Les deux premiers ?!

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Etablies par une dizaines d’internautes, sollicités par le blog,  nous avions posé « Cinq questions pour cinq listes » candidates aux prochaines élections Départementales. Une sorte de présage pour les futurs « finalistes » ? Quasi ex aequo, deux listes ont d’ores et déjà « répondu », celle d’Hérvé Chevreau – Marie Magrino (Divers Droite) (1) et de Frédéric Durand – Véronique Dubarry (FDG – Ecologiste) (2). La première ultra sobre, voire minimaliste, (avec des grands principes clairs et quelques propositions très précises), l’autre trés longue et détaillée  sur 8 pages (restituant positionnements, nombreuses informations, contexte ou enjeux globaux ). Bref, pour tous les goûts.

En espérant que les autres candidats (3) daigneront eux aussi  se « brancher » sur ce petit exercie démocratique, nous livrons ces premières réponses à l’appréciation des lecteurs de ce blog.

A suivre donc…

LISTE Hervé Chevreau – Marie Magrino (Divers Droite

 1/ Une des missions du Département est de protéger les populations les plus fragiles. Pour cela les différents types de structures d’accueil en direction des jeunes enfants et des personnes âgées sont en nombre insuffisant sur notre territoire. Comment comptez-vous agir au sein du Conseil Départemental et en lien avec les municipalités pour répondre à une demande qui explose ?

Les crèches départementales sont inégalement réparties entre les trois villes du canton : Saint-Ouen dispose de cinq structures, alors que L’Île-Saint-Denis et la partie d’Épinay-sur-Seine qui est dans le canton n’en ont qu’une seule chacune.

Nous nous engageons à rénover :

– la crèche Quai du Moulin (L’Île-Saint-Denis), cette année

– les crèches La Motte et Bauer (Saint-Ouen) et celle d’Orgemont (Épinay-sur-Seine), pour 2017

– la crèche Moutier (Saint-Ouen), pour 2018

– et la crèche Bourdarias (Saint-Ouen), pour 2020.

Il faut aussi améliorer l’offre puisque d’importants projets immobiliers, qui vont attirer des nouveaux habitants, sont en cours dans les trois communes du canton. C’est pourquoi nous nous battrons pour qu’une nouvelle crèche départementale soit installée dans chaque ville, d’ici 2020.

En outre, il ne faut pas oublier que le Département finance une partie de la construction et du fonctionnement des crèches municipales. Par conséquent, il est indispensable d’augmenter le montant du FODDAC (Fonds Départemental de Développement de l’Accueil Collectif), pour encourager les villes à construire elles aussi des crèches (comme à Épinay-sur-Seine, où 3 crèches et 2 multi-accueils ont été créés par Hervé CHEVREAU, avec le soutien du Département). Par ailleurs, il convient de rétablir les subventions pour les crèches privées car les crèches publiques et associatives ne pourront pas absorber seules la hausse des effectifs.

Concernant les structures d’accueil pour les personnes âgées, c’est l’ARS (Agence Régionale de Santé) qui est désormais à l’initiative des projets de créations. Les élus ont donc moins de prise sur la décision. Toutefois, nous favoriserons la mise à disposition de terrains départementaux et nous ferons pression pour que les villes agissent de même avec des terrains municipaux, ce qui permettra d’encourager les initiatives privées.

2/ Le futur hôpital Nord du Grand Paris pourrait s’installer à Clichy ou Saint-Ouen. L’objectif officiel est de « rééquilibrer l’offre hospitalière et universitaire de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) au nord de la métropole ». Et si le méga-projet, décidé au national, finissait en prétexte pour les décideurs du local et départemental à ne plus penser une politique de santé autonome (maisons de santé, dispensaires…) ? Connaissez-vous des doléances concrètes à Saint-Ouen auxquelles, si élu(e), vous aimeriez répondre ?

Le secteur hospitalier est différent de la médecine de ville car il ne s’agit pas du même type de soins.

Il faut donc favoriser l’implantation du nouvel hôpital Nord du Grand Paris dans notre canton, si possible à Saint-Ouen. Son arrivée permettra de créer des emplois et de l’activité économique à proximité, ce qui sera bénéfique pour notre territoire.

En parallèle, il est également nécessaire de mener une politique de santé autonome, comme Hervé CHEVREAU l’a fait à Épinay-sur-Seine, la ville dont il est le Maire. Avec l’ouverture du centre médical Asnan à Orgemont il y a un an et l’installation prochaine d’une Maison de Santé Pluridisciplinaire dans le centre-ville d’Épinay-sur-Seine, il a su développer une médecine de proximité, en regroupant différents professionnels de santé sur plusieurs sites.

 

3/ Le Département développe depuis plusieurs années le dispositif La Culture et l’Art au Collège qui permet à de nombreux collégiens de bénéficier de parcours culturels visant la rencontre avec des œuvres et des artistes. Comment pensez-vous l’articuler avec les politiques municipales culturelles ? Le Département peut-il continuer à accompagner des projets qu’une municipalité a décidé de ne pas subventionner ?

Si les villes concernées le souhaitent, le dispositif La Culture et l’Art au Collège doit s’articuler avec les politiques municipales culturelles, en particulier en créant des passerelles avec les classes de CM2. Ainsi une continuité pourra voir le jour entre l’école élémentaire et le collège. Par exemple, c’est le cas à Épinay-sur-Seine, avec les dispositifs d’éveil au cinéma, qui se succèdent de la maternelle au lycée.

Dans la limite de ses moyens financiers, le Département doit continuer à accompagner des projets qu’une municipalité a décidé de ne pas subventionner. La réciproque vaut également : une Ville peut subventionner un projet que le Département a choisi de ne pas financer.

 

4/ Lors de la mandature précédente, la majorité municipale projetait en 2010 le réaménagement de la place de la République. Ce projet est resté dans les cartons suite à l’arrivée programmée de la ligne 14 à la Mairie de Saint-Ouen. La fin des travaux en 2019 suppose toujours une réorganisation de l’espace public autour de l’Hôtel de ville. Comment envisagez-vous la suite de ce projet dont le Conseil Départemental est partenaire (grands axes de circulation départementaux) ?

Sur ce dossier, le Département de la Seine-Saint-Denis et la Ville de Saint-Ouen sont partenaires. Ils doivent donc s’entendre pour aboutir à un projet commun. Il nous semble indispensable que ce projet renforce les circulations douces (piétons, vélos), afin que les piétons ne soient plus « exclus » de cet endroit par l’important flux automobile.

 

5/ La problématique liée à la construction d’un nouveau stade dans le quartier des Docks a été beaucoup évoquée lors des élections municipales. Dans le cadre du mandat départemental, quelle est votre réflexion quant à la pertinence d’un tel projet face à la réhabilitation du stade Bauer dans son quartier ?

Nous soutenons la réhabilitation du stade Bauer dans son quartier. Cette dernière doit se faire en deux temps :

– à court terme, il est urgentissime de mettre aux normes le stade Bauer, pour que le Red Star puisse jouer en Ligue 2 dès l’ouverture du championnat, s’il obtient sa montée ; nous nous félicitons que le Département de la Seine-Saint-Denis, la Communauté d’agglomération Plaine Commune et la Ville de Saint-Ouen soient prêts à financer la mise aux normes ;

– à moyen terme, une réhabilitation d’envergure doit avoir lieu sur site, pour ne pas briser le lien historique qui unit les supporters du Red Star au stade Bauer. Cette réhabilitation doit se faire avec la participation financière de toutes les collectivités concernées, non seulement le Département mais aussi la Communauté d’agglomération, la Ville, la Région Île-de-France et l’État, ainsi que les investisseurs privés intéressés.

 

LISTE Frédéric Durand – Véronique Dubarry (FdG – Ecologiste) 

En préambule :

Merci de nous solliciter et de contribuer ainsi à la participation citoyenne désormais indispensable à la mise en œuvre des politiques publiques. A fortiori à l’échelon local. Précisons que pour être effective, elle doit constituer selon nous un aller – retour entre potentiels élus et citoyens et non un aller simple. Nous serons donc preneurs, maintenant et tout au long du mandat si les électeurs nous choisissent, des suggestions et propositions émanant de la société civile et de vos contributeurs.

Nous nous donnerons les moyens, si nous sommes élu-e-s, d’organiser des rencontres régulières avec les habitants pour échanger sur notre mandat, répondre à leurs demandes, mais aussi réussir avec eux les mobilisations quand elles sont nécessaires pour emporter les bonnes décisions.

Les questions qui nous sont posées, si elles relèvent de préoccupations légitimes de vos internautes, sont, pour certaines, en dehors du strict champ d’action du futur Conseil départemental. Nous y donnons néanmoins notre opinion en tentant de voir comment nous pourrions contribuer, dans notre action, à y apporter des réponses

Il nous faut ici poser une condition à la bonne compréhension de nos propositions : Celle des moyens dont dispose la collectivité. Il est impossible d’avoir un raisonnement purement local pour la bonne raison que l’essentiel des finances dont dispose le Département est lié au bon vouloir de l’Etat. Bien malin (ou menteur) celle ou celui qui peut raisonner local sans raisonner global. Nous lancerons, si nous sommes majoritaires, une grande mobilisation citoyenne pour que la Seine-Saint-Denis se voit attribuer les moyens nécessaires pour répondre aux besoins urgents de la population.

Rappelons que l’Etat doit à ce jour deux milliards d’euros au 93. Hier, quand Sarkozy était aux commandes, le PS réclamait avec nous le remboursement de cette dette liées à la non compensation des compétences transférées depuis 10 ans. Aujourd’hui c’est le grand silence de côté socialiste. Pire, dans le plan Valls de restrictions budgétaires aux collectivités ce sont 22 millions d’euros qui vont être supprimés chaque année au 93. C’est suicidaire quand on connait les difficultés sociales et humaines que notre département rencontre.

Dans le même temps ce gouvernement prétendument de gauche offre aux entreprises du 93 cent millions d’euros en défiscalisation dans le cadre du CICE. Et lorsque nous interrogeons le préfet, car bien sûr nous pouvons encourager l’aide aux petites et moyennes entreprises qui souvent sont les plus créatrices d’emplois et n’ont plus accès au crédit, ce dernier nous répond que, sous couvert de secret fiscal, il ne peut nous dire quelles sont les entreprises bénéficiaires, pour l’essentiel des filiales de grands groupes, qui n’ont pas besoin de cet argent. ( Ex : Alstom a touché 6,3 millions et dans le même temps supprimé près de 200 postes à Saint-Ouen)

Il est important selon nous de comprendre que l’austérité imposée n’est pas la conséquence d’un manque d’argent en France, mais d’une forte inégalité dans la répartition de cet argent. Raison pour laquelle les dividendes versés aux actionnaires ont fait des bonds prodigieux dans notre pays entre 2013 et 2014.

 

1/ Une des missions du Département  est de protéger les populations les plus fragiles.  Pour cela  les différents types de  structures d’accueil en direction des jeunes enfants et des personnes âgées sont en nombre insuffisant sur notre territoire.  Comment comptez-vous agir au sein du Conseil Départemental et en lien avec les municipalités pour répondre à une demande qui explose ?

Petite enfance : notre département a le taux de couverture des besoins en modes d’accueil des jeunes enfants le plus faible de France métropolitaine alors que nous avons le taux de natalité le plus élevé. Nous proposons un soutien accru aux villes et aux crèches d’entreprises par la levée complète du moratoire sur l’investissement.

Pour rattraper le retard en matière de mode de garde des jeunes enfants nous proposons de débloquer en urgence le plan prévu d’un budget de 20 à 30 millions d’euros pour le création de 3000 places d’accueil diversifiées supplémentaires ainsi que les rénovations et extensions nécessaires au patrimoine des 55 crèches départementales.

Nous proposons la création de structures spécialisées pour l’accueil d’enfants handicapés dès la crèche.

Nous proposons d’augmenter la dotation aux crèches associatives (de 6 à 8 euros par place).

Nous proposons enfin d’instaurer des instances participatives des parents à la vie et au projet de la crèche.

Nous sommes favorables à un dialogue entre l’Etat, les communes et le Département en lien avec l’Education Nationale et les enseignants et les parents d’élèves pour l’accueil des enfants dès 2 ans à l’école maternelle.

Personnes âgées :

Nous proposons de relancer la construction de nouvelles places en établissements tout en travaillant au maintien à domicile lorsque c’est possible et souhaitable.

Nous proposons de définir une politique de tarification des établissements pour la maîtrise de l’évolution des coûts de journée.

Nous proposons la reprise du financement des projets innovants tels que logements autonomes ou hébergements autogérés. Un soutien accru au développement des services à domicile. Une action concertée avec les villes en matière de logements pour les personnes âgées (et handicapées). Le renforcement du soutien aux aidants familiaux.

Nous proposons enfin que le Département puisse coordonner l’ensemble des acteurs pour améliorer la prise en charge des personnes et leur suivi.

 

2/ Le futur hôpital Nord du Grand Paris pourrait s’installer à Clichy ou Saint-Ouen. L’objectif officiel est de «rééquilibrer l’offre hospitalière et universitaire de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) au nord de la métropole». Et si le méga-projet, décidé au national, finissait en prétexte pour les décideurs du local et départemental à ne plus penser une politique de santé autonome (maisons de santé, dispensaires…) ?Connaissez-vous des doléances concrètes à Saint-Ouen auxquelles, si élu(e), vous aimeriez répondre ?

Si nous ne sommes pas opposés en soi à un projet d’implantation d’un grand Hôpital Nord, nous refusons que celui-ci se fasse au détriment des hôpitaux Lariboisière, Bichat et Beaujon.

Le projet actuel de l’Hôpital Universitaire du Grand Paris Nord, annoncé sous la présidence de Nicolas Sarkozy et piloté aujourd’hui par le gouvernement de Manuel Valls, imposerait la fusion des hôpitaux Bichat-Beaujon, soit leur disparition pure et simple, au sein d’un grand Hôpital Nord.

Nous craignons que ce projet ne réponde en réalité qu’à un souci de rigueur budgétaire au moment même où Marisol Tourraine annonce un plan d’économies sur les dépenses de l’assurance maladie de 10 milliards d’euros dont 3 milliards sur le dos des hôpitaux d’ici 2017. La ministre de la Santé l’avoue elle-même : les grands plateaux techniques, s’ils répondent effectivement à un souci d’économie, ne répondent pas à la nécessité d’offres de soins de proximité.

Dans ce cadre, nous refusons que l’Hôpital Nord soit le prétexte à la suppression de 400 à 600 lits comme le projet le laisserait actuellement prédire. L’échec de l’Hôpital du Sud Francilien, dont le financement provenait d’un partenariat public-privé, démontre que la nécessité de disposer d’un grand hôpital à la pointe de la technologie ne doit aucunement se faire au détriment de l’exercice ambulatoire et des besoins de santé des populations.

Proposé comme tel aujourd’hui, avec le peu d’informations dont nous disposons, nous craignons in fine un scénario similaire à celui de l’Hôpital Sud Francilien avec à la clé la suppression de lits dont l’offre ne put jamais être compensée et un bilan désastreux à la fois pour la sécurité des patients et les finances publiques.

De plus, aucune réflexion n’est apportée sur le désengorgement des urgences, dont la fusion des hôpitaux Bichat-Beaujon et la suppression de centaines de lits ne feraient qu’aggraver la situation. L’urgence aujourd’hui est de répondre aux besoins sanitaires des populations en assurant une égalité d’accès à des soins de proximité et de qualité sur le territoire : la politique de l’AP-HP de déshabiller Pierre pour habiller Paul ne rime à rien. Justement, qu’en est-il de la proposition de William Delannoy de construire un quatrième centre municipal de santé ?

Par ailleurs, le gouvernement socialiste n’est toujours pas revenu sur la tarification à l’activité (T2A) mise en place sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy et qui impose une mise en concurrence généralisée et parfaitement déloyale entre les établissements publics et privés, poussés à faire le plus d’activités de soins possible afin de rapporter toujours plus d’argent.

Les cliniques privées n’hésitent plus à rediriger vers l’hôpital public, en grande souffrance aujourd’hui, tous les patients qui ne seraient pas assez « rentables ». Patients que le public, lui, accueille encore naturellement. Pour le moment … En somme, pour nos dirigeants actuels, la santé n’est plus qu’une marchandise : l’hôpital Nord ne doit pas se construire dans ce contexte.

Ce projet ne doit certainement pas se faire sans l’avis des populations concernées et attachées à l’offre de soins de proximité et les personnels des hôpitaux qui manifestent aujourd’hui leurs inquiétudes.

Si cette question relative à l’hôpital Nord est un souci légitime de vos internautes, il est juste de rappeler que ce projet à proprement parler n’est pas du ressort du Département. C’est l’Etat et le maire qui ont le dossier entre les mains et qui ne nous en ont donné aucune connaissance. Nous savons néanmoins que son implantation dans les Docks remet en question la construction de plus de 1 000 logements. De fait, il va changer la vocation même de cette zone et il nous parait juste de ne pas se lancer dans un projet d’une telle envergure sans demander l’avis des populations. Malheureusement, William Delannoy, incapable d’anticiper et n’ayant aucune véritable vision de la ville en terme d’aménagement, nous craignons qu’il ne se voit imposer, et nous avec, les uns après les autres, des projets décidés par les strates supérieures totalement éloignées des réalités et des besoins locaux. C’est pour cela qu’il est nécessaire que soient associés au projet de construction de l’hôpital Nord tous les élus locaux, tous les habitants mais aussi tous les personnels soignants, légitimement inquiets pour leurs emplois et leur futur cadre de travail.

Plus généralement, face à la désertification médicale que nos quartiers subissent, nous souhaitons assurer un maillage territorial en offre de soins diversifiés et répondant réellement aux besoins de santé des populations. Nous souhaitons participer au développement d’établissements publics médico-sociaux de proximité, à l’image des centres de santé ou des centres de Protection maternelle et Infantile (PMI) et favoriser l’implantation de médecins libéraux en secteur 1, généralistes comme spécialistes, que le département pourrait aider à l’installation dans nos quartiers populaires.

Pour rappel, 150 000 à 300 000 personnes ne bénéficient pas de couverture maladie en Seine-Saint-Denis : l’accessibilité géographique comme financière de soins de qualité est indispensable.

Nous souhaitons le développement d’hôpitaux de taille humaine, répartis équitablement sur l’ensemble du territoire et prenant en compte la démographie, les origines sociales des populations et les besoins de santé des territoires.

Nous nous battrons pour protéger nos centres de dépistage des maladies sexuellement transmissibles (MST) et nos centres de lutte contre la tuberculose, menacés de fermeture en raison de la suppression du financement alloué par l’assurance maladie (15% du budget santé du conseil général) dans un département où la tuberculose, « maladie de pauvre », revient en force et où les MST font toujours plus de dégâts qu’ailleurs.

Dans les villes populaires, les besoins de santé sont souvent plus prégnants puisque les familles modestes et les classes populaires sont davantage exposées aux accidents du travail, aux maladies liées aux mauvaises conditions de vie relatives au logement, au transport, etc., subissant la surpopulation dans des appartements insalubres à l’origine de pathologies spécifiques. Les populations de Saint-Ouen, de L’Ile-Saint-Denis, d’Epinay-sur-Seine mais aussi du 18ème arrondissement de Paris sont directement concernées par ces problématiques, ces mêmes populations qui ont moins que les autres les moyens de se soigner en dehors de l’hôpital public et qui refusent souvent, pour des raisons financières, de se soigner convenablement.

Des doléances concrètes à Saint-Ouen concernent la désertification médicale de certains quartiers, les temps d’attente pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste, le manque de certaines spécialités médicales sur le territoire de la commune, les dépassements d’honoraires intolérables appliquée par certains praticiens, le fait que SOS médecins refuse de se déplacer en Seine Saint-Denis, … voici autant de problématiques auxquelles nous souhaitons apporter des réponses.

Le Département peut et doit être un levier pour résoudre ces difficultés en facilitant l’implantation et le travail pluridisciplinaire de médecins en secteur 1 et de professionnels de santé sur tout le territoire, en signant une convention avec SOS médecins, en travaillant à la mutualisation de spécialistes sur plusieurs centres de santé de diverses villes du territoire, etc

 

3/ Le Département développe depuis plusieurs années le dispositif   la Culture et l’Art au Collège   qui permet à de nombreux collégiens de bénéficier de parcours culturels visant la rencontre avec des œuvres et des artistes. Comment pensez-vous l’articuler avec les politiques municipales culturelles ? Le Département peut-il continuer à accompagner des projets qu’une municipalité a décidé de ne pas subventionner ?

Le dispositif Culture et Art au collège est toujours en lien avec un opérateur culturel. Par conventions avec des structures culturelles départementales, nous ferons en sorte de privilégier les opérateurs de proximité.

Le dispositif permet l’implantation d’artistes au cœur du collège. Le collège relevant des compétences du département, ce dispositif peut se poursuivre quel que soit le projet culturel municipal. En revanche l’accompagnement du Département sur des projets culturels locaux se fait sur la base d’un partenariat pluri partite et le département ne peut pas « imposer » un projet à une ville qui n’en voudrait pas.

Le principe de conventionnement permet de mettre autour de la table les porteurs de projets et les différents niveaux de collectivité, si une des collectivités se retire c’est l’ensemble du projet qui disparaît. Nous devrons convaincre les municipalités de maintenir un niveau suffisant d’implication des politiques publiques de la culture dans l’intérêt des populations.

Pour Saint-Ouen, le nouveau maire ne semble pas avoir pris conscience du rôle que peut jouer la Culture en termes d’émancipation individuelle comme de lien collectif. C’est pourtant un axe essentiel qu’il conviendra de redéployer dans notre ville et celles du canton.

 

4/ Lors de la mandature précédente, la majorité municipale projetait en 2010 le réaménagement de la place de la République. Ce projet est resté dans les cartons suite à l’arrivée programmée de la ligne 14 à la Mairie de Saint-Ouen.  La fin des travaux en 2019 suppose toujours une réorganisation de l’espace public autour de l’Hôtel de ville. Comment envisagez-vous la suite de ce projet dont le Conseil Départemental est partenaire (grands axes de circulation départementaux) ?

S’il y avait bien un projet de requalification de la place, c’est vrai que la construction de la ligne 14 est venue en différer la réalisation. Cependant le travail de collaboration avec le CG et/ou le STIF doit se poursuivre sur les points suivants, dont dépendra le projet :

3 grands axes départementaux « traversent » le lieu : bd Jean Jaurès, rue Bauer-Dhalenne, av. Gabriel Péri, d’où la nécessité de retravailler sur le plan de déplacement et de circulation, car la place est étouffée par le passage de plusieurs dizaines de milliers de véhicules/jour ;

relancer un projet qui date de l’avant-dernier mandat, de requalification de l’avenue Gabriel Péri, entre l’intersection avec l’avenue Glarner et la place de la République, en voie communale (dans le but d’y réduire le trafic, favoriser les déplacements piétons et à 2 roues, relancer le petit commerce) dans l’optique de l’ouverture de la ligne 14, être très attentif aux 2 projets suivants : prolongement de la ligne bus 85 pour installer son terminus dans les Docks (intéressant car la place pâtit beaucoup d’être gare routière) ; en revanche, projet d’un terminus du 173 sur la place, compréhensible car la ligne 14 rendrait moins utile que le bus aille jusqu’à la Porte de Clichy, mais grosse de risques de nuisances supplémentaires pour la place.

Question en suspens mais en lien avec la précédente : le comité d’axe du 173 (c’est-à-dire sur tout son itinéraire, créer les conditions de sa circulation optimale, par site propre ou autres aménagements), bloqué depuis 2009 (en cause la ligne 14 mais aussi pour raisons financières selon le CG) ; ce serait le cadre dans lequel aborder la question du nouveau terminus 173.

Cependant nous ne pourrons nous substituer à la volonté du maire actuel auquel revient en priorité les décisions et les processus de mise en œuvre comme de consultation. Comme tous les projets de cette envergure il convient selon nous de lancer une grande réflexion publique associant l’ensemble des acteurs, ville, agglo, département, région, état…mais avant tout les habitant-e-s. Consultation, non pas sur la base d’un projet prédéfini, mais sur la base des besoins et des réflexions des citoyens et des usagers de la place.

Des consultations en direct sur site, puis lors de réunions publiques pour recueillir, les avis, les envies, les rêves des habitant-e-s en matière d’aménagement. Ce recollement sera ensuite confié à une ou des équipes d’urbanistes qui au cours de l’élaboration du projet devront faire sans cesse des allers retours avec les habitant-e-s et les « citoyens experts » afin de confronter leur réflexion avec le regard de tous. Les habitant-e-s sont en effet pour nous les experts du quotidien de leur ville, c’est à eux d’en dessiner le futur.

Les experts urbanistes, architectes, aménageurs mettront leur savoir faire au service des citoyens pour mettre en œuvre un projet pensé démocratiquement.

 

5/ La problématique liée à la construction d’un nouveau stade dans le quartier des Docks  a été beaucoup évoquée lors des élections municipales. Dans le cadre du mandat départemental, quelle est votre réflexion quant à la pertinence d’un tel projet  face à la réhabilitation du stade Bauer dans son quartier ?

Bien sûr il s’agit d’une question essentiellement municipale pour l’instant. Sur ce dossier, c’est l’immobilisme qui a primé et le maire a réussi l’exploit de se mettre à dos et les supporters et la direction du club. (Voir la lettre ouverte envoyée par celle-ci au maire). Pour autant, la compétence des équipements sportifs, devrait, selon toute vraisemblance revenir dès 2016 aux Territoires, qui, dans le cadre du Grand Paris, remplaceront nos communautés d’agglomérations. Dès lors, impossible d’envisager un tel projet sans convenir qu’il sera d’intérêt « territorial » et de nouer dès aujourd’hui les partenariats indispensables pour sa mise en œuvre.

Il faut convaincre l’actuel maire que l’intérêt général prime sur les appartenances politiques et qu’il est de son devoir de travailler avec tous les acteurs disponibles quand l’avenir des habitants de Saint-Ouen en dépend.

Par principe opposé à l’hégémonie du sport business nous défendrons becs et ongles le sport pour le plus grand nombre et les pratiques populaires.

Nous voyons mal comment une immense Arena dans les Docks viendrait favoriser cette pratique populaire du sport comme vecteur d’émancipation et de vivre ensemble. Personne n’y croit.

Dès lors, nous favoriserons la réhabilitation du stade Bauer, en lien avec l’ensemble des acteurs, le club, les joueurs, les supporters bien sûr mais également les riverains. Le maintien durable du Stade Bauer n’est pas uniquement lié à l’urgence d’une mise aux normes pour la montée en division supérieure, même si elle est indispensable, mais doit s’inscrire dans un projet global d’aménagement de la ville.

Le Collectif des supporters a commencé un travail dont il convient de prendre le relai en termes d’études et de faisabilité, avec le double souci de conserver ce lieu de sport et de mémoire et de procéder au désenclavement des Puces pour plus de fluidité vers le reste de la ville. C’est à l’évidence possible, il manque pour l’instant la volonté politique pour entrer dans la phase concrète.

 

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(1) La liste Hervé Chevreau – Marie Magrino tiendrat viendra ce soir à vient « vous renconter » ce soir mardi 10 mars à 19 h salle Barbara (5 rue des Ecoles à St-Ouen)

(2) La liste Fréséric Durand – Véronique Dubarry tiendra un « grand meeting » le jeudi 19 mars à 19 h chez Eurosites (27 rue Godillot à St-Ouen)

(3) La liste Karim (3) Bouamrane – Dina Deffairi-Saissac vous donne « rendez-vous » mardi 17 mars à 19h30 salle Barbara(5 rue des Ecoles à St-Ouen),

et les listes William Delanoy- Wahiba Zédouti et Christian Pereira-  Roxane Gaurichon  sont pour l’instant aux abonnés absents…

 

 

 

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10 réflexions sur « Les deux premiers ?! »

  1. Bravo le blog,

    Je renvoie les égarès lecteurs assidus du Parisien et autres téléspectateurs aveuglés de TF1 qui prétendent rituellement que ce blog n’est l’affaire que de quelques fous persifleurs furieux.

    Merci à MM. CHEVREAU et DURAND et leurs colistièr(e)s de lui faire confiance, et de s’en servir pour un usage des plus démocratiques et citoyens.

  2. Peut on ajouter une question ?

    Quid du futur bien-être financier des élèves qui deviendront adultes ?

    Dans le cadre de la semaine européenne de l’argent, la visite d’un banquier dans une classe élémentaire peut elle répondre à cette question si importante ?

    L’école entreprise si chère à François Hollande est en action.

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    Article de Bastamag

    Dans le cadre de la « Semaine européenne de l’argent », des banquiers ont été invités par l’Education nationale dans une quarantaine de classes en école primaire.

    Objectif de cette opération pilote menée par la Fédération bancaire française : apprendre aux élèves les principes d’une « gestion financière responsable ».

    Au vu des scandales et controverses qui touchent les banques françaises, il n’est pas sûr que cette fédération, principal lobby du secteur financier en France, soit la mieux placée pour faire la leçon en la matière.

    Cette opération pourrait se généraliser l’année prochaine.

    La suite :
    http://www.bastamag.net/J-invite-un-banquier-dans-ma-classe-quand-les-banques-enseignent-la-gestion

  3. Herve chevereau est cohérent, il a un bilan pour lui flatteur. Ce est pas le cas de Frédéric Durant ayant l’héritage de Jacqueline Rouillon. La preuve il ne le mets pas en avant.

  4. d accord avec vous BERNARD P
    il fallait entendre ce que les gens pensent de Frédéric Durant dimanche au marché ou je suis passée
    ce n était pas tendre loin de la
    ils ne croient pas en lui

  5. Je partage ce qui dit monsieur Taquet .. tout ce qu’il dit est marqué au coin du bon sens. Je constate, d’autre part, que depuis le départ de madame Rouillon, il se dit des choses intéressantes ici. Frédéric Durand est un homme comme les autres avec ceci de particulier, c’est qu’il se tient résolument aux côté de celles et ceux qui n’ont rien .. tout le monde ne peut pas en dire autant, suivez mon regard ..

    • Je vois que le meeting du PS était bien animé !

      Le meeting du Front de Gauche jeudi soir au 27 rue de Godillot était bien fréquenté, bcp de gens du PC, la moyenne d’âge n’était pas très basse. J’ai compté ca. 200 personnes, peut-être un peu plus meeting faisant. Quand, vers la fin, Frédéric Durand dernier orateur (ce n’est pas son côté fort) a rapporté la nouvelle venant de tomber – au meeting de William salle Barbara il n’y avait pas plus d’une centaine de personnes !- et que ici, au Fdg on fait 3 fois plus, il a un peu arrondi vers le haut.
      Premier mot d’ordre sur banderoles, affiches et l’image projetée pour ouvrir la séance : Écologie populaire ! Une bonne surprise, le PC a fini par découvrir l’écologie ! Il n’est pas encore trop tard, et ça m’a fait plaisir. Les intervenant.e.s côté EELV, notamment la candidate Véronique Dubarry, introduit.e.s par Rémy Fargeas, n’étaient pas le seul.e.s à parler environnement.
      Le discours général du meeting : taper sur l’austérité en général et cibler ceux/celles qui ne manqueront pas de la relayer à ,l’échelle local/départemental si élu.e.s. Pour la droite (UDI-UMP de William, pas une droite gentille), elle a déjà asséché pas mal la scène culturelle audonienne, associative, risque de vendre des logements sociaux. Pour le PS, rappel que Bartolone veut bien construire plein de collèges, mais en partenariat public-privé ce qui coûterait très cher et pour longtemps.
      L’alternative à gauche de 2012 n’a pas tenu, la faute au PS et sa politique d’austérité qui divise la gauche. Et au local, à Bruno Lerou qui a perdu la ville d’Epinay puis Saint-Ouen.
      L’alternative de gauche, c’est donc vous ! Allez voter !

      Si je pouvais voter, ce serait sans doute Fdg-Vert

      Ingolf Diener, 22/3/14

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