous nous avez
refilé ?!) ou encore « pour seule réponse la même mairie du 18ème
arrondissement a donc installé une « œuvre d’art (…) de 650 000 € (
ndlr : à plus de 500m dans Paris !
(2) Qualité de l’air et (restriction de) circulation : « nous n’avons
donc pas d’autres choix que de devenir aussi exigeant que Paris », «
il est de mon devoir de faire appliquer cette mesure inéluctable »
« Il faut aussi aller plus loin (…) en installant de véritables
pistes cyclables sécurisées. Quand cette étape là sera réalisée, nous
pourrons à nouveau étudier la possibilité de reprendre un contrat avec
Vélib’2 (…) mais dans l’immédiat, c’est irresponsable de pousser nos
citoyens à arpenter nos rues à vélo, tant ils sont abandonnés à un
simple marquage au sol que personne ne respecte »
(3) « Les retombées fiscales de la vie économique (ndlr : l’ex taxe
professionnelle) ne sont plus versées à la municipalité mais à
l’établissement public territorial (comprendre Plaine Commune).
L’article omet de préciser que ces sommes correspondent à des
services transférés à… Plaine Commune. Un détail !
(4) La dépollution des sites industriels ne peut être que le fait « des
promoteurs immobiliers » car « hors de prix pour la municipalité ».
Mais en réalité ce n’est pas la ville qui paie la dépollution mais,
même dans les opérations publique (ZAC), ceux qui achètent des droits
à construire opérateurs publics et promoteurs privés. Une peite
confusion laissant penser qu’il ne peut y avoir que des opérations
privées !

 

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