Contes et mécomptes au Conseil

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Conseil municipal ce 27 mars avec 30 délibérations* au programme[1]. Focus sur plusieurs sujets qui seront abordés et notamment le plat de résistance avec le vote du Budget 2017 (Délibération 2 à 8)

On nous a déjà expliqué dans le journal municipal que parallèlement à la baisse continue des dotations de l’Etat « depuis 2013 » (à croire qu’avant elles augmentaient !)[2], on assiste à une hausse des prélèvements de solidarité pour la Région et l’intercommunal. On lit que ceci conduirait à ce qu’une ville pauvre, comme la nôtre, finance les villes riches (!). Enfin comble de malchance nous sommes englués dans Plaine Commune « incapable de réaliser les efforts de gestion indispensables » selon notre Maire.

Bref, si ça va mal c’est donc toujours la faute aux autres et à ceux d’avant qui ont laissé, selon William Delannoy, une « dette abyssale creusée au fil des ans »[3].

Heureusement grâce à une excellentissime gestion, la dette s’est effondrée avec un remboursement (théorique) possible en 13 ans aujourd’hui au lieu de 98 ans en 2014 ![4] La relance de l’investissement (10 millions)[5] est quant à elle « en marche ». Le tout sans augmentation d’impôts[6] (cette année du moins…). On aimerait croire à ce beau conte de fée « porté » nous dit-on « par une majorité unie au service des audoniens ».

Hélas, la réalité est sans doute un peu plus complexe que cette présentation très partisane voire outrancière à l’heure où la ville et son appareil municipal tournent au ralenti dans un contexte de privatisation rampante de tout ce qui peut l’être.

Test pour nos lecteurs (10 mn) : retrouver dans le dossier du journal municipal (p 6 à 9) le montant du Budget 2017 de la ville de Saint-Ouen.

Délibération 12 : subventions aux associations Petites et grandes attentions envers le tissu associatif de notre Ville à suivre dans le détail et avec vigilance. Tableau d’ensemble des propositions soumises au vote des élus et synthétisées par nos soins (cliquez sur l’image pour y voir clair)  :

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Délibération n° 14

– Demande de subventions pour le classement de la totalité du Château de Saint-Ouen pour valoriser notre cité culturelle » ou à chacun de deviner : pour un restaurant gastronomique ou le musée national de la Restauration ? (cf. nos articles précédents)

– Recherche de mécénat pour l’église Notre Dame du Rosaire (Garibaldi) pour la 5ème et dernière phase de travaux à débuter en 2018 (425 000€). Prières acceptées.

Délibération n° 18 Extension du stationnement payant dans les Puces. Paradoxalement ce secteur très sensible est finalement traité en dernier (l’étude de stationnement initiale date de 2008 !). Une zone verte (10h) pour les résidents et une zone « Puces » dans la zone commerciale limitée à 2h (pour 4,80€). Mise en service : avril 2017. Pas de trace de la moindre concertation du moins dans la délibération.

Stationnement payant Puces

Délibération n° 25 : dénomination a priori consensuelle (Simone Veil) d’une nouvelle voie dans les Docks. En plus une centriste, comme William Delannoy un converti depuis peu (après son long séjour au RPR-UMP).

Délibération 24 : Acquisition par la Ville du 3 rue Paul Bert (ex marché des Rosiers) qui jouxte l’hôtel d’activités « Cap Saint-Ouen » appartenant à la ville et géré par la Semiso. En pure langue de bois : « Une opportunité foncière pour la ville en lui permettant de mieux contrôler la nature de l’activité commerciale dans un but d’amélioration de la qualité et de la diversité du commerce sur son territoire ».

Ceci pouvant « permettre d’accompagner le projet sur Cap Saint-Ouen dans le cadre de l’appel à projet « inventons la Métropole » ». Mais encore ? La délibération n’en dit pas plus !

Ce que l’on sait par contre c’est qu’il s’agirait de transformer cet ensemble imposant en « un grand hôtel pour l’art contemporain »[7][8] http://www.inventonslametropoledugrandparis.fr/site/les-puces-de-saint-ouen/. Un projet encore bien flou dont personne ne connaît le contour et pour lequel on ne voit pas l’absolue nécessité d’acquérir la parcelle voisine. On découvre ainsi, malgré notre lourde cure d’austérité à tous les niveaux de la vie municipale où on chipote pour une poignée d’euros, qu’on achèterait au prix du vendeur 1 100 000€ ! [9]

Délibération 26 : Financement « 100 Quartiers Innovants » pour les Docks : crèche 60 Berceaux (475000, Espaces publics 2ème phase (3 450 000€), maquette 3D (75 000€). Merci qui ? Merci Valérie !

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[1] Pas de chance pour le grand public, la liste des points à l’ordre du jour ne peut être lue dans son ensemble il faut se contenter d’un menu déroulant. Etrange mais sans doute un pur hasard.

[2] Curieusement les beaux graphiques présentés dans le journal municipal une fois encore montrent des évolutions depuis la veille (2013) ou l’avant-veille (2012) de l’arrivée de W. Delannoy et jamais sur l’ensemble du mandat précédent. Sans doute un oubli.

[3] une forte dette (indéniable) mais pas un mot sur les investissements lourds réalisés par ses prédécesseurs qu’il serait utile de détailler et de qualifier.

[4] chaque audonien qui est passé à la caisse en 2015, sera heureux d’apprendre qu’il s’est désendetté pour l’instant de 110 €.

[5] Investissements hélas pas vraiment très détaillés pour s’y retrouver précisément.

[6] Après le matraquage (augmentation de 45% des impôts locaux, un record) une pause bien méritée pour les audoniens en cette année électorale, il est vrai peu propice aux mauvaises nouvelles fiscales.

[7] On murmure même que William Delannoy a essayé de mettre les deux tours des Boutes en Trains dans le périmètre du dossier de candidature de l’appel à projet. Pour transformer les locataires en artistes ? En tout cas bien évidemment pour leur bien.

[8] une orientation non officielle mais qui semble déjà à l’oeuvre au marché Malik (autour du Sport) mais aussi au RDC du marché Dauphine ou dans les cartons de l’opération Wonder…

[9] 1 100 000 € (près d’1,5 fois le total de toutes les subventions aux associations de la ville) alors que le bien est estimé par les service des Domaines à 1 000 000 €. C’est dire si on est pressé et qu’on veut absolument ce bien. On aimerait juste que William Delannoy nous explique.

Ordre du jour complet

*CM 27:3:2017

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4 réflexions au sujet de « Contes et mécomptes au Conseil »

  1. Zut, c’est l’occasion de voir que les Jardins de Guinot n’auront rien malgré la demande de subvention faite. Pourtant cette association participe pleinement à la vie du quartier Debain Michelet. Alors sachez également qu’une pétition est en cours au sujet de ces jardins :
    https://www.change.org/p/william-delannoy-sauvons-les-jardins-partagés-de-guinot-stop-au-béton?recruiter=89137659&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

  2. « une forte dette (indéniable) mais pas un mot sur les investissements lourds réalisés par ses prédécesseurs qu’il serait utile de détailler et de qualifier. »

    Ce serait effectivement intéressant de connaitre ces « investissements lourds réalisés par ses prédécesseurs » et surtout de se poser la question : sont ils utiles ?

  3. Merci d’avoir pris le temps de scanner et de mettre en ligne le tableau des subventions. Merci pour cet article.

    C’est vrai que le menu déroulant de l’ordre du jour est fatiguant. Merci d’avoir mis en ligne l’ordre complet. Notre ville se ruinerait-elle à mettre l’ordre du jour dans un fichier pdf et à le mettre en ligne sur son site ?

    Payer 1,1 million d’euros avec de l’argent public pour un bâtiment à réhabiliter cela semble beaucoup. Surtout que la ville déjà endettée à hauteur de 164 millions d’euros au 31 décembre 2016 devra emprunter pour acquérir le 3 rue Paul Bert donc augmenter sa dette.

  4. Les villes de banlieue ont jusqu’au 30 juin 2017 pour demander au consortium Moventia Smoovengo l’installation de stations Vélib sur leur territoire. Chaque ville doit payer dix mille euros par an pour la maintenance d’une station. Si aucune délibération n’est votée en ce sens aux réunions de mai et juin 2017 du Conseil Municipal, alors au 1er janvier 2018 il n’y aura plus de vélos en libre-service à Saint-Ouen.

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