Bauer… et maintenant ?

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Si la descente du Red-Star en championnat National apparaît logique après une saison compliquée sur le plan sportif, il peut être aussi synonyme de retour du club emblématique de Saint-Ouen dans son antre légendaire du Stade Bauer ; et si la presse nous apprend que des contacts constructifs ont eu lieu entre la municipalité et le club pour que ce retour d’exil s’effectue bien, force est de constater que les problématiques demeurent les mêmes.
En effet, si homologation sportive du stade il y a, elle ne peut être que provisoire au vu des travaux à mener tant pour des raisons de qualité de l’accueil des joueurs et des spectateurs que pour éviter qu’en cas de nouveaux succès souhaitables le club soit de nouveau l’acteur principal d’un énième épisode d’une mauvaise série à rebondissements lassants pour savoir où il doit jouer ses matchs dès qu’il a le statut professionnel et évolue en L2 ou L1.
Or, les épisodes de Beauvais et du Stade Jean-Bouin ont achevé de convaincre que le Stade de France n’était pas la solution tant celle-ci, pourtant plus proche et la plus disponible semblait la moins accueillante pour des raisons financières et politiques peu ragoutantes comme le sport de haut niveau peut en avoir le secret.
L’attachement des Audoniens à leur club, le besoin pour celui-ci de retrouver un stade sain et stable, l’échec des autres pistes obligent décidément tout le monde à faire preuve de bonne volonté et à tirer les leçons du passé.
Cela signifie donc d’abord l’expression claire et nette par la municipalité du souhait de voir ce stade restauré, aménagé, embelli, et mis aux normes. Pour cela, la problématique foncière doit être abordée en toute transparence et permettre de sauvegarder le site. Dire par exemple que l’on est pour le maintien du Stade Bauer et en même temps valider à travers le projet de « Village des Rosiers » un ensemble immobilier gigantesque dont les plans peuvent laisser deviner une deuxième phase sur l’actuel terrain de football de Joliot-Curie en posant donc la question de la pérennité sportive du secteur est assez troublant. Déjà là, William Delannoy doit être plus clair sur ce qu’il veut faire.
Et puis, les modèles économiques dans le sport de haut niveau amènent quasiment systématiquement aujourd’hui les clubs à gérer voire à être propriétaires de leur enceinte ; aussi bien pour des questions d’efficacité et de souplesse financière que pour éviter de laisser aux communes les charges d’exploitations quand eux se gardent la billetterie et autres recettes publicitaires en reversant un faible écot à la collectivité. Il n’est que le temps donc que le club dise si oui ou non il est prêt à organiser le tour de table nécessaire avec des investisseurs privés pour étudier cette piste. L’envasement lamentable du dossier ces dernières années sur fond de querelles politiques fastidieuses des collectivités à rénover le stade a en effet achevé de démonter que l’argent public n’irait pas vers Bauer, ou tout du moins que les conditions n’étaient pas prêtes d’êtres réunies. Les engagements à répétition d’un Président de la République, de ministres, et autres acteurs locaux de la même obédience sur la rénovation « prochaine » ou même « dans les semaines à venir » du stade ont tout juste permis de donner un sens très concret localement à l’expression : « c’est pas demain la veille »…
La piste du fiancement participatif (ou « crowfunding ») telle que le Collectif des Supporters Red-Star Bauer l’a menée a au moins permis de montrer que la piste citoyenne pouvait être étudiée pour l’élaboration d’alternatives intéressantes et que l’attachement populaire incarné par ces supporters citoyens était réel et constructif ; peut-être le temps est venu donc des initiatives privées faisant preuve de souplesse, d’inventivité, et intéressées uniquement par la rénovation du stade autour d’un projet neuf. Lors de son dernier entretien sur ce sujet au journal Le Parisien, William Delannoy avait déclaré être prêt à signer un bail emphytéotique pour 1 euro annuel à qui voulait rénover le stade. Notre cher édile serait donc bien inspiré aujourd’hui de respecter au moins cet engagement pris publiquement et, par exemple, de lancer un appel à projet pour rénover le stade.

A condition de vraiment le vouloir, naturellement.

Henri Lelorrain

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Une réflexion au sujet de « Bauer… et maintenant ? »

  1. Monsieur Lelorrain,

    Vous nous décrivez extrêmement bien la problématique dans sa globalité. Je partage sincèrement votre analyse.
    Je ne peux toutefois m’empêcher de vous demander la raison pour laquelle vous n’avez rien fait pour régler ce problème lorsque vous étiez « notre » adjoint aux sports de 2008 à 2014. La situation était exactement là même durant votre mandat.

    Cordialement

    Jean-Marc

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