Restaurations(s) au château ?!

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Il n’y a que les mauvaises langues pour croire que l’imagination n’est pas au pouvoir. Ainsi le devenir du « château de Saint-Ouen », après le départ programmé du Conservatoire de musique[1], suscite d’ores et déjà des hypothèses inattendues. Pour le meilleur et pour le pire.

Le Ministère de la Culture serait en effet très intéressé par ce bel hôtel particulier construit en 1853 que Louis XVIII légua à la Comtesse de Cayla sa “bonne amie”. Mais  c’est surtout le site de l’ancien château (disparu en 1820), où ce nouveau souverain fit la « Déclaration de Saint-Ouen » en mai 1814 ouvrant la voie à la monarchie constitutionnelle dans le cadre du retour à la royauté en France (après la Révolution puis le 1er Empire). [2]

Cette séquence historique assez courte mériterait donc un musée de la “Restauration” qui n’existe pas aujourd’hui dans notre pays. L’Etat aurait dans cette perspective déjà acquis de l’ordre de 4 millions d’euros de mobilier[3]. On comprend sans peine que le site de Saint-Ouen, emblématique et très bien desservi aux portes de Paris soir sérieusement dans les cartons.

Selon ce qui a pu filtrer du Ministère, l’accueil de cette idée a été plutôt tiède côté Mairie. Certes par volonté de ne pas mettre la main à la poche mais surtout parce que William Delannoy aurait une idée bien plus sexy : installer dans la belle bâtisse un restaurant gastronomique haut de gamme (!)[4] a priori, et si on a bien compris, via une concession à un privé.

Difficile a croire, mais dans le droit fil de la volonté échevelée de réduire les charges fixes de la ville ou les remises à niveau coûteuses du patrimoine communal[5]. La privatisation à toutes les sauces pourrait néanmoins se heurter, une nouvelle fois, aux dures réalités.

Restauration royale ou gastronomique, il faudra en tout état de cause attendre un peu. Tout d’abord un projet définitivement arrêté[6] de nouveau Conservatoire et que l’association culturelle Main d’Oeuvres déguerpisse gentiment de la rue Charles Garnier. Puis, la construction achevée, que le Conservatoire s’installe et libère le Château. Enfin que les travaux de réhabilitation de celui-ci s’engagent en fonction de la nouvelle affectation des lieux.

En résumé : pas demain la veille.

On attend évidemment avec beaucoup d’impatience, les informations ou explications de la Majorité municipale face à ces « rumeurs et colportages ».

 

EPS

[1] Engoncé dans les locaux inadaptés du Château , le Conservatoire doit être réinstaller dans les locaux occupés par Main d’œuvres 1 rue Charles Garnier avec des travaux lourdsUnknown-3

http://www.saint-ouen.fr/sorties-et-loisirs/culture/enseignement-artistique/conservatoire-de-musique-theatre-et-danse/

[2] http://www.saint-ouen.fr/fileadmin/saint_ouen/preprod_documents/PDF/Aide-a-la-visite-du-Chateau-2014.pdf

[3] avec derrière encore un budget très significatif voir bien supérieur. Cf. . Wilkipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoé_Talon: Un patrimoine mobilier historique[Sa fille ( de la Comtesse de Cayla) et unique héritière, princesse de Beauvau-Craon, fait alors transporter le contenu du château de Saint-Ouen dans celui d’Haroué, appartenant à son mari, où il a été conservé jusqu’à nos jours ; en 2007, l’État acquiert plusieurs meubles se trouvant au château tout en laissant l’usage sur place de certains d’entre eux à la princesse Minnie de Beauvau-Craon. Celle-ci, le 15 juin 2015, afin de financer des travaux au château, met en vente sous le titre “Chosen pieces” plusieurs meubles et de portraits (en 45 lots) mais en retire ensuite 17 « de provenance Cayla » (sauf 15 lettres de la duchesse de Berry, vendues 18 000 euros) à la suite de la notification de mesure de protection au titre des Monuments Historiques de certaines pièces – pour lesquelles pourtant des certificats « de libre exportation » avait été accordés par l’administration. En fait partie le portrait de groupe par Gérard (1811-1813) reproduit supra, qui dans le salon de musique de Saint-Ouen, faisait pendant au Portrait de Louis XVIII dans son cabinet des Tuileries (cf. notice et reprod. ds “La Gazette de l’Hôtel Drouot” n° 23 – 12/06/2015); quant à l’épée de grand écuyer du duc Léopold de Lorraine créée en 1728 par Simon Gallien pour Marc de Beauvau-Craon, classé « trésor national » avant cette vente (même référence) elle resta invendue.

[4] autant dire que la « belle brasserie branchée de Jacqueline Rouillon dans l’ancienne Bibliothèque place de la République (devenue finalement une salle de sports) à côté c’était de la petite bière.

[5] en termes de liquidation privatisation improvisation : on pense fatalement à d’autres dossiers : logements sociaux (OPH), patrimoine de vacances, stade Bauer…

[6] le planning initial voté au Conseil municipal aurait déjà quelques mois de retard au démarrage (on attend toujours le lancement du concours de maîtrise d’œuvre), tandis que certains s’interrogent encore sur le montant de cet équipement (pm. 15, 2 M€).

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8 réflexions sur « Restaurations(s) au château ?! »

  1. Après un tel article, ne venez pas vous plaindre si WD parle de vous en disant “toujours les mêmes” : Que d’approximation dans votre article : “Le Ministère de la Culture serait en effet très intéressé ” puis “Selon ce qui a pu filtrer du Ministère, l’accueil de cette idée a été plutôt tiède côté Mairie” … donc une première hypothèse pas sure, la réponse de la mairie sur cette hypothèse encore moins… Quelle est la fiabilité de votre source ?
    “il faudra en tout état de cause attendre un peu” C’est bien la seule certitude…
    “On attend évidemment avec beaucoup d’impatience, les informations ou explications de la Majorité municipale face à ces « rumeurs et colportages »”.
    Ils ne devraient justement pas réagir tant que ce ne seront que des rumeurs et colportage …

      • Bah non… Pas plus que vous 🙂 . Mais comme vous, j’attends confirmation d’une de ces hypothèses… Il se dit aussi qu’au niveau des docks, il y aurait un petit (gros? ) soucis d’alimentation électrique et que le reste des travaux sont en attente depuis un certain temps (et donc avec une probabilité de retard non négligeable)… Il parait aussi que le nouveau Carrefour city s’alimente avec un diesel de ce fait… vous confirmez ?

        • Oui, je confirme
          A priori l’investisseur (celui qui devait acheté les “coques” commerciales, est défaillant (un des actionnaires s’est retiré).
          Resultat des courses il ne peut payer la dernière partie (50% ?) donc tout s’arrête et prend du retard.
          A ceci se rajouterait des divergences sur les limites de prestations entre le promoteur et les acquéreurs.
          En gros et pour ce que nous en savons (faute d’information de la Ville qui pourtant n’est pas directement responsable).
          EPS

        • Maurice faudrait pas dépasser les bornes des limites de l’insolence…

          Votre serviteur, l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…ou en fait non , qui n’a rien vu du tout.

  2. Ce qui est sûr, c ‘est que le château ne correspondait plus aux besoins et aux obligations réglementaires.

    Il ne peut être acceptable de voir ce lieu à un marchand de soupe, autant l’idée d’un musée consacré à la restauration peut être recevable. JR n’avait -elle pas envisagé un Musée du Pain dans l’actuel centre administratif?!

    • Dans ce château, un musée du Pain (ou de la Brioche) et des Jeux serait le plus approprié en vue des JO 2024 qui recueillent les encouragements de tous les partis politiques du secteur dont le Front de Gauche de Seine Saint-Denis !

      Lire en page 28 la tribune enflammée de Silvia CAPANEMA du Front de Gauche, Vice-présidente en charge de la jeunesse dans le n°51 du magazine de la Seine Saint Denis, intitulée

      “JO2024 – Premier vainqueur : la jeunesse”

      http://www.seine-saint-denis.fr/IMG/pdf/n51.pdf

      Ne serions nous pas plutôt en droit d’attendre de la part du Front de Gauche un bémol, voire une interrogation, une critique serait inespérée, inattendue, trop demandée, sur les JO vecteur du libéralisme-capitalisme, de la compétition à outrance, du dopage, de la corruption, de la privatisation des bénéfices et de la socialisation des pertes, et plus encore ?

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