Grand hôpital : compromis en vue, financements hypothétiques

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Le Campus hospitalo-universitaire Grand Paris Nord (CHUGPN) à Saint-Ouen à l’horizon 2025 est désormais sur les fonds baptismaux avec la signature d’un protocole d’accord[1] (ci-joint) notamment entre l’Etat, l’AP-HP et la Ville d’ici quelques jours.[2] Un succès pour William Delannoy ? A voir, car quelques interrogations et non des moindres subsistent.

Projet pharaonique contesté par ceux qui voient dans le regroupement Bichat- Beaujon des économies avec la suppression de centaines de lits ou de postes, projet d’avenir ambitieux conjuguant efficacité et progrès de la médecine ambulatoire pour d’autres. Une certitude, à l’origine personne à Saint-Ouen ne militait vraiment pour accueillir cet équipement majeur[3] (estimé à 1 milliard d’€ à ce jour). En tout cas, ni l’ancien Maire, ni le nouveau[4].

Ce dernier fraichement élu a ainsi tout fait pour que le projet ne se positionne pas (ou le moins possible) sur les terrains de la ZAC des Docks bordant le boulevard Victor Hugo. Terrains destinés à du logement avec des recettes prévisionnelles sans lesquelles la participation communale aurait dû être augmentée.[5] Il s’y est opposé également pour maintenir un front bâti et un futur linéaire commercial sans interruption sur Victor Hugo. Une position tranchée repoussant le plus loin possible dans l’actuelle zone industrielle (parc Valad) le complexe hospitalo-universitaire. Une prise de position qui semble avoir payé. Du moins au stade actuel.

Sans rejeter tout le raisonnement « communal » de William Delannoy, nous pensions ici que l’accessibilité pour les patients, salariés et visiteurs nécessitait qu’une partie au moins de l’hôpital avec son entrée principale devait aborder le boulevard Victor Hugo (côté Place Glarner) et bénéficier de la proximité immédiate de l’interconnexion ligne 14 et REC[6]. Ceci n’empêchant pas d’exiger des garanties fortes sur un point essentiel pour toute la ZAC des Docks : un large franchissement (routier et piéton) des voies ferrés actuelles permettant un nouvelle liaison entre Saint-Ouen et Clichy.[7]

Enfin, les terrains d’activités (parc Valad) finalement retenus sont aujourd’hui occupés par de nombreuses activités et leurs salariés. Ils seront sans doute plus difficile à libérer avec d’inévitables dérives des coûts et des délais. Mais nous sommes c’est bien connu d’incorrigibles pessimistes[8].

Bref, les choses étant lancées, si nous sommes encore de ce monde, nous verrons à l’arrivée.

Pour l’heure, il faudra bien s’assurer, dans le contexte politique incertain d’aujourd’hui, que le franchissement des voies ferrées (pour rendre tout cela possible aisément) est bien inscrit dans le prochain contrat de plan Etat Région (CPER) 2020-2025 ou… plus tard.

Sur le volet universitaire du programme (7 000 étudiants !) il sera sans doute nécessaire de bien faire les comptes et vérifier les plannings puisque le financement dépend des produits de cession des sites libérés qui auront donc trouvés preneurs.[9]

Pour les menus travaux il sera également utile de savoir assez vite si nos amis électriciens nationaux pourront puiser dans leur cassette pour déplacer en temps utile la ligne à très haute tension qui traîne dans le secteur du futur Campus.

Dans l’immédiat les « parties » [10] s’engagent une petite dizaine d’études (pour 810 000 €) piloté par l’aménageur public de la ZAC des Docks Séquano et sur un lourd programme de travail (voir pages 4 et 5 du protocole ci-dessous).

Celui-ci allant des conditions de d’acquisition du site Valad à la préparation de l’enquête publique en passant par le partenariat en matière de politique locale de santé, de formation, de développement économique, et d’accès à l’emploi notamment pour les jeunes du territoire. La Ville (visiblement experte en la matière) sera un facilitateur pour la concertation avec le public menée par L’Université et l’AP-HP.

C’est Alain Neveü, ingénieur général[11], qui assurera la Présidence du Comité opérationnel de suivi du protocole d’accord et ajoutons à nous autres, citoyens de cette ville, au-delà de l’implantation précise du Grand Hôpital, d’être vigilants sur les engagements, les financements et les délais. s’il se réalise effectivement.

Bien évidemment ces premières informations très partielles seront bientôt compléter utilement. Déjà par les débats au prochain Conseil municipal du 12 décembre et dans la foulée par la publication d’un « prochain journal municipal » (comme l’a indiqué William Delannoy dans son dernier éditorial de novembre) qui nous donnera « tous les détails et plans pour visualiser cette future implantation prévue à l’horizon 2025 ».

Et espérons un peu plus que des images et des formules à l’emporte-pièces…

Eric PEREIRA-SILVA

Fiche récapitulative sur le GRAND HOPITAL

Objectif rééquilibrer l’offre de soin hospitalière au profit du Nord de Paris avec l’ambition de rééquilibrer l’offre de soins de premiers secours. Le projet universitaire et de recherche est lié au campus Paris Rive Gauche de l’Université Paris Diderot.

Emplois  : 5 700 dont 1 200 médecins

Etudiants : 7 000

[1] ledit protocole (dans sa version définitive ci-après) devrait être approuvé, sans sourciller, par la Majorité municipale au prochain Conseil municipal du lundi 12 décembre (délibération n°23). Il comprend le « schéma d’implantation du futur campus universitaire et du collège » correspondant au plan que nous avions déjà publié le 18 novembre http://www.soignetagauche.fr/2016/11/grand-hopital-premiers-symptomes/

[2] une signature a priori le lundi 9 décembre en Mairie. Pour mémoire, comme si c’était fait, W. Delannoy dans l’éditorial du journal municipal de novembre écrivait déjà « je suis donc fier de vous annoncer la signature du protocole de partenariat de ladite implantation du futur hôpital »

[3] un projet estimé à ce jour à 1 milliard d’euros !

[4] seuls les supporters du gouvernements ont revendiqué (tardivement) le soutien à ce projet si ce n’est sa paternité.

[5] participation d’équilibre (entre les Dépenses et les recettes) augmentées dans le cas assez probable où l’Etat et ‘AP-HP se feraient tirer l’oreille pour payer à ce prix le foncier. Des participations rappelons-le déjà très lourdes pour la commune pour une opération en réalité d’envergure métropolitaine.

[6] on attend avec impatience un plan de principe avec les différents cheminements piétons (et leur longueur précise) jusqu’aux bouches d’entrée du RER et du futur métro

[7] une voie « secondaire » (sur le tracé de l’ancien chemin du Landy) parallèle à Victor Hugo déchargeant ce boulevard d’une partie de la circulation locale.

[8] six mois avant l’élection municipale nous affirmions ainsi que William Delannoy resterait peut être en pole position au 2ème tour !

[9] sauf erreur : Villemin Paris 10ème et Bichat Paris 18ème (Université Paris Diderot)

[10] Etat, AP-HP, Ville, et aussi Agence Régionale de Santé (ARS) , Conseil Départemental 93, Etablissement Public Territorial Plaine Commune, Université Paris –Diderot…

[11] Ingénieur des Ponts et chaussées, polytechnicien et qui fut jadis conseiller technique de la Ministre Dominique Voynet.

Dernier projet de protocole d’accord pages 1 à 9 

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8 réflexions sur « Grand hôpital : compromis en vue, financements hypothétiques »

  1. Immense succès pour tous les Audoniens grâce à la combativité, la persévérance et aux grandes qualités visionnaires de notre Maire.
    William Delannoy laissera sans aucun doute dans l’histoire sa trace comme grand Maire bâtisseur pour notre ville.

    Bien dommage que Monsieur Pereira soit trop aveuglé par son idéologie pour le reconnaître.

  2. L’évasion fiscale nuit gravement à la santé !

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    Un article de Reporterre

    Les faucheurs de chaises repartent à l’action contre l’évasion fiscale

    Extrait de fin d’article

    « Quand on ne comprend pas ce qu’il se passe, on est dépossédé de notre pouvoir de citoyen.

    Or, sur l’évasion fiscale, on est tous embrumés, c’est technique, complexe. Plus on réussira à expliquer ça avec des mots simples, plus les citoyens pourront s’en emparer.

    Car c’est bien notre problème à nous, gens pas très riches : cet argent devrait être utilisé pour les services publics. »

    Les faucheurs insistent sur une chose : « L’argent pour le climat, la transition écologique et la justice sociale existe. Il est dans les paradis fiscaux. »

    Et donnent des chiffres : 60 à 80 milliards d’euros par an, selon eux, rien que pour la France.

    Alors qu’il faudrait 3,5 milliards d’euros par an sur 10 ans pour convertir toutes les terres agricoles au bio ou encore 5,65 milliards par an pendant 9 ans pour rénover le réseau ferré, entre autres mesures.

    « Les banques sont comme des vampires, analyse Jon Palais.

    Elles pompent notre sang, mais la lumière les effraie.

    C’est un système dont la nature est d’être opaque, qui met énormément d’argent dans la pub et l’écoblanchiment.

    Nous, avec trois fois rien, on vient apporter un contre message. »

    https://reporterre.net/Les-faucheurs-de-chaises-repartent-a-l-action-contre-l-evasion-fiscale

  3. La libération des terrains Valad pourra t-elle etre reprochée quant le projet des JO comprends la même opération avec le haut de la rue Saint-Denis et son plateau économique.

    Comme toujours la question des retombées en terme de formation et d’emploi pour les Audoniens est posée, et demeure sans réponse institutionnelle. Pouvons espérer la réalisation de la Maison de l’Emploi à Saint-Ouen, seule ville de Plaine commune a ne pas en disposer!?

    Enfin pour les cheminements, ne peut-on envisager un transport équivalent à celui qui lie les pavillons du Parc des expositions de la porte de Versailles, c’est à dire un tapis roulant couvert comme à Montparnasse.

  4. Merci de signaler que “les terrains d’activités (parc Valad) finalement retenus sont aujourd’hui occupés par de nombreuses activités et leurs salariés.” Il y a notamment
    La Poste et une activité d’escalade Bloc’out.

  5. En complément de l’invitation ci dessous à la projection-débat à l’Espace 1789, l’écoute de Bernard FRIOT du Réseau Salariat sur l’histoire la sécurité sociale est primordiale.

    Voire plusieurs écoutes, car une ne suffit pas, tant nos cerveaux sont formatés

    Une autre lecture de la sécurité sociale et de la fonction publique
    http://www.reseau-salariat.info/a9b38d708738b0df583d4602873d63c2?lang=fr

    Y a d’autres thématiques en vidéos, conférences gesticulées, dont le revenu à vie, très très très différent du revenu universel
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    Bonjour,

    Mardi 31 décembre à 20h30, l’Espace 1789 organise une rencontre autour du documentaire La sociale de Gilles Perret.

    A l’issue de la séance Anne Gervais, médecin, porte-parole du mouvement de la défense de l’Hôpital public et intervenante dans le film, échangera avec le public.

    Ce film évoque les origines et la mise en place de notre système de santé.

    Pour découvrir une bande annonce de ce film, vous pouvez cliquer ici.
    http://espace-1789.com/film/la-sociale

  6. Un article de Bastamag

    Dans la droite ligne si j’ose dire de la loi Hôpital Entreprise de Bachelot Roselyne ministre de Sarkosy.

    Mais la rose ligne est du même tonneau, avant et après Bachelot.

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    Santé publique

    Soumis à l’austérité budgétaire et au management néolibéral, l’hôpital est au bord du burn-out

    Nolwenn Weiler

    20 000 postes ont été supprimés dans les hôpitaux français en quinze ans. Sur le terrain, le travail s’intensifie, les soignants ne cessent de courir après des objectifs intenables, et finissent souvent par s’effondrer.

    Ils ont l’impression de négliger les patients, et perdent le sens de leur travail. Ils craignent de commettre des erreurs et tirent la sonnette d’alarme : la qualité des soins diminue dangereusement et la mortalité des patients s’accroît.

    Mais cette sévère cure d’austérité devrait se poursuivre : le dernier plan de financement des hôpitaux présenté par l’actuel gouvernement promet 20 000 suppressions supplémentaires.

    L’avenir de l’hôpital se jouera aussi lors de ces élections présidentielles.

    Extrait
    “Intensification incessante du travail

    Selon nombre de soignants, ce travail à flux tendu dure depuis une quinzaine d’années, suite au passage aux 35 heures, mais sans les embauches correspondantes, et suite à l’instauration de la tarification à l’activité, plus couramment appelée « T2A ».

    « Chaque établissement est désormais financé en fonction de sa production d’actes de soins et de sa rentabilité, détaille la CGT. Il faut produire un nombre d’actes de soins suffisant, et diminuer les coûts.

    Donc faire plus avec moins. » [1] « Le personnel, c’est 72% de la masse budgétaire. C’est la première variable d’ajustement », précise Thierry Amouroux, secrétaire général du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI)”

    Le début et la suite
    https://www.bastamag.net/Soumis-a-l-austerite-budgetaire-et-au-management-neoliberal-l-hopital-est-au

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