Docks de Saint-Ouen : l’intendance peine à suivre…

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Faire plus avec moins, changer la programmation ou l’architecture[1], remettre en cause les accords, attendre des décisions, tenir les délais initiaux… l’aménageur de la ZAC des Docks, Séquano,[2] conduisant l’opération publique des Docks dans sa globalité, semble désormais chargé de faire des miracles par la nouvelle équipe municipale de Saint-Ouen.

S’opposer à tout ce qui est issu du passé ne peut toutefois tenir lieu de politique. Une sourde inquiétude commence à pointer parmi les de futurs habitants[3] qui doivent emménager cet été alors que plusieurs voyants sont à l’orange clignotant. D’autant que l’anticipation et la transparence[4] ne sont pas la marque de fabrique de l’équipe municipale.

 

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Quand la ville freine les recettes et augmente les dépenses…

Le « bilan prévisionnel » de l’opération repose sur un versement annuel par la ville (pour son opération) d’une « participation d’équilibre » de 7,9 millions d’euros sur la durée de la concession (jusqu’en 2025)[5].

Hélas, pourtant contractuelle, cette participation sonnante et trébuchante pour payer les travaux (et les entreprises) n’aurait pas été versée par la ville (du moins pas dans son intégralité)[6] à son aménageur Séquano. En clair, l’aménageur devrait repousser des travaux ou recourir à davantage d’emprunt pour les financer dégradant ainsi mécaniquement l’ équilibre financier de l’opération[7].

Dans le même temps, la nouvelle équipe municipale aurait demandé à la Sequano des nouveaux travaux et prestations supplémentaires non programmées dans son activité  comme l’aménagement du parking public[8]. Un coût non négligeable au moment précis où la ressource est moindre puisque la ville est en retard dans ses engagements !

 

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Parking : règlements de comptes en sous-sol ?

Les travaux du parking devaient initialement être faits par la société Urbis Park en charge du stationnement à Saint-Ouen et délégataire de service public[9]. Pour des raisons obscures, les relations entre la ville et ce prestataire se seraient tendues. Au point de sortir la gestion du parking public des Docks du contrat initial.

L’aménageur Sequano, devait uniquement assurer la livraison de la « coque » brute de béton du parking en sous-sol. Un peu au dernier moment, il devrait dans la dernière ligne droite reprendre le bébé et faire réaliser tous les travaux d’aménagement et d’équipements techniques de ce parking ! [10]

L’entreprise chargée des travaux est-elle désignée ? Quel sera le coût et comment son financement sera-t-il intégré dans le bilan de ZAC ? Quelle est la durée prévisionnelle des travaux ? Quel est la date de mise en service officielle du parking ? Autant de questions auxquelles il est urgent de répondre devant le Conseil municipal. D’autant qu’on évoque une gestion en direct de ce parking par des agents communaux (!)[11]

 

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Très chère vidéosurveillance payée par les autres ?

Il en est de même pour la réalisation d’un réseau de vidéosurveillance. Le dernier journal municipal indiquait un effort massif de la municipalité en direction de la sécurité de la ville et de ses habitants. Il semble que l’effort porte en premier lieu sur les nouveaux habitants des Docks. Pourquoi pas mais « les anciens » apprécieront…

Le coût de la réalisation de ce réseau serait, selon nos sources, de l’ordre de 500 000 euros rajoutés à la colonne dépenses du bilan de la ZAC. On le voit, les efforts faits par la ville pour son parking public passent semble-t-il d’abord par la « sollicitation » financière de ses partenaires voire des entreprises. Une façon de reporter un temps des charges financières relevant du budget communal sur d’autres. Gestion à courte vue et dangereuse[12].

C’est au final une bien mauvaise manière faîtes à l’aménageur public Séquano que d’augmenter les dépenses tout en diminuant les recettes avec des délais assez intenables. Sauf bien entendu s’il s’agit en réalité d’en faire demain le bouc émissaire de toutes les difficultés.

 

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Manque d’aspiration pour les ordures ménagères…

Le concept du Préfet « Poubelle », père du récipient (obligatoire) qui à pris son nom[13], a pris un coup de vieux avec la collecte pneumatique des ordures ménagères. Un système innovant d’aspiration (d’inspiration scandinave) développé en France depuis peu[14] et notamment dans l’éco quartier des Docks de Saint-Ouen. Finies les bennes à ordures, les conteneurs non rentrés car nos nouveaux habitants le valent bien.

Malheureusement pour des raisons « administratives »[15], le système aurait du retard à l’allumage. Il faudrait rapidement trouver une solution d’attente pour amener les déchets à l’incinérateur du Syctom situé à quelques centaines de mètres.

Par définition, il n’y aurait pas de locaux poubelles classiques dans les immeubles construits. Il faut donc être inventif en trouvant une solution respectant les conditions d’hygiène à un coût raisonnable et pratique pour les usagers. Pas facile ! Mais on peut encore, paraît-il arriver, presque à l’heure.

En tout cas, des centaines de logements seront livrés et occupés cet été entre le Cours des Bateliers et la rue Ardoin avec es nouveaux habitants qui pourraient vite se lasser du pittoresque de l’affaire.

Qu’en dit Plaine Commune à qui la propreté est déléguée et qui n’est pas à l’origine du problème ? Quel est à ce jour le calendrier de mise en service ? Comment s’organiserait une solution transitoire à grande échelle ? Qui paiera les surcoûts ? Là encore beaucoup de questions et peu de réponses.

 

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Atterrissage à hauts risques ?

Ces différents sujets attestent une nouvelle fois d’une improvisation qui laisse pantois au moment où le quart du programme de la ZAC va être livré. Inexpérience des nouveaux élus, complexité des dossiers ? Sans doute, mais pas seulement. A confondre changement et chambardement nos nouveaux édiles vont bientôt affronter la « haute mer ». Et nous avec.

Remise à plat du projet de la 2ème tranche, directives urbaines revisitées, nouvelle équipe de coordination architecturale, cahier des charges modifié pour les promoteurs, remise en cause de certains programmes, difficulté de la ville à assumer son financement d’équilibre… beaucoup d’éléments concourent à ralentir l’opération et donc à freiner l’encaissement des recettes des « droits à construire » vendus aux promoteurs.

Par ailleurs peu souhaitable et dangereuse, la recherche d’une flambée des prix de vente n’est pas pour demain. Elle aurait donc peu de chance de compenser les déséquilibres financiers qui s’annoncent du fait des errements depuis maintenant un an et que nous avons déjà évoqués.

Plutôt que s’obstiner à « détricoter » l’opération des Docks, la nouvelle équipe municipale devrait à l’évidence concentrer ses efforts sur l’impact commercial et financier de l’arrivée de la ligne 14 décalée à 2019, l’alternative à l’ex futur Grand Stade et, à moyen terme , l’hypothétique construction d’un Grand Hôpital

Nous y reviendrons…

 

LSS+

Agitateur d’idées urbaines.

 

 

[1] l’architecte urbaniste coordinateur a été remplacé par un nouveau cabinet.

[2] société d’économie mixte (SEM) du Département dont le capital est détenu majoritairement par des collectivités et dont le Conseil d’administration est composé d’élus locaux (des Conseillers départementaux et élus des villes du 93)

[3] 1.083 logements en accession et 590 logements sociaux doivent être livrés sur ce secteur Bateliers Nord avec de premières livraisons en juin 2015 .

[4] cf. notre précédent article suivi du Conseil sur le Compte rendu financier du 31/12/2013 ( !) approuvé dans un silence assourdissant et sans aucune indication sur la suite.

[5] sommes inscrites dans le Compte rendu financier voté chaque année par le Conseil municipal.

[6] la moitié seulement selon certaines informations (non confirmées).

[7] sauf à différer (beaucoup) les paiements des entreprises, un petit jeu très dangereux.

[8] le parking public sous les immeubles (privés et sociaux) compte 470 places à cet endroit.

[9] désigné par le Conseil municipal avant l’élection de William Delannoy

[10] soit tous les éléments nécessaires à l’exploitation commerciale du parking : électricité, éclairage, vidéosurveillance, sonorisation, locaux techniques, caisses automatiques, barrières, bornes, peinture, signalétique…

[11] une gestion « en régie » nous dit-on par du personnel dont les activités auraient été réduites ou supprimées depuis quelques mois et qui ne seraient pas à ce jour formés pour ce type d’activité et pas forcément « volontaires » ?

[12] effet boomerang possible en créant des situations pré contentieuses

[13] Préfet de la Seine de la fin du 19ème siècle qui obligea les propriétaires d’immeubles à mettre à disposition de leurs locataires des récipients communs, munis d’un couvercle et d’une capacité suffisante pour contenir les déchets ménagers.

[14] cf. article du Figaro de 2011 http://www.lefigaro.fr/societes/2011/10/11/04015-20111011ARTFIG00803-la-collecte-des-dechets-par-aspiration-arrive-en-france.php ou l’exemple d’Issy les Moulineaux http://www.issy.com/grands-projets/fort-d-issy/la-collecte-pneumatique-des-déchets

[15] Le Maire aurait dit-on pris du retard pour se décider à signer le permis de construire du petit bâtiment accueillant la centrale d’aspiration (information non confirmée à ce jour).

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8 réflexions au sujet de « Docks de Saint-Ouen : l’intendance peine à suivre… »

  1. la ville de st-ouen avait en son temps, des Audoniens fidèles, capables d’attirer l’attention de l »Equipe Municipale sur les dangers, de signer ou pas des accords aussi « léonins » (qui avantagent l’un aux dépends de l’autre), cad qui lient pour la nique !!! bordel de Merde, c’est élémentaire d’un point de vue du Droit!!!!
    Ben , c’est bien fait pour vous qui ne réagissez pas,
    Ceux qui ont initié ces affaires, » s’en prennent, bien évidemment plein leur poches »!!!!!!!
    C’te bonne paire, et je sais de quoi je parles, et je peux en parler même après le décès de mon papa!! le pauvre!!!il y a prescription………j’ai tt vécu……

  2. Nous savons tous, sauf ceux qui font mine de l’ignorer que le Parti touchait sur tout, c’était une sorte de racket bien mené, c’était « la façon de faire de tout les Partis,
    Même et souvent surtout, du pcf dont l’ancienneté dans l »activité occulte fut la plus ancienne et la plus rémunératrice.
    Le PCF, me dit-elle, fut en son temps celui (le client) dont le retour fut en terme « sonnant » le plus  » payant du monde » citation…
    A lire pour ceux qui souhaitent des informations.
    Jean-Marc Berliaire etFranck Liaigre
    chez Fayard .Aux nouvelles études contemporaines.

  3. bonjour,
    une chance pour la ville de ne pas etre totalement défigurée.
    l’article me fait penser aux journalistes sportifs qui font mine de découvrir que la coupe du monde de foot au quatar se jouera en hiver….
    hum hum

  4. 28 mars 2015, les dockers parlent

    Valider votre inscription aux écoles

    Les élèves du secteur des Docks seront à terme répartis entre 2 écoles : PEF et le Petit Prince.
    Or, Le petit Prince n’ouvrira ses portes au mieux qu’à la rentrée 2016. En attendant cette ouverture, 4 écoles vont accueillir les enfants du secteur Le Petit Prince : PEF, Mandela, Langevin et Anatole France. Il est indispensable que vous rencontriez le directeur ou la directrice de l’école pour valider l’inscription de votre enfant.

    Lors de votre inscription au service enseignement de la Mairie (17 rue Claude Monet), Vous avez été informés de l’école dans laquelle sera affecté votre enfant pour l’année scolaire 2015/2016 .

    Pour valider cette inscription, vous devez rencontrer la directrice ou le directeur de l’école mentionnée. Lors de ce rendez-vous il vous sera demandé deux documents : le certificat de radiation de l’ancienne école de votre enfant s’il y a lieu et la fiche d’inscription reçue lors de votre inscription à la Mairie. La présence de votre enfant est nécéssaire.

    Si votre enfant est inscrit en Mairie à l’école PEF, vous pouvez rencontrer le directeur Monsieur Christophe Pécoul les lundis, mardis et vendredis de 9h à 17h sans rendez-vous.

    Assurez-vous de sa présence le jour de votre passage en téléphonant au 01 71 86 63 00. Comptez plus ou moins 1h selon l’affluence pour profiter de la visite de l’école.

    Pour des raisons évidentes d’organisation, les directions ont besoin de connaître au plus vite les élèves qui seront accueillis à la rentrée 2015. En effet le nombre d’enseignants affectés dans les écoles dépend du nombre d’enfants inscrits.

  5. A signaler dans Objectif Grand Paris, trimestriel d’information sur l’architecture du grand Paris n°9,
    plusieurs dossiers :
    – SNCF Immobilier, nouvel acteur de l’aménagement
    – la Séquano Aménagement : la reconquête de la Seine saint-Denis en marche (50 pages dont une bonne part consacrée à SO),
    – le logement social plébiscité par ses locataires,
    – les « managers de centre-ville » au secours du petit commerce.

    Et un compte-rendu de la première rencontre (janv 2015) du « Club des maires reconstructeurs » avec une magnifique photo de Valérie Pécresse et de WD.

    Les 68 maires issus de 8 départements franciliens ont fait savoir haut et fort leur volonté de « changer le visage de l’Ile de France en construisant des lieux de vie conviviaux », avec un objectif de près de 80 000 logement dans leurs 42 villes.

    Pour l’instant au dela des déclarations du Maire sur les revêtements et couvertures des nouvelles constructions, et de sa volonté de feiner la construction de nouveaux HLM, nous ne sommes pas en mesure d’indiquer que la Ville en sera.

    Affaire à suivre, avec particulièrement la rénovation des habitations quai de seine, où les HLM pourraient laisser la place à des logements de « standing ».

    Dans l’attente des premières rencontres avec l’OPH de saint-ouen autour de l’ANRU.

  6. Les Dockers vous parlent: le point sur les commerces

    La première tranche représente une surface commerciale de 4.000m2, soit 17 coques commerciales qui vont de 75m2 à 480m2.

    La commercialisation a été confiée à un investisseur/opérateur commercial unique et à un commercialisateur unique. L’objectif est à la fois un contrôle sur le plan de commerce, le suivi du planning, assurer la diversité des commerces et éviter les vacances.
    L’enjeu est de garantir la diversité et y garantir des commerces de proximité.

    Aujourd’hui, sur les 17 coques commerciales, 10 seraient pré-commercialisées :
    – un opticien
    – une boulangerie
    – un coiffeur
    – un supermarché (Carrefour Market/City)
    – une pharmacie
    – un pressing
    – 4 restaurants : japonais, italien et deux brasseries

    Les pistes évoquées pour les autres surfaces : laboratoire d’analyse médicale, fleuriste, caviste, commerces de bouche (type fromager, charcutier…)…

    A noter que les commerces commenceront leur installation 1 ou 2 mois après l’emménagement des futurs habitants, soit à l’automne 2015.

    Par ailleurs, sur la deuxième tranche des Docks, la tendance irait vers une augmentation de la jauge commerciale pour arriver à une surface de vente globale d’environ 10.000 m2.

    Enfin, concernant l’ancienne halle Alsthom, la première phase prévoit l’installation de l’agence Saguez & Partners, d’un café du Design et d’un espace de formation et d’exposition, sur une surface totale d’environ 4.200 m². Pour ce qui est de la deuxième phase, rien n’est encore arrêté. Pour en savoir plus sur la cité du design vous pouvez vous reporter à « [ESSENTIELS] sur la cité du design »

    Retrouvez dés maintenant toutes ces informations dans le forum « Pour tout savoir sur les Docks en 5 minutes » (« [ESSENTIELS] sur les commerces »).

  7. Je ne pense pas que les docks sont une réussite. Je n’y ai jamais mis les pieds, mais voir de loin ces immeubles serrés les uns contre les autres ne me semble pas très esthétique. Il en va de même pour le grand Parc. Le Parc Abel Mezières était plus petit mais infiniment plus sympathique. Les architectes contemporains sont en panne de créativité. Et puis, amener dix mille personnes dans ce secteur est une aberration ! Une ville comme saint-ouen ne devrait pas dépasser 45.000 habitants ! Celles et ceux qui sont aux responsabilités n’ont aucun sens des réalités.

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