Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (LFI), vient d’être aussi élu président de l’EPT Plaine Commune[1] qui regroupe 8 villes + une ville déléguée dont Saint-Ouen. 80 conseillers territoriaux siègent dans cette instance intercommunale. Il a été élu au premier tour avec 46 voix contre 32 à Karim Bouamrane, notre édile, qui avait décidé de se présenter la veille du vote. Cette candidature tardive s’explique peut-être par de nombreux questionnements quant au rôle qu’il souhaiterait jouer dans l’élection de 2027.
Depuis plus d’un an ce dernier bataille au sein du PS pour une rupture avec LFI qu’il soupçonne, avec l’élection du maire de Saint-Denis, de vouloir « préempter à des fins électoralistes » le territoire intercommunal. Les Insoumis n’ayant dirigé aucune commune ou intercommunalité jusqu’à présent, on se doute que leurs victoires électorales leur permettront des expériences de terrain qu’ils n’ont pas encore et qui profiteront au candidat Mélenchon pour la prochaine présidentielle. Logique.
Karim Bouamrane a aussi reproché à son adversaire de ne pas être une candidature de consensus, mais l’était-il à Saint-Ouen ?! A-t-il déjà oublié comment il s’est imposé en 2019, sans négociation avec comme slogan » Qui m’aime me suive », comment il a imposé ensuite ses décisions à ses partenaires politiques ?
Justement à Saint-Ouen, une curieuse situation a fait que le PCF, partenaire du maire et siégeant dans sa majorité, a voté pour l’insoumis Bally Bagayoko! Le groupe communistes et citoyens de Plaine Commune a en effet appelé à une union de la gauche au-delà des clivages politiques…. Cela a donc conduit trois élus PCF[2] de notre majorité municipale, nous représentant à Plaine Commune à voter contre leur maire, quel imbroglio ! A signaler que certains appelaient à la candidature de la communiste Sofia Boutrih ( adjointe à Saint-Denis en charge de la culture) qui pouvait insuffler un renouveau féminin à la présidence de l’ intercommunalité, ses maires n’étant que des hommes. Elle devient vice-présidente de Plaine Commune: cadeau…!
Bally Bagayoko a déclaré vouloir faire de l’établissement public territorial :« un outil politique mais dans l’intérêt des habitants du territoire ». A suivre donc.
[1] 460 000 habitants et 2 200 agents territoriaux
[2] Emilie Lecroq, Samantha Fouquart et Ahmed Kemala sur les 10 conseillers de l’EPT dont l’insoumise Manon Monmirel