Dynamiser ou dynamiter les Puces ?

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L’énorme projet immobilier de plus de 500 logements et 745 places de parkings au cœur des Puces, caché derrière le plaisant programme d’activités – commerces – hôtel, a bien failli passer inaperçu tant la volonté municipale a été forte d’entourer cette « affaire » d’un épais silence. La détermination de quelques citoyens a permis d’intervenir in extremis à l’enquête publique.

Rappelons-le, une enquête publique qui était règlementaire et donc obligatoire pour ce projet « privé » [1] compte tenu justement de sa taille XXL et de son impact sur l’environnement.

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Une réunion citoyenne le 6 mai dernier, quasi improvisée, avec les moyens du bord dans un café, a permis de réunir une petite quarantaine de personnes[2], pour faire le point sur ce dossier.

Il s’agissait pour les initiateurs de ce premier rendez-vous d’alerter les riverains, les habitants du quartier, parents d’élèves, commerçants, élus[3]...

Ainsi plusieurs aspects ont été évoqués : l’absence totale d’information du public, l’importance du programme et sa densité, la pollution, les chantiers à venir, l’accentuation des problèmes de circulation (voitures et bus), la mutation des Puces… Et aussi la nécessité que chacun exprime son avis à l’occasion de cette enquête publique s’achevant le 19 mai. (ci-après à la suite de cet article ∗ le compte-rendu très complet de cette réunion)

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Une initiative qui a donc permis une forte affluence du public, jusqu’alors très clairsemé au Centre administratif (siège de l’enquête) pour jeter au moins un œil sur l’épais « dossier » d’enquête[4] (cf. photo ci-dessus), déposer des observations et échanger avec le Commissaire enquêteur. Mieux vaut tard que jamais.

S’il eut été logique que le Commissaire Enquêteur demande la prolongation de l’enquête et impose une réunion publique organisée par le Maître d’ouvrage (comme les textes le permettent), on ne peut lui en faire grief dans la mesure des délais très restreints pour prendre lui-même la mesure de l’opération et de la dimension de la problématique des Puces. Sans compter bien entendu le peu de transparence de l’opérateur et de la municipalité.[4bis]

Espérons qu’il aura pris conscience de la gravité du sujet pour le quartier mais aussi des risques encourus pour ce pôle touristique majeur de renommée internationale.

Si nous pensons ici qu’un avis défavorable serait tout à fait justifiable sur ce projet en l’état, que l’avis soit favorable avec ou sans réserve, nous continuerons pour notre part à agir avec détermination contre ce projet. Dans un esprit combatif et constructif. C’est à dire en préconisant un projet différent, plus équilibré et surtout intégrant une vision globale des Puces.

C’est en ce sens qu’un courrier a été envoyé ce 19 mai 2017 à plusieurs institutionnels concernés par les Puces et leur devenir : Stéphane Troussel, Président du Conseil Départemental 93, Valérie Pécresse Présidente de la Région Ile-de France et du Syndicat des transports d’le de France, Anne Hidalgo, Maire de Paris, Patrick Braouezec, Président de l’EPT Plaine Commune et Danièle Dubrac Présidente de la CCIP 93. Ce courrier a été signé pas trois anciens élus de St-Ouen ayant été directement impliqués dans leurs fonctions dans la problématique des Puces en étant par ailleurs riverains et habitants à proximité immédiate des Puces .(ci-après à la suite de cet article  ∗∗ le courrier adressé à cinq représentants institutionnels)

Enfin, puisque les élections législatives prochaines porteront à l’Assemblée nationale nos représentants à l’échelle du pays nous interrogerons notre Député sortant et les 20 autres candidats sur notre circonscription afin de connaître leurs positions sur ce sujet. Un dossier en effet, avec un ancrage local mais qui croise de grandes questions : le logement, la voiture en ville, les transports en commun, la coopération intercommunale au sein du Grand Paris, le tourisme et le développement économique.

Nous ne manquerons pas, bien entendu de publier ici leur réponses. 

A suivre…

 

∗ Compte Rendu réunion du 6 mai 2017 (7 pages)

Relevé de conclusions de la réunion sur le projet situé sur les emprises ex-Wonder / « Village des Rosiers »

Réunion du samedi 06 mai 2017 de 17 à 19h au Coq d’Or (Saint Ouen, 93400

Etaient présents une quarantaine de personnes dont des commerçants des Puces, des riverains, d’anciens élus et des élus d’opposition.

Cette réunion avait pour vocation d’informer les participants sur le projet « Village des Rosiers » prévu sur les emprises ex-Wonder, et de mettre en lumière l’importance pour chacun de participer à l’enquête publique. Pour les participants à la réunion, la recherche de rentabilité ne peut et ne doit pas donner lieu à une densification massive, et notamment dans ce quartier fragile et en lisière de la ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager) des Puces.

Le premier constat fait lors de cette réunion a été celui d’un manque d’information et de transparence de la mairie et du promoteur, et d’un projet d’un tel gigantisme qu’il est de nature à mettre en péril l’équilibre fragile des Puces.

De manière plus précise, les points de vigilance quant au projet actuellement soumis à l’enquête et qui ont été rappelés lors de la réunion sont les suivants :

  • Un nombre de logements particulièrement important

Il s’agit d’une opération immobilière de grande ampleur qui s’inscrit dans un contexte de construction de logements particulièrement important le long de la rue des Rosiers avec la transformation du site ex-SVP en bureaux, logements et hôtel ainsi que le site ex-Valeo transformé en 200 logements. L’étude d’impact ne prend pas en compte ces différents projets pourtant construits le long de la même rue, notamment s’agissant des incidences en matière de circulation.

S’agissant de l’îlot compris entre la rue Marie Curie et le stade Joliot Curie les images contenues dans l’enquête laisse apparaitre des pignons aveugles le long du stade d’entrainement laissant à penser que le projet pourrait être étendu sur ce terrain. L’enquête publique est muette sur ce point mais la volonté d’extension semble pourtant manifeste.

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Cette volonté semble également matérialisée par le fait que le dossier d’enquête stipule que la rue Marie Curie doit à terme être prolongée jusqu’à la rue du Docteur Bauer. Dès lors toute rénovation ou extension du stade Bauer deviendrait nous semble-t-il impossible, et les terrains seraient susceptibles d’être urbanisés dans l’avenir.

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  • Un nombre de parkings très élevé

La construction de logements et d’activités suppose la création de places de parkings conformément aux règles du PLU. Le projet prévoit la construction de 745 places de stationnement en souterrain sur deux niveaux de sous-sol.

Le nombre de places envisagées varie pourtant selon les documents soumis à l’enquête publique. Pour autant 198 places de plus que ne préconise le PLU sont envisagées. Ces 198 places seront destinées aux visiteurs des Puces. L’Autorité environnementale s’interroge tout comme nous sur ce nombre de places en plein cœur des Puces. Ce parking conduira les visiteurs à se rendre en voiture au cœur des Puces en passant par une rue des Rosiers aux trottoirs étroits et particulièrement encombrés le week-end.

L’Autorité environnementale rappelle dans son avis que le surdimensionnement des parkings est susceptible d’agir comme un aspirateur à voitures entravant le développement des circulations douces et des modes alternatifs de déplacement.

Au moment où Paris construit un tramway sur les Maréchaux et limite l’usage de la voiture rien n’est envisagé s’agissant de Saint Ouen risquant de fait un report de circulation dans les rues de Saint Ouen. La construction de parkings privés et plus encore d’un parking public encouragera les habitants à se doter d’un véhicule et les visiteurs à venir en voiture alors même que les jours d’ouverture des Puces la circulation est déjà particulièrement encombrée et le carrefour Rosiers / Michelet totalement saturé.

Ce point fait cependant débat au sein des participants, des intervenants indiquant que l’attractivité des Puces est pour une partie conditionnée par l’accessibilité du site en voiture.

  • Une augmentation de la circulation automobile

L’étude d’impact prévoit une augmentation « limitée de la circulation de 10% » dans un secteur qui ne semble pas pour le maître d’ouvrage particulièrement embouteillée. Cependant l’Autorité environnementale indique que « les hypothèses de génération du trafic semblent sous estimées à cause [de partis pris dans le mode de calcul] et d’erreurs dans certains calculs ». Pour l’Autorité environnementale « une sous-estimation des flux routiers liés aux voitures en heures de pointe est donc probable ».

Par ailleurs là encore le dossier ne tient pas compte des constructions futures le long de la rue des Rosiers (Valeo, SVP) qui entraineront également une augmentation de la circulation.

L’étude concernant la circulation a été établie sur une enquête (comptage) menée le mardi. Il s’agit pourtant du jour le plus « creux » de la semaine après les trois jours d’ouverture des Puces. Pourquoi un comptage n’a pas été mis en œuvre un jour d’ouverture des Puces le samedi et/ou le dimanche ? La circulation au sein du quartier est en effet très spécifique et l’étude d’impact ne peut sérieusement gommer cette spécificité.

Enfin l’incidence sur le futur carrefour « Gagin / Michelet » n’est pas étudiée alors qu’il s’agira du débouché obligatoire des véhicules sortant des parkings du programme immobilier.

L’Etude d’impact ne fait mention d’aucune politique d’envergure concernant les déplacements doux hormis la présence de deux trottoirs, deux stations Vélib’ ainsi que d’une partie des rues perpendiculaires à la rue des Rosiers en zone 30 (mais pas la rue en elle-même).

Ce projet va donc générer un flux de véhicules supplémentaires (habitants et visiteurs) sans qu’il ne prévoit de développer les modes alternatifs de déplacement hormis une piste cyclable sans débouché rue Biron.

L’étude ne mentionne aucun point sur les reports de trafic dans les rues étroites des Puces. Il s’agit là d’une absence particulièrement dommageable s’agissant d’une étude d’impact.

  • La construction d’une crèche

L’Autorité environnementale est particulièrement attentive sur ce sujet qui conduit à envisager la construction d’un équipement pour personnes vulnérable et sensible sur un terrain particulièrement pollué. Le maitre d’ouvrage défend cette idée en indiquant que l’arrivée de nouveaux habitants oblige à la création de cet équipement dans un quartier déficitaire. On peut s’interroger sur la logique qui consiste à construire un grand nombre de logements et par la suite invoquer comme une fatalité la nécessaire construction des équipements afférents.

  • La pollution du site

Le terrain d’assiette du projet est très fortement pollué, à la fois aux métaux lourds ainsi qu’au cyanure et aux PCB. Ces pollutions nécessiteront des excavations et un transport par camions des terres polluées en décharge spéciale.

A ce titre le dossier ne présente aucune information sur le nombre de rotations de camions nécessaires au transport des terres polluées ainsi que sur les précautions qui seront prises pour l’environnement des riverains.

Le terrain présente également une pollution aux gaz polluants supérieure aux valeurs guide. L’Autorité environnementale attire l’attention sur les dégagements susceptibles d’entraîner un risque sanitaire pour les populations. Il en va de même pour les eaux souterraines polluées.

Ces questions de pollution et donc de dépollution préalable, d’un site particulièrement touché, ne font pas l’objet d’un traitement complet quant à la surveillance du site durant les travaux, les volumes à traiter et la préservation de l’environnement des riverains ainsi que de l’école à proximité immédiate et du stade. Ce point semble traité dans l’étude d’impact comme quasiment accessoire. Pour autant, pour les habitants concernés, ce point est au contraire fondamental.

Par ailleurs qu’en sera-t-il des vibrations occasionnées durant la phase de dépollution et de travaux. Le dossier d’enquête ne fait pas référence à un référé préventif. Ce référé préventif est pourtant indispensable ; pour mémoire le bâti alentour et notamment le marché Biron est de construction légère et sans fondations. Ce point n’est pas mentionné dans l’étude d’impact. Il est fondamental que ces éléments soient étudiés pour prévenir tout mouvement de terrains liés aux excavations, aux vibrations et aux constructions.

Enfin et toujours sur ce point aucun chiffrage du coût de la dépollution ne figure dans le dossier. De ce coût découle pourtant un niveau de constructibilité permettant d’assurer l’équilibre financier de l’opération. Il est étonnant donc que cette information ne soit pas rendue publique, tant elle conditionne la densité du programme immobilier.

  • Un projet qui n’assure pas la pérennité de l’activité pucière

L’activité pucière et sa préservation, voire son développement, supposent l’existence de « réserves » à des fins de stockage. Le site actuel répond à cet impératif.

L’étude d’impact ne semble plus faire mention d’un lieu de stockage sur l’emprise du projet nécessaire à l’activité pucière. Dès lors comment maintenir une activité pucière conséquente. Le site exceptionnel des Puces suppose également un seuil critique de commerçants. Les visiteurs viennent aux Puces car ils sont assurés d’y trouver une offre conséquente. Dès lors il est impératif de veiller au maintien des réserves et des locaux commerciaux pour faire en sorte que le site attire toujours plus de visiteurs.

Le projet commercial semble s’orienter sur un axe artistique s’éloignant de l’activité pucière alors même que dans le cadre du Grand Paris est déjà envisagé la création d’un centre d’art contemporain dans les locaux de Cap Saint Ouen situé en face du projet. Ces projets ne sont-ils pas redondants ?

L’étude d’impact indique également que les commerces envisagés dans la partie proche de la rue des Rosiers seront en lien avec l’arrivée de nouveaux habitants. L’activité pucière semble donc exclue ou tout de moins fortement minimisée et l’orientation donnée semble plutôt tournée vers l’alimentaire et l’équipement de la maison et de la personne. Quelles sont les garanties que le futur centre ne sera pas un centre commercial lambda ?

Les visuels présentés font état d’un retournement du marché Biron vers la rue du même nom. Ces visuels, aussi attrayants qu’ils soient, ne rendent pas compte du projet étant donné que le marché Biron est exclu du périmètre de l’opération et n’appartient pas au même propriétaire. Par ailleurs compte tenu du caractère très léger de l’allée 2 du marché Biron, comment est envisagé son maintien durant les travaux. Il semble tout à fait illusoire que ces constructions résistent aux travaux.

Enfin est prévu sur le site la construction d’un hôtel. Il s’agira donc du troisième hôtel haut de gamme des Puces après le MOB et celui en cours de construction sur le site ex-SVP. L’offre hôtelière des Puces ne va-t-elle pas être pléthorique ?

  • Une insertion paysagère discutable

Si la partie commerciale du projet qui jouxte la ZPPAUP semble s’insérer à peu près correctement rue des Rosiers (reprise d’une architecture basse et industrielle), il n’en va pas de même s’agissant de la partie des logements qui s’oriente vers une architecture de pastiche haussmannien particulièrement massive et élevée. le village

A ce propos, l’Autorité environnementale regrette qu’aucune variante ne lui ait été proposée. On ne peut que vivement regretter que le projet envisagé ne s’insère pas dans l’environnement urbain.

Ainsi les immeubles en R+8 seront aussi hauts que l’immeuble situé rue Etienne Dolet. Cet immeuble aujourd’hui isolé agit comme une émergence dans le paysage urbain. Dès lors qu’il sera environné d’immeubles aussi massifs que ceux qui seront construits le paysage des Puces en sera profondément modifié. En limite de la ZPPAUP, ce sujet ne peut être ignoré comme le fait l’étude d’impact.

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S’agissant des plantations trois jardins privatisés seront créés à l’attention des futurs habitants non accessibles aux riverains. Cette fermeture des jardins est particulièrement dommageable alors même que le projet se « vante » de désenclaver l’ilot Wonder. Pourquoi ne pas envisager des jardins plus ouverts sur la ville alors que Saint Ouen est très fortement déficitaire en espaces verts par habitant.  

Afin de minimiser l’îlot de chaleur des toitures végétalisées sont envisagées sans qu’il soit possible de déterminer si leur création incombera au maître d’ouvrage ou bien aux futurs propriétaires (ce qui est de nature à déterminer le caractère certain de leur réalisation).

A noter pour finir que l’étude d’impact indique que les logements présentés visent à une montée en gamme de l’offre de logements qui semble exclure la construction de logements sociaux dans ce vaste programme, ce qui nous parait particulièrement dommageable pour l’équilibre sociologique du quartier dans un contexte de forte hausse des prix du foncier.

Il a été expliqué la nécessité pour tous les acteurs du quartier de se saisir de l’enquête publique pour faire évoluer le projet dans un cadre constructif (le terrain ex-Wonder ne pouvant bien entendu rester en l’état).

Il reste encore deux créneaux sur lesquels rencontrer le commissaire-enquêteur  à l’Unité Territoriale Droit des Sols de Saint-Ouen au Centre Administratif Fernand LEFORT (6 place de la République)

– le mercredi 10.05.17 de 9h00 à 12h00

– le vendredi 19.05.17 de 14h00 à 18h00.

Il est également possible de remplir le registre en dehors des heures de présence du commissaire-enquêteur, ou de lui écrire (le courrier sera indexé au registre).

Après quelques recherches, nous avons découvert qu’il existait une possibilité de prolonger l’enquête publique et de demander la tenue d’une réunion publique, mais seul le Commissaire enquêteur peut en décider s’il en est convaincu (donc si nous sommes convaincants). Chaque personne souhaitant s’exprimer dans le cadre de l’enquête est invitée à solliciter la prolongation de celle-ci et la tenue de cette réunion publique.

Mais au-delà de ces questions et inquiétudes, nos échanges ont fait émerger une réelle volonté de la part des participants de réfléchir collectivement et de se réapproprier les questions d’urbanisme, touristiques et patrimoniales du quartier, le projet « Village des Rosiers » semblant s’inscrire au sein d’autres projets prévus par la mairie dont on ne voit pas pour le moment pas la cohérence. Dans cette optique, il est annoncé la création d’une association ayant pour but d’être force de proposition pour le quartier des Puces.

Enfin, vous trouverez joint à cet envoi un article du Parisien, car l’une des journalistes du journal était présente parmi nous samedi.

A très bientôt pour la poursuite de la mobilisation,

Alexandre, Britt, Dominique, Eric et Philippe

Autres références sur le projet :

Il a été souligné que les participants ne s’opposent pas à un projet sur l’ancienne friche Wonder. Ainsi, le premier projet beaucoup plus raisonnable annoncé par Hervé Giaoui, en 2015, avait reçu un bon accueil. Pour mémoire un article des Echos sur ce premier projet :

Hervé Giaoui, lui, a racheté une parcelle de 23.000 mètres carrés rue des Rosiers, où il a ouvert Habitat 1964 et créé un village vintage accueillant L’Eclaireur, Mademoiselle Steinitz, la galerie de design Gam et celle d’art contemporain Untilthen, ainsi qu’une buvette. Aujourd’hui, il attaque la phase la plus ambitieuse : sur ce site des anciennes usines Wonder, il devrait édifier trois bâtiments pour accueillir de 200 à 300 logements avec des terrasses ou jardins suspendus, une salle de sport, des bureaux, des réserves pour les puciers ou les collectionneurs, et un pôle d’artisanat d’art qui fera face au marché Biron. « Nous utiliserons des matériaux de type industriel, pour garder l’esprit. Pour une animation permanente du lieu, il y aura des commerces de bouche, peut-être des marques historiques de la mode et de la maroquinerie, une salle de vente, des créations contemporaines mais pas banalisées; et nous allons réaliser un hôtel-restaurant avec Philippe Starck et Philippe Amzalak. On me taxe de spéculateur : je suis un capitaliste, c’est vrai, mais je veux créer un concept, une marque; je préfère gagner moins en faisant plus beau. Ma femme est antiquaire depuis six générations ! » rappelle l’homme d’affaires, qui dit vouloir s’inspirer de Brooklyn et du quartier Meatpacking, à New York.

https://www.lesechos.fr/18/09/2015/LesEchos/22026-043-ECH_les-puces-a-l-heure-du—bobo-chic–.htm

Des articles issus du blog soignetagauche.fr en rapport direct avec le Dossier du site Wonder

 –       Enquête discrète (4 août 2015) 

http://www.soignetagauche.fr/?s=enquete+discrete&submit=Recherche

–       Nom de code : AH 70 (30 mai 2016)

 http://www.soignetagauche.fr/?s=nom+de+code&submit=Recherche

–       Wonder(full) (7 juin 2016)

 http://www.soignetagauche.fr/?s=nom+de+code&submit=Recherche

–       Main basse sur la ville…  (9 février 2017)  

http://www.soignetagauche.fr/?s=main+basse+sur+la+ville&submit=Recherche 

–       Enquête sur un gros « Village » (5 avril 2017) 

http://www.soignetagauche.fr/?s=enquete+sur+un+gros&submit=Recherche

 

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∗∗ Courrier aux institutionnels du 19 mai 2017 (3 pages)

Saint-Ouen, le 19 mai 2017

 

Opération « Village des Rosiers »  

QUARTIER DES PUCES à Saint-Ouen

Circulation automobile / transports en commun

Courrier adressé à

  • Stéphane Troussel (Président du Conseil Départementale 93),
  • Valérie Pécresse (Présidente de la Région et du STIF),
  • Anne Hidalgo, Maire de Paris,
  • Patrick Braouezec (Président de l’EPT Plaine Commune,
  • Danièle Dubrac (Présidente de la CCIP 93)

« Une gigantesque opération immobilière privée, constituant en réalité un nouveau quartier dans les Puces de Saint-Ouen et curieusement nommée par son promoteur « Village des Rosiers », a fait tardivement (du 18/04 au 19/05/2017) l’objet d’une enquête publique relevant du code de l’Environnement.

Ainsi, un programme de 60 000 m2 comprenant 520 logements uniquement privés (jusqu’à 7 à 8 étages), un hôtel, des locaux d’activités, des commerces et près de 745 places de parking pourraient être construits d’ici 2021 (!) sur la friche « Wonder » 77 rue des Rosiers à Saint-Ouen. A ce jour un seul opérateur, un unique cabinet d’architecte et une seule voie partiellement nouvelle (rue Marie Curie prolongée).

Un simple affichage règlementaire et une discrète annonce administrative sur le site de la Ville de St-Ouen pour cette enquête (obligatoire) sur un dossier de 2 350 pages que découvre tardivement le public. Aucune information préalable des habitants de la ville, du quartier et même des riverains. Parallèlement, l’immense majorité des commerçants des différents marchés des Puces ignorent tout de ce projet et notamment sa partie logement très problématique pour le fonctionnement de ce pôle touristique majeur de l’Ile-de-France.

La grande discrétion depuis des mois qui entoure cette opération immobilière et son dossier (pour ne pas dire l’opacité délibérée) suscite aujourd’hui beaucoup d’interrogations parmi les citoyens qui demandent la prolongation de l’enquête et une réunion publique.

En effet, ce projet d’envergure, à caractère privé, n’a été rendu possible jusqu’à l’étape actuelle, que par la volonté du Maire de Saint-Ouen. Celle-ci a ainsi changé son Plan local d’urbanisme (PLU) créant les droits à construire en logements qui n’existaient pas et vendu une parcelle publique stratégique (rue Biron) sans laquelle le projet actuel était impossible. La Ville semble aussi avoir ouvert la possibilité d’une extension à terme de ce nouveau quartier sur le secteur du stade Bauer site historique du Red Star. Enfin, en plus des parkings liés aux logements et aux activités, la Mairie a accepté un parking supplémentaire accessible aux visiteurs. L’intervention publique est donc manifeste et décisive dans cette affaire privée.

Non sans calcul, la façade « avenante » du programme (20 000 m2) côté rue des Rosiers, liée aux Puces avec ces locaux d’activités, des commerces et un hôtel, est utilisée abusivement pour masquer l’énorme opération de logements (40 000 m2) dont l’échelle est hors de proportion avec son environnement.

En réalité, la programmation de logements et la densification outrancière sur le site s’inscrivent dans la « nécessité » pour l’opérateur Foncière Volta (SNC Paris Périph) de dégager des recettes très importantes pour couvrir les coûts extrêmement lourds de dépollution (on parle d’au moins 10 M€). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, depuis tant d’années, les terrains Wonder sont toujours en friche et qu’aucune opération maîtrisée et équilibrée n’a pu voir le jour au cœur de ce site sensible des Puces.

Dans ce contexte, cette opération soulève de nombreuses questions qui n’ont pas manqué d’être évoquées in extremis dans l’enquête publique. Il convient cependant d’alerter différents partenaires institutionnels sur l’impact de cette opération en termes de circulation automobile et de fonctionnement du réseau de bus. Ceci concerne directement les commerçants et les clients des marchés aux Puces ainsi que les habitants d’aujourd’hui (et de demain) de tout ce secteur aux portes de Paris.

Dans le cas, où cette opération hors normes et hors contrôle, verrait le jour dans sa configuration actuelle, plusieurs points sur cette thématique sont très préoccupants :

  • Deux voies publiques seront les seules exutoires pour les 745 voitures de cette opération privée : l’avenue Michelet (RD 14) relevant du Conseil Général de Seine Saint-Denis et la rue des Rosiers de la Commune. Deux axes souvent congestionnés dans leurs parties au sein des Puces. La jonction de ces deux voies dans un carrefour problématique Porte de Clignancourt (Paris) et les flux générés par les quatre bretelles autoroutières du Périphérique génèrent régulièrement des embouteillages majeurs.
  • La situation actuelle, peu satisfaisante, se répercute déjà fortement sur trois grandes lignes de bus interdépartementales qui traversent ce secteur le 85, 166 et 255. De nombreux usagers considèrent déjà, au quotidien, la situation actuelle comme dégradée et pénalisante pour aller travailler. C’est par exemple le cas du 85 qui doit parfois être dérouté compte tenu de la situation qui prévaut au feu tricolore du débouché de la rue des Rosiers sur la Porte de Clignancourt. L’étude d’impact n’en souffle pas un mot et la RATP avec ses usagers, contraintes et ses projets n’est pas évoquée.
  • Curieusement l’étude de trafic de l’étude d’impact, avec de savants calculs, de subtils ratios et les données du jour le plus paisible (mardi) tend à démontrer, que ces 745 véhicules n’auraient qu’un effet finalement marginal sur la circulation et aux différents carrefours à proximité. Par ailleurs, aucune indication n’est donnée sur les caractéristiques du carrefour Marie Curie – Michelet et pour cause il n’existe pas et on ne sait pas qui le réalisera (ni quand). Les services voiries de « Plaine Commune », de la Ville de Paris ou du Département de Seine Saint-Denis ne semblent pas avoir été sollicités.
  • En l’état, on ne comprend pas pourquoi le Département aménagerait et financerait un nouveau carrefour sur l’avenue Michelet (RD 14) au débouché de la rue Marie Curie. D’autant que cela nécessiterait peut-être de reprendre aussi le carrefour Michelet-Bauer. Avec la perspective de l’interconnexion des métros du Grand Paris à Pleyel et l’arrivée du tramway au métro Porte de Clignancourt, il y a probablement mieux à faire avenue Michelet. Par exemple : une liaison bus en site propre entre ces deux pôles  de St-Denis et de Paris ?
  • Une chose est certaine la Direction de la Voirie Départementale (DVD) dans un courrier du 14 mars 2017 a d’ores et déjà indiqué au Maire de Saint-Ouen son avis « favorable » sur le Permis de construire de l’opération décrite dans l’étude d’impact mais avec une prescription de taille : « le plan de circulation devra être modifié, la circulation devra se faire en entrée et sortie rue des Rosiers ». Autant dire reprendre le projet décrit dans l’étude d’impact mis à l’enquête !
  • Pour mémoire rappelons enfin, que la rue des Rosiers, outre l’opération Wonder du n°77 (520 logements) avec 745 véhicules, devra aussi absorber près de 170 voitures de l’opération « Valéo » du n°11-15 (190 logements) et aussi la centaine de l’opération « SVP » du n° 70 (hôtel, résidence étudiante, bureaux). Soit un total de l’ordre de 1 000 véhicules supplémentaires pour l’actuelle rue des Rosiers ! La livraison de ces programmes sera précédée par les nuisances des différents chantiers. Les problèmes de circulation vont donc rapidement s’accentuer. Une situation très problématique en termes d’accessibilité le vendredi et le lundi pour la clientèle, le fonctionnement et l’image des marchés aux Puces.

Ces différents éléments attestent que ce projet de nouveau quartier, échafaudé entre quelques acteurs seulement, s’affranchit, entre autres, d’une information réelle, d’un partenariat élémentaire ou d’une insertion urbaine dans le cadre d’un développement durable. Il repose sur la logique du « tout voiture » dont les conséquences criantes sur la pollution, les aménagements de voiries ou les transports en commun seront à la charge de l’Etat et des collectivités territoriales (Département, Ville de Paris, Commune de Saint-Ouen…). C’est à dire du contribuable.

A l’évidence, ce projet très spéculatif et incertain s’inscrit aussi dans une démarche visant à restructurer l’ensemble des Puces par des opérations privées d’opportunité qui ne s’inscrivent pas dans une vision globale et maîtrisée. Cette opération mérite donc d’être revisitée dans l’intérêt des marchés aux Puces et des habitants du quartier. Ce site d’exception, avec ces dizaines de milliers de visiteurs hebdomadaires, nécessite une accessibilité renforcée, des transports en commun de qualité, une large piétonisation, une circulation apaisée, des espaces verts, des services et des équipements nouveaux, des parkings mutualisés dédiés aux commerçants et aux riverains.

Sous réserve d’une coordination des acteurs publics et d’une réelle maîtrise du foncier, tout ceci n’est évidemment pas incompatible avec le désenclavement des grandes emprises foncières, la réalisation de voies nouvelles, la construction de logements diversifiés, des opérations privées de qualité, une densité raisonnable et un renouveau cohérent du marché aux Puces de Saint-Ouen.

Anciens élus locaux de sensibilités différentes, riverains ou résidant à proximité des Puces, passionnés par ce lieu unique, nous souhaitions donc vous alerter sur les conséquences de cette opération mais aussi pour que s’engage dans la transparence un véritable dialogue public concernant ce site touristique du Grand Paris et de l’Ile de France de renommée internationale. »

En restant donc à votre disposition dans un esprit combatif et constructif, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos salutations les meilleures.

Eric PEREIRA-SILVA Adjoint au Maire de St-Ouen (2001-2008) Affaires économiques, commerce, marchés, artisanat                                                                        

Dominique GARCIA-DUROCHER Conseillère municipale déléguée de St-Ouen (2008-2014) Tourisme, Promotion de la ville

Paulette FOST Maire de Saint-Ouen (1979-1999) Conseillère générale (1973-1979), Députée (1978-1981), Sénatrice (1986-1995)

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[1] Projet privé mais fortement porté et accompagné par le Maire : changement des règles constructibles (PLU), cession d’une voirie stratégique, perspectives d’extension du nouveau quartier…

[2] 36 présents au cours de la réunion, une dizaine d’excusés, quelques « observateurs » et en début de séance, le passage d’une journaliste du Parisien (cf. photo en début de cet article) www.leparisien.fr/…/saint-ouen-le-projet-immobilier-des-puces-inquiete-06-05-2017-69

[3] deux représentants de l’opposition F. Durand et D. Vemclefs avait été convié et tandis que le Conseiller Délégué aux Puces de la Majorité (Hughes Cornière) s’est invité mais hélas sans dire un mot.

[4] Un coup d’œil surtout de la pile de dossiers sur la table : l’étude d’impact ( 2350 pages) et le Permis de construire « en cours d’instruction » (4 dossiers à sangles remplis de plans, tableaux et notice techniques).

[4 bis] le Commissaire enquêteur, compte tenu de la masse de documents, a demandé au Maître d’ouvrage un document synthétique pour le grand public. Ainsi un 4 pages a été réalisé (qui ne figure pas dans les pièces officielles consultables et téléchargeables sur le site de la Ville). Hélas, ce document du Maître d’ouvrage (Foncière Volta SNC Paris Périph) un 4 pages sur papier glacé  dissimule quasiment la partie logements (cf. illustration p1). Les logements ne sont  évoqués que par quelques mots dans le texte (soulignés en rouge par nous). Le document semble validé par la Ville puisque son logo y figure mais hélas il s’agit de celui de l’ancienne municipalité (remplacé depuis le début de ce mandat par les armoiries du Moyen Age). Mieux une erreur grossière mais sans dout révélatrice indique que le rapport du Commissaire enquêteur sera remis en juin 2016 (au lieu de juin 2017 !). Ce « publi reportage » n’a par ailleurs pas été diffusé en dehors du bureau de l’enquête. Il s’agit donc d’une tromperie à l’égard du public qui s’est déplacé et d’un détournement de la volonté d’information du public exprimé par le  Commissaire enquêteur.

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[5] La prochaine étape pourrait être la signature du Permis de construire par le Maire dans sa frénésie immobilière à courte vue et de mettre tout le monde devant le fait accompli y compris au sein de sa Majorité. Un Permis qui en l’état pourrait susciter des recours divers et variés. On s’étonnera d’ailleurs que le projet soit conçu autour d’un sens unique de la rue Marie Curie Prongée de Rosiers à Michelet alors que la Direction de la voirie départementale affiche une prescription de changer le plan de circulation avec les entrées et sorties uniquement sur la rue des Rosiers pour tout le programme. 

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26 réflexions au sujet de « Dynamiser ou dynamiter les Puces ? »

  1. Ce projet immobilier est à l’actuelle majorité municipale ce qu’a été celui des docks à la précédente : un ratage complet.

    Avec une différence de taille, les docks existent, celui des puces non et il est possible de l’empêcher de voir le jour.

    • Dans ce cas pourquoi les audoniennes et les audoniens n’ont pas été consultés ? Pourquoi n’y a t il pas eu de réunion publique sur ce soi disant « très bon projet » ?

      • Il y a urgence d’éradiquer les logements insalubres et immeubles viellissant dans le 9.3 et ailleurs. Tout projet locatif moderne pour l’intérêt général est le bienvenu.

        Rachid Lounes candidat écologiste première circonscription de Seine Saint Denis.

        • L’urgence ne peut pas être une excuse pour tenir les citoyennes et les citoyens à l’écart.

          Vous parlez de projet locatif. Pourriez vous, en tant que candidat, nous en dire plus ? Le montant du loyer par exemple.

        • Comment un candidat ecologiste peut il supporter la construction de 745 places de parking dans un quartier où il n’y a aucun espace vert à part le cimetiere. C’est dingue ! Ou un gros fake

          • Dans les documents d’urbanisme tel que le PLU, les cimetières sont considérés comme espaces verts.
            Heureusement, que St Ouen possède 1 cimetière parisien, non ?

            • Avec tous les vieux et les vieilles qu’il y a dans ce pays et qui sont pas encore canés, il va y en avoir des espaces verts dans les prochaines années.

    • @Lounes

      Vous êtes le même Rachid Lounes candidat aux Législatives sous l’étiquette Mouvement Ecologiste Indépendant (MEI)
      Si c’est le cas chapeau pour votre réponse !

  2. C’est lors de ma première visite chez le commissaire de l’enquête publique, première semaine de mai qu’ on m’a remis une plaquette tape-à-l’oeil. Pendant l’attente dans le couloir, j’avais le temps de la regarder de près. .Mon tour venu, c’est à ce sujet que j’ai commencé mes observations pour le commissaire, tout en lorgnant vers de grosses liasses de documents accessibles au public, ouh-là ! Heureusement, quelques citoyens attentifs et dévoués ont compulsé et rendu abordable tout cela, ca. 2 500 pages ! J’y suis retourné pour feuilleter et vérifier ceci et cela, le dernier jour, vendredi 19 mai, j’ai remis au commissaire mes observations écrites. Les voici.

    **************
    Ingolf Diener
    19, rue de la Gaîté
    93400 Saint-Ouen

    Enquête Publique
    concernant projet dit
    Le Village des Rosiers

    J’ai entendu parler du projet pour la première fois dans la première semaine de mai 2017 et me suis rendu au bureau du Commissaire Enquêteur le samedi 6 mai 2017. Pendant l’attente, j’ai pu regarder la plaquette qu’on venait de me remettre. J’ai fait part de mes premières observations à Monsieur le Commissaire Enquêteur, je les reprends et les développe ici :

    I)
    1. Quel est le statut de cette plaquette ? Avec le logo de la Ville en haut de la Une et en bas de la 4e, on croit avoir un document officiel de la Ville entre les mains. L’expression enquête publique n’apparaît que deux fois, sur la 4e.
    2. Mais vu son aspect général, il s’agit d’une plaquette publicitaire municipale pour vendre ce projet aux Audoniens. Un fâcheux mélange du genre.
    3. La partie faite par la ville est bâclée : ainsi, le commissaire est censé rendre son rapport et ses conclsions même avant avoir eu entendu le public (2016 au lieu de 2017!) . Un beau lapsus : c’est déjà entendu ! Quant aux logos municipaux, ce sont ceux de la magistrature précédente.
    4. Derrière la devanture bucolique, il y des immeubles jusqu’à huit étages. Quel village !
    5. Dans un autre document reçu, il est question que le projet est en conformité avec la modification du PLU de 2015. Je me souviens bien de la réunion publique du 8/12/15 salle Barbara, il s’agissait de présenter la première étape de la révision du PLU et de détailler les orientations du PADD. Beaucoup de grands panneaux avec force détails, mais réunion tout sauf pédagogique : du haut débit très jargonnant, les grandes projections, pas le moment pour discuter par quoi cela pourrait se traduire dans les quartiers. A la fin de la réunion, je pose donc au maire ma question : « est-ce que vous allez faire tourner ce projet de PLU dans les quartiers dans les mois qui viennent ? » « Oui ! » a-t-il répondu.
    6. Il ne l’a pas fait. A la réunion juste un an plus tard dans la même salle Barbara, début décembre 2016, je l’interpelle, rappelle sa promesse. Il acquiesce tout bonnement : « je ne l’ai pas fait ».
    7. Ce n’est que fin mars 2017 qu’un habitant repère un avis d’enquête publique signé par le maire le 23 mars [www.soignetagaiche.fr] !

    Conclusion : Qu’un propriétaire privé tire des plans sur les Puces, c’est son droit. Que le maire de la commune concernée cache ces/ses projets à ses administré.e.s jusqu’à la veille de l’enquête publique
    publique, est une faute politique grave. Et l’aveu implicite que le projet ne séduirait peut-être pas
    ses administré.e.s

    II )

    Problème d’évaluation de la circulation (document section 2.8.1

    Le rythme de la circulation dans le quartier des Puces est très paticulier. La fin de semaine et le lundi sont les journées d’ouverture au public : quartier très animé dans tous les sens, très congestionné, et la rue des Rosier en embouteillage permanent. Le mardi, c’est relâche, rues et ruelles sont désertes. A partir de mercredi, les activités pucières reprennent : arrivée de camionnettes ou camions chargés de marchandise acquis aux ventes aux enchères et autres brocantes en province, les objets déchargés circulent entre marchands, remises et boutiques…, c’est le remue-ménage permanent, allant crescendo jusqu’au samedi.

    Habitant du quartier depuis plus de trente ans, je m’y suis fait. Après quelques déconvenues pour me faire livrer du fioul de chauffage, mon fournisseur et moi avions convenu qu’il ne vienne me livrer plus que le mardi et en petit camion-citerne, et ça passe sans encombre. 1

    C’est précisément un mardi, le 9/6/15, que la société d’enquête a fait son comptage de traffic dans la rue des Rosiers ! Consciente que le mardi n’y est pas un JOB (journée ouvrable de base), elle a « redressé [son chiffre] par rapport à la moyenne issue des comptages automatiques réalisés sur les rues des Rosiers, la rue du Dr Bauer et l’avenue Michelet ». Elle a donc majoré ses données de 2,5% pour le Carrefour des Rosiers (rue des Rosiers/Rue Paul Bert), et de 3,9% celles pour le carrefour Michelet.

    Donc comptage automatique des véhicules passant devant l’œil d’une caméra 24h sur 24. Un véhicule entre dans son champ de vision, dans un sens ou l’autre, le traverse et disparaît : clic, un passage, et ainsi de suite. La caméra n’enregistre rien de ce qui se passe hors son champ de vision, ni à droite ni à gauche. Est-ce qu’une voiture « cliquée » venait d’arriver, et continue sa route, à bonne allure ? Ou est-ce qu’elle a traversé le champ de vision en rampant péniblement dans son bouchon ? La méthode de comptage employée n’en dit rien.

    C’est quoi cette enquête de terrain qui ne permet même pas de faire la différence entre un presque vide dans une rue et un trop plein de véhicules ? Et c’est sur cette base que le projet Village des Rosiers prône l’implantation de 700 places de parking ? Rien que sur ce critère, le projet est tout simplement caduc.

    III)

    Pollution et graves nuissances de chantier
    D’autres observations concernent la très forte pollution des sols en métaux lourds et d’autres substanecs toxiques. Creuser des fondations jusqu’à 20m en profondeur, sortir et évacuer ses souterrains constitue un danger sanitaire durable pour les riverains, et cela va coûter très cher.

    Conclusion

    S’il est permis de rêver un tel projet, il ne convient pas d elui donner le feu vert.

    Je demande une prolongation de l’Enquête Publique et une réunion publique.

    Ingolf Diener

    • Et vous êtes candidat aux législatives ?

      Etre candidat pour le plaisir d’être candidat.

      Un conseil : retirez vous cela vous évitera de dépenser de l’argent inutilement parce que vu vos commentaires, je me demande comment vous pourriez être élu député.

        • C’est bien vague comme réponse. Pourriez vous être plus précis. C’est bien de vouloir éradiquer l’habitat insalubre mais par exemple logement social oui/non ?

          • Propriétaires, en accession a la propriété ou locataires, le logement et les charges y afférentes est le 1er point de dépense des familles.
            Pour les personnes en difficulté cela peut représenter jusqu’à 70% ou même plus des revenus.
            Malgré cela la composition du nouveau gouvernement ne comprend ni de ministère du logement, ni de ministère de la politique de la ville, ni de ministère de la jeunesse.
            Les 150 000 personnes privées de toit, les 4 millions de mal-logés et
            les 15 millions de français fragilisés par la crise ne seraient donc plus une réalité et
            même une urgence ? Et les problèmes de logement tous réglés ? Évidemment non ! Cette décision semble clairement dire « tant pis pour les familles qui galèrent». Je m’inquiète de cette absence pour le quotidien des familles de Seine Saint Denis. Pourtant Saint Denis, dont une majorité de quartier sont classés en zone QPV (Quartier Prioritaire de Ville) ou en zone QVA (Quartiers de Veille Active) est très concernés par les grands de projets nationaux de logement comme la résolution du logement dégradé (PNRQAD) , le nouveau plan national de rénovation urbaine (NPNRU), dans le cadre de la loi égalité-citoyenneté l’amélioration de la mixité sociale par la mise en place de la nouvelle politique des loyers (NPL). Ces projets sont ils remis en cause ? Quelle politique pour les aides a la pierre (FNAP) , pour les aides personnalisés au logement, pour les aides a la remise en état des propriétés privées (ANAH), pour les aides au financement des réhabilitations, pour la pérennité et l’avenir de la loi DALO ?

            • Pensez vous que le projet (que vous défendez ardemment) dans les puces s’inscrit dans la problématique que vous avez soulevé à juste titre : « Les 150 000 personnes privées de toit, les 4 millions de mal-logés et
              les 15 millions de français fragilisés par la crise »

  3. Eric, vas ton chemin, c’est le bon , c’est toi qui connait bien le contexte, comme disait le Vieux à Méluch, vas y fais ton chemin, tu connais le contexte et en plus tu connais tout ce qui colle au sujet avec tes formations, les audoniens devraient avoir confiance en toi…c’est l’avenir qui le dira!!! ton projet est le meilleur pour SAINT-OUEN…..

    • Sauf que la piscine municipale est l’oeuvre de la précédente majorité (ou celle d’avant je ne sais plus). A l’époque cela avait été très critiqué.

  4. La piscine municipale fermée, cela entraine des heures de transport supplémentaires en plus pour les audonienes et les audoniens s’ils veulent nager un peu.

    Les scooters de la cité Soubise traversent les quartiers d’habitation de Saint-Ouen-sur-Seine à deux heures du matin en réveillant une partie de la population. Cela veut dire des journées de travail difficiles pour des milliers d’audoniennes et d’audoniens.

  5. Je n’ai confiance ni en notre nouveau président ni en son gouvernement. Depuis sa prise de fonction, les signaux ne sont pas bons pour ce qui concerne les questions écologiques et sociales, qui semblent loin d’être les préoccupations majeures de notre élite. Même si l’illusion du renouveau et du « ni gauche, ni droite » semble réussie, et je crains que notre pays soit désormais aux mains de ceux qui font partie de ce système que notre ancien président François Hollande dénonçait et qualifiait de pire ennemi, sans nom et sans visage.
    Je garde espoir que les électeurs ne soient pas dupes et ne donneront pas les pleins pouvoirs à ce gouvernement lors des élections législatives.
    De plus, je ne veux pas que l’écologie authentique que j’ai vue naître en 1984 disparaisse au profit de l’écologie marketing. Lorsque j’ai décidé de m’investir personnellement et de me présenter dans notre circonscription, il était donc naturel pour moi de proposer à Antoine Waechter et au MEI de les représenter dans ma circonscription et de m’engager en portant des valeurs qui me sont chères et qui me semblent indispensables à une société saine.
    Rachid Lounes candidat première circonscription Seine Saint Denis.

  6. Dans tous les immeubles de Saint-Ouen ENEDIS installe de force ses compteurs LINKY sans l’accord des syndics.

    Il s’agit de revendre nos habitudes de consommation sur le marché mondial du big data et de faire beaucoup d’argent.

    Quand on sait qu’en 2016 ce marché représentait 109 milliards de dollars, on comprend la violence déployée par ENEDIS.

  7. Surtout le 11 et 18 juin, votez pour un député qui vous ressemble et à plein temps ! Votez Rachid Lounes, candidat écologiste sur la première circonscription de Seine Saint Denis ! Ni Abstention ! Ni vote blanc !

    • Vous pensez vraiment que l’on va voter pour vous ? Avec les réponses que vous nous faites sur ce blog. Et il n’y a toujours pas d’affiches vous concernant. 0,5% estimation haute, 0,2% estimation basse.

  8. « une montée en gamme de l’offre de logements qui semble exclure la construction de logements sociaux dans ce vaste programme, ce qui nous parait particulièrement dommageable pour l’équilibre sociologique du quartier dans un contexte de forte hausse des prix du foncier. »

    Aux Docks de Saint-Ouen-sur-Seine il y a 40% de logements sociaux et on commence à en voir les conséquences. Un groupe d’enfants vit dans la rue du matin au soir. Leurs parents ne s’en occupent pas. Certains enfants deviennent violents, ils piétinent les espaces végétalisés créés par la Sequano et font peur aux habitants de l’écoquartier. Des jeunes adolescents des logements sociaux de Paris Habitat entrent dans les copropriétés, s’installent dans les cages d’escalier et les dégradent. C’est l’enfer.

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