L’édito de trop

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Approximations, désinvolture et démagogie à toutes les sauces, William Delannoy nous a habitués a ses dérives populistes. Pourtant, dans son dernier éditorial du journal municipal d’octobre il se surpasse . Il y tient en effet des propos politiciens dont la violence et les contradictions attestent s’il le fallait qu’en réalité il perd pieds.

Evoquant, une fois encore, son élection de 2014 qui visiblement l’étonne encore, il ressasse maintenant à l’envi qu’il a mis fin à « 70 ans » de communisme. C’est pourtant le même « sans étiquette » qui déclarait en campagne électorale « mon parti c’est Saint-Ouen », et n’oubliait de draguer les anciens en encensant Fernand Lefort ancien Maire PCF (de 1945 à 1979).

Confondant vitesse et précipitation, il nous parle de ses « réformes » menées « tambour battant » pour rattraper en quelques années des décennies « d’immobilisme ». Réformes, d’ailleurs souvent surprenantes et hasardeuses, qui se heurtent non pas à l’incompréhension des citoyens mais selon lui à un véritable complot des « nostalgiques du stalinisme »(!).

A l’en croire, ces derniers usent de « mensonges », de « bassesses » au travers de « collectifs sans nom et sans visage » dont il sait « qui tire les ficelles »[1]. Toujours dans la nuance, il nous précise que « la terreur, les rumeurs et les aigreurs » sont bien la marque de fabrique de ces diables rouges qui « alimentent l’inquiétude des plus fragiles et des plus modestes » dont il se proclame – sans rire – le vrai défenseur.

Toujours obnubilé par son absorption de l’OPH par la Semiso, il invente une histoire à faire peur. S’il ne gère pas directement les demandeurs de logements de Saint-Ouen, ceux-ci pourraient être expédiés sans autre forme de procès vers de lointains goulags : « Stains, La Courneuve ou Pierrefitte »[2]. Pas de doute c’est un adepte du « plus gros, plus ça passe ».

Semblant découvrir que les audoniens interpellent le Maire sur de nombreux sujets n’étant pas de sa compétence directe il se met en rogne et les traite ni plus ni moins de… « cons ». Les intéressés pourraient aisément lui renvoyer le compliment : dans toutes les villes de France et de Navarre, bon gré malgré, au-delà de leur prérogatives directes les Maires se décarcassent sur bien d’autres sujets : emploi, commerce, sécurité, services publics… on en passe[3].

Enfin, dans la délicatesse et la modération il nous assène en conclusion qu’il combat les partisans du « retour en arrière » en mettant sur le même plans les « cousins germains » « Front National et Front National de Gauche ». Une provocation grossière et inutile qui n’a évidemment aucun sens.

Autant dire que ce texte est un florilège de la personnalité et des outrances du nouveau premier magistrat de Saint-Ouen. Toujours sur la défensive, agressif et dans la caricature il semble enfermé dans une forteresse assiégée par les forces du mal. Il démontre en réalité, et bien involontairement, son impuissance à endosser le costume de Maire et à rassembler autour de son action.

Ces propos musclés sont surtout déplacés dans le journal municipal qui est celui de tous les audoniens : ceux qui ont voté pour lui, ceux qui avait choisi son adversaire et tous ceux qui n’ont pas voté.

Les habitants de Saint-Ouen n’ont pas besoin d’un va-t-en-guerre contre un ennemi fantasmé mais d’une équipe municipale exprimant sa diversité et ses idées, d’une opposition respectée, d’une administration remobilisée, d’une information réelle, d’une concertation régulière des habitants, d’une action municipale constructive et pragmatique…

On en est loin !

 

[1] Accusation assez ridicule puisque la mouvance communiste, et singulièrement les élus Front de Gauche, mènent une bataille au grand jour notamment contre l’absorption de l’OPH par la Semiso. Action d’ailleurs soutenue par toutes les autres forces de Gauche (socialiste, écologiste et autres).

[2] Point rassurant ou omission ( !?), les riantes communes de l’Ile St-Denis, Epinay, St-Denis, Aubervilliers et Villetaneuse ne font pas partie de la liste des destinations maudites de W.Delannoy.

[3] Il ne se privait pas d’ailleurs jadis dans l’opposition d’interpeller avec véhémence le Maire sur de nombreux sujets de ce type.

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