Conseil de guerre ?

Le Conseil municipal qui n’a pas été réuni depuis plus d’un trimestre (en infraction avec les obligations légales) [1] se tiendra donc enfin ce 8 octobre 2018. Des retrouvailles espérons-le pas trop belliqueuses au sein d’une majorité municipale divisée et dans laquelle les couteaux sont sortis de leurs fourreaux [2]. Sauf peut-être pour traîner l’opposition municipale et d’autres devant les tribunaux.

Au menu 37 délibérations, du budget supplémentaire à la gestion du domaine public des Puces en passant par les classes de découvertes et le programme immobilier sur le site du CARA. Comme d’habitude un ordre du jour à rallonge et des débats tronqués en perspective.

Notre sélection de délibérations soumises au vote du conseil municipal :

-Plaintes en diffamation (2 et 3) contre les écrits des Conseillers municipaux d’opposition F. Durand et D. Vemclefs (avec prise en charges des frais de justice des plaignants : W. Delannoy, M. Bentahar, J. Fouquart),

-Budget supplémentaire (6) avec un recours à l’emprunt « limité » à 6, 5 M€ par un excédent de fonctionnement transféré à hauteur de 5,7 M€ en investissement (dont un supplément de 260 k€ pour la piscine, 9 k€ pour l’école Bachelet…),

-Absorption OPH par Semiso (7) poursuite obstinée du processus avec un transfert de garantie d’emprunt de l’un à l’autre.

-Demandes de subventions (8, 9 et 10) : au Conseil Régional (Contrat d’Aménagement CAR) pour Eurosite rue Godillot (1M€) [3], la piscine (1M€) et l’école A. France (4 M€) à la Préfecture 93 (dotation de soutien DSIL pour différents groupes scolaires) et de la Métropole (Fond d’investissement FIM économies d’énergie), pour les écoles A. France, A. Bachelet, le gymnase J. Curie et la piscine.

-Reversement des amendes de police de 2014-2017 (13) : pour 1,68 M€ à Plaine commune titulaire de la compétence « espace public ». Des explications claires sont attendues sur ce sujet relevant (ou pas), de la guerre contre Plaine Commune.

-Gestion du déballage sur le domaine public aux Puces (16): c’est donc la société SOMAREP (Groupe Mandon) ayant exercé de très longues années à St-Ouen et revenu sur « ses terres » en 2016, qui remporte la mise en étant… le seul candidat. Et sans doute pour son excellente gestion du déballage (notamment sur l’avenue Michelet). Au programme installation de barnums, bornes électriques, sécurisation, encaissement numérique…

Séjours de vacances (22): une graduation des tarifs allant d’un taux d’effort de 21% pour le quotient familial le plus bas (0 à 200 €) à 90% pour le plus haut (+ 2301€) le tout décliné pour chaque séjour. En dehors du camping de St-Pair et des quelques gîtes à Oléron, les autres centres de vacances propriétés de la Ville semblent avoir disparu corps et biens.

– Restauration collective (24) : signature d’une nouvelle convention entre les villes et leur syndicat pour la restauration collective (Syrec). Sans doute l’occasion de revenir sur la privatisation engagée en parallèle par la seule ville de Saint-Ouen ?

Classes de découvertes (neige facultative) (25) : nouvelle tarification proposée et au détour l’annonce qu’en 2019 le thème de la neige sera laissé au choix des enseignants. La ville examinera les autres demandes enseignantes (« mer, équitation, montagne au printemps »…). Les classes de neige seront cantonnées « aux capacités d’accueil de Saint-Véran » ou de  « La Recula à St-Léger les Mélèzes » (05). Mots choisis pour un enterrement de 1er classe des classes de neige inscrites depuis des décennies dans l’ADN de Saint-Ouen.

– Opération immobilière site ex foyer Cara (34) : sujet sensible c’est le Maire qui officie en direct. Exit le projet d’origine de l’ancienne municipalité (réhabilitation de la tour R+14 en logements et nous dit-on bâtiments « R+10 ») avec de l’accession, du locatif social et libre, un hôtel de 113 chambres, et un commerce. Côté densité on oublie de donner la surface des terrains du projet initial et du nouveau, impossible également de comparer la taille des logements. Bref on réécrit un peu l’histoire.

Cependant toujours le même opérateur (Vinci) et bien entendu cette fois avec le cabinet d’architecte DGM de Levallois. Un peu moins de m2 que sur les parcelles d’origine nous dit-on mais désormais on construit… une 2ème tranche dans le prolongement (sur la parcelle d’a côté ! (celui de l’ancienne Gendarmerie abritant aujourd’hui la Police muncipale). Au final un programme simplifié avec 86% d’accession (124 logements) et 14% de social (21 logements) et 900 m2 pour la Police municipale réinstallée dans le projet [4].

Du très dense et monolithique avec l’architecture de pastiche qu’affectionne le Maire.

EPS

[1] Le dernier Conseil municipal s’est tenu le 18 juin dernier soit il y a près de 4 mois (!). Conformément au Code général des collectivités territoriales un Conseil municipal (article L2121-7) doit se réunir une fois par trimestre (ndlr : non pas « en moyenne » et quelle que soit la période de l’année). Saint-Ouen n’est sans doute pas la seule ville en infraction mais on se rappellera avec émotion, quand les conseils étaient très espacés dans la mandature précédente, les cris et jérémiades sur la démocratie bafouée de l’opposant d’alors…William Delannoy.

[2] la bande son du dernier Conseil laissait entendre à tous des propos violents (ndlr : pas loin du « cass’toi pauv’con » de Sarkozy) adressés au Maire pas certains de ses élus de la Majorité. Suspens : le départ toujours annoncé des rebelles d’opérette : Mme T. Zumbo-Vital, Mrs C. Plomb ou mieux du 1er Adjoint L. Kemache qui a déclaré sa flamme à… La France Insoumise (!). Des Insoumis déjà bien embarrassée par les œillades intéressées de l’ancien Maire J. Rouillon).

[3] On nous parlera sans doute aussi à l’occasion du gros programme immobilier de logements privés juste à côté ?

[4] Cité jadis pour les relogement de l’opération ANRU par le Maire. En réalité une toute petite « lichette » de logement social qui n’absorbera que très peu de relogement.

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Photo 1 : Ancienne Gendarmerie (occupée par la Police Municipale) : bâtiment à démolir. Photo 2 : Nouveau bâtiment à l’angle Albert Dhalenne / Adrien Meslier (ex site « CARA »). Photo 3 : Nouveau bâtiment vu de la rue Jules Guesde (centre administratif à gauche)

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12 réflexions au sujet de « Conseil de guerre ? »

  1. « Les socialistes de notre conseil sont de vrais spécialistes de la duplicité et de la langue de bois…

    Pourtant en refusant simplement de venir à des séances aussi chargées, et en ne permettant pas au maire d’avoir son quorum dés le début de la séance, le groupe Socialiste, avec la participation des élus de l’opposition, aurait pu contraindre Madame le Maire à revenir à plus de démocratie. »

    Ces spécialistes ont finalement permis que not’bon maire soit élu. Mais qui le trahira lui ?

  2. « réhabilitation de la tour R+14 en logements » ce n’était pas l’option retenue par l’ancienne municipalité. L’actuel local de la PM serait démolit? Pas une bonne idée.

  3. La PMale et la vidéo surveillance ont un coût sans rapport avec les résultats contre la délinquance routière et judiciaire.

    L’immobilier continue sa croissance mais connait ses limites au regard des ressources foncières transformables et accessibles.

    La construction de logements implique d’offrir des locaux scolaires en nombre;

    Les ex.propriètaires de Fenwick ont vendu et acheté à Gennevilliers.
    Les nouveaux voulaient faire du juteux immobilier mais le maire a refusé défendant le maintien en zone économique de cette énorme parcelle bien placée en centre ville.

    La maison de retraite Quinet pourrait être déplacée pour construire un nouveau groupe scolaire complémentaire de l’école Bachelet future Jdl Fontaine.
    La ville aurait travaillé le sujet mais le terrain prévu (ville de Paris) ne serait plus accessible.

    En face du commissariat, un grand parking pourrait voir un agrandissement de Koni. Espérons que le maire exigera des parkings souterrains à bonne jauge comme l’a fait Bosch rue Cordon.

    Pour les modifications budgétaires, une et pas des moindres n’est pas mentionnée : la date du dépôt des demandes de subvention des associations, fixée autoritairement au 28 octobre. On peut malheureusement s’attendre à de nouvelles réductions ciblées, aussi idiotes que bêtes et méchantes.
    Pour mémoire le grand mot d’ordre à « chaque association la prise en charge par la ville d’un transport en autocar » s’st effondré à la lumière d’une gestion catastrophique de la problématique.
    Bonne nouvelle, le champagne serait revenu lors des médailles du travail où notre maire a surfé de selfi en selfi.
    Pour le sérieux, nouveau départ d’un travailleur social à la circonscription du même nom. Les dépenses de RH prévues mais non dépensées dans le budget devraient permettre de dégager des sommes rondelettes à disposition de notre bon maire. Pendant ce temps, des personnels attendent ventilateurs ou radiateurs (selon la saison) et autre fournitures… et les usagers des centres de santé municipaux un rattrapage des offres de soins disparues.
    Ce samedi 6 octobre, une pensée pour Lucie Aubrac dont la médiathèque porte son nom et tout particulièrement à 18h un apéro convivial avec gâteau d’anniversaire et Pagode musicale (sans doute une parade) avec Zé Samba.

  4. Qui décide l’urbanisme dans la ville de Saint-Ouen-sur-Seine ? Les élu(e)s ou le cabinet d’architecture DGM ? Qui est maire de Saint-Ouen sur Seine ? William Delannoy ou Antoine Delaire ?

    Dimanche 30 mars 2014 à Saint-Ouen sur Seine 6369 électrices et électeurs ont voté pour la liste Saint-Ouen une passion commune de William Delannoy et 5610 ont voté pour la liste Tous unis pour Saint-Ouen humaine et solidaire de Jacqueline Rouillon. Dimanche 30 mars 2014 aucun habitant de Saint-Ouen n’a voté pour l’entreprise d’architecture DGM et associés.

    En mai 2014 les architectes de DGM ont pris le pouvoir dans la ville de Saint-Ouen sur Seine sans s’être présenté aux suffrages des 22719 électrices et électeurs inscrits.

    La société d’architecture DGM et associés détourne la démocratie.

    modérateur : Nuance : C’est William Delannoy (avec son équipe) qui leur a donner le pouvoir de rafler quasiment tous les marchés de maitrise d’oeuvre de l’immobilier de logement en accession sur la ville (dans les opérations publiques mais aussi privées). Bien évidemment en raison de leur seul talent mais nous y reviendrons plus précisément.

    • Salvador Allende président du Chili, en 1972 à la tribune de l’ONU alertait l’opinion sur le fait que les multinationales prenaient le pas sur les Etats. Un visionnaire, non ?

      La BNP est de celles là. Si elles prennent le pas sur les Etats, alors sur une commune…

      « Dans les eaux troubles de la plus grande banque européenne
      diffusé le jeu. 04.10.18 à 23h40
      de : Thomas Lafarge, Xavier Harel
      société | 86min | 2018 | tous publics

      BNP Paribas accompagne la vie des Français depuis les années 60 et compte 29 000 salariés sur le territoire, 1900 agences bancaires et 7 millions de clients. Son histoire est intimement liée à l’histoire politique de ces trente dernières années. BNP Paribas est aujourd’hui un mastodonte financier, à la manière d’un Goldman Sachs, plus puissant que les Etats. Elle incarne, à elle seule, le pouvoir sur l’économie mondiale des hyper-structures bancaires. Comment la banque BNP Paribas a-t-elle pris un tel pouvoir ? Et comment est-elle devenue intouchable ? S’appuyant sur de nombreux témoignages d’anciens de la banque et d’acteurs économiques et politiques de premier plan, Xavier Harel et Thomas Lafarge retracent l’histoire de la banque la plus puissante d’Europe. »
      https://www.france.tv/documentaires/societe/731963-dans-les-eaux-troubles-de-la-plus-grande-banque-europeenne.html

      • Et en 14-18, les états(leurs gouvernements) envoyaient leurs soldats mourir pour les intérêts de qui?
        A la même époque Allende disait aussi que Pinochet et l’armée chilienne étaient démocratiques et qu’il ne craignait pas de coup d’état au Chili!
        La naîveté des sociaux-démocrates, leur tendance à croire que la bourgeoisie sous sa forme artisanale(nationale comme sous La Commune de Paris) ou impérialiste et multinationale (depuis la fin du XIXe siècle) accepterait de perdre leurs privilèges dans les urnes serait risible si elle ne se traduisait pas par des milliers de morts comme au Chili.
        Enfin, en France au XXIe siècle, les « réformistes », comme le PS ou Hollande, ont trouvé le remède contre ces tragédies: servir directement les intérêts de ces « multinationales ».
        Rien d’étonnant alors qu’un de ces brillants serviteurs, Macron pour ne pas le citer, veuille s’affranchir de ses mentors socialistes et de leurs oripeaux vieillots pour voler de ses propres ailes et diriger ces services au Capital!

        • melenchon a milité pour Maastricht.
          jospin a privatisé à tout va.
          hollande a menti sur toute la ligne.
          quant à certains dirigeants du pcf et la majorité des adhérents consultés à tourner le dos à la nécessité d’une expression communiste à tous les niveaux et les instants de la société, au moins pour la deuxième fois de son histoire politique. Avec le résultat que nous connaissons.
          Le vote sursaut des communistes pour leur congres prochain, laisse ouverte une possible resistance constructive pour une alternative à Macron. Pas seule mais dans un contenu conçu par les interessés qui y auraient toute leur place.
          Les municipales ne devraient pas y faire exception, sans recycler de façon illusoire les responsables de nos défaites.

    • « Dimanche 30 mars 2014 à Saint-Ouen sur Seine 6369 électrices et électeurs ont voté pour la liste Saint-Ouen une passion commune de William Delannoy et 5610 ont voté pour la liste Tous unis pour Saint-Ouen humaine et solidaire de Jacqueline Rouillon. Dimanche 30 mars 2014 aucun habitant de Saint-Ouen n’a voté pour l’entreprise d’architecture DGM et associés.

      En mai 2014 les architectes de DGM ont pris le pouvoir dans la ville de Saint-Ouen sur Seine sans s’être présenté aux suffrages des 22719 électrices et électeurs inscrits. »

      En principe, cela se nomme « la Démocratie représentative ». Celles et ceux qui ont voté pour le p’tit Willy lui ont confiés la gestion de la ville. Après on peut contester ses choix mais la désignation de DGM et associés s’inscrit dans le cadre de la gestion de la ville. C’est toute la différence avec la démocratie directe.

      • @ Joseph

        Oui, on a bien compris W. Delannoy a été élu de manière légale et incontestable !!!
        Rappelons-le toutefois : élu avec et par une équipe de 32 élus constituant une « majorité ». Donc en théorie il ne gouverne pas seul et n’est pas roi ni même architecte en chef.
        Dans le cas d’espèce évoqué ici on parle donc d’autre chose et bien sûr pas de démocratie participative et encore moins d’élire à main levée par les soviets les architectes à retenir.

        Même si souvent les villes – quelque soient leur couleurs politiques – travaillent régulièrement avec plusieurs cabinets d’architectes (par conservatisme ou clientélisme) tout en respectant les procédures obligatoires,
        le fait qu’une grande partie des programmes immobiliers à Saint-Ouen soient attribués systématiquement au seul et même cabinet d’architectes est – à cette échelle – demeure très étonnant.
        Plus étrange encore c’est non seulement pour des opérations publiques (ZAC, équipements…) mais aussi pour de nombreux programmes complètement privés pour lesquels – spontanément – les promoteurs choisissent ce même cabinet.
        De là à penser qu’on leur tord un peu le bras il n’y a évidemment qu’un pas.

        • Votre aversion pour W.Delannoy fausse votre réflexion. Je ne pense pas que vous auriez la même attitude si il s’agissait d’un maire de « gauche ».

          « Oui, on a bien compris W. Delannoy a été élu de manière légale et incontestable !!! »

          On dirait que vous avez du mal à l’encaisser.

          « Rappelons-le toutefois : élu avec et par une équipe de 32 élus constituant une « majorité ». Donc en théorie il ne gouverne pas seul et n’est pas roi ni même architecte en chef. »

          Voici comment un maire peut être destitué : https://www.village-justice.com/articles/destitution-maire,18286.html. Jusqu’à présent WD tient encore sa majorité. Et nous sommes bien en démocratie représentative puisque les électrices et les électeurs qui l’ont élus lui ont confiés la gestion à lui et à son équipe mais n’oubliez pas qu’aux municipales même si l’on vote pour une liste c’est souvent sur la tête de liste que le choix s’opère.

          « le fait qu’une grande partie des programmes immobiliers à Saint-Ouen soient attribués systématiquement au seul et même cabinet d’architectes est – à cette échelle – demeure très étonnant. »

          Cela me rappelle que sous JR on voyait très souvent un architecte Makan quelque chose. On n’avait l’impression qu’il n’y avait que lui. Très étonnant. Mais peut être que je me trompe.

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