
Lors du second Conseil Municipal de la mandature (13 avril dernier) la liste de gauche « Pour Saint-Ouen » a exprimé sa surprise concernant l’absence d’un élu de l’opposition pour siéger au sein du Conseil d’administration de la SEMISO. En effet, lors du début de la mandature précédente, la majorité de Karim Bouamrane avait accepté cette demande de Denis Vemclef pour la liste A Gauche, ce qui n’était pas le cas avant.
Le maire a justifié cette décision par la supposition d’une instrumentalisation que pourrait faire un élu de cette liste (LFI entre autres) en siégeant au sein de la société d’économie mixte…Nous avons vu notre maire plus vaillant quant aux débats avec l’opposition ! Bon, en réalité, nous nous doutons qu’il ne facilitera pas la tâche des expressions et participations des insoumis à la vie communale.

Mais revenons au dossier de la SEMISO : en souffrance ou pas ?
Depuis 2021, 2 élus de l’opposition de gauche et de droite[1] siégeaient au CA de la SEMISO avec leurs 7 collègues de la majorité dont le maire jusqu’en février 2024. Date où il a passé le flambeau de la présidence à son adjointe Nadiya Soltani, curieusement avant qu’éclate la situation problématique de régularisation des charges pour les locataires du parc locatif en décembre 2024[2]. Depuis, de nombreuses demandes des locataires (audit externe sur le fonctionnement et la gestion[3] ; étalement du paiement des charges ; vérification des charges avec les locataires par résidence ; changement de gouvernance[4]) ont eu des réponses tardives, floues ou ubuesques[5]. Le maire a seulement communiqué officiellement sur la création d’un fonds de solidarité pour les locataires en difficulté de paiement en mai 2025. D’ailleurs, avec quel argent ce fonds a-t-il été constitué, celui de la SEMISO ou celui du budget de la ville ?
La campagne électorale municipale est passée par là et RIEN sur la SEMISO dans le programme du maire[6] ! On y parle d’ANRU, du maintien de 40% des logements sociaux mais le nom SEMISO n’y apparait pas alors que le bailleur de la ville gère 6 300 logements locatifs, des commerces, des parkings.
Pourtant Emilie Lecroq (PCF)devenue seconde adjointe au maire en ce début de mandature, apparait comme administratrice de la SEMISO depuis le 30 août 2025 et ne s’est pas exprimée sur le sujet alors que des locataires sont en attente d’informations. Nous savons pourtant l’importance accordée aux logements par le PCF local. Le premier adjoint, Steve Larranaga, vient d’être élu président et Jamila M’Barki, vice-présidente[7] : bon courage à eux car le travail ne manquera pas !
Dans le dernier PV de l’AG de la SEMISO du 7 octobre 2025, il est mentionné quelques informations intéressantes[8] qui mériteraient quelques précisions :
- Curieux qu’Arnaud Bonnier (Directeur Général de la SEMISO) sous la mandature de W.Delannoy) ait été toujours en poste au 31 décembre 2024 alors que la gouvernance avait été activement critiquée par les locataires qui venaient de recevoir des régularisations de charges, énormes pour certains.
- L’audit interne conclut à une absence d’anomalie systémique et systématique….ben voyons
- La commission d’attribution de logements a étudié 400 dossiers pour en attribuer 201. Il semble que le nombre de demandes avoisine les 15 000.
- Le total des loyers impayés s’élève à plus de 5,5 M6 d’euros : quel dispositif pour accompagner les non payeurs ?
- Près de 5 M6 d’euros ont été consacrés aux travaux (logements, ascenseurs, chauffage, végétalisation, adaptation pour les personnnes à mobilités réduites (PMR) hors ANRU, quels critères de choix pour les résidences ciblées ?
- 2 appartements rénovés mis en vente et 5 échanges ont été traités pour favoriser le parcours résidentiel, c’est ridicule !
- Une commission des finances a été créée au sein de la SEMISO par décision du Conseil d’administration du 10 avril 2025 et s’est réunie le 09 juillet 2025. Aucune explication n’est donnée pour cette création si ce ne sont les missions.
- Le résultat de l’exercice 2024 est un déficit de 2 897 126,26 euros lié aux cessions des biens et droits des ZAC Porte de Saint-Ouen et Zola à Plaine Commune et à la Ville de Saint-Ouen[9], pour un euro symbolique. On nous parle de protocoles transactionnels[10]… La SEMISO étant lourdement endettée, peut-on en savoir plus ?
La SEMISO doit encore 350 M6 d’euros à Plaine Commune[11] Habitat suite à l’acquisition du patrimoine de l’OPH de Saint-Ouen[12] sous la mandature de W.Delannoy.
Le maire a annoncé que la SEMISO serait « un chantier important du mandat », les locataires espèrent qu’il fera mieux que la fois précédente mais un doute persiste puisque les charges 2025 n’ont pas été encore réparties et transmises aux locataires !
[1] Désignés le 16/12/2020.
[2] Situation liée à la non anticipation de l’augmentation importante des énergies suite à la guerre en Ukraine
[3] L’audit a été réalisé par l’Agence Nationale de Contrôle du Logement social (ANCOLS) mais aucune conclusion publiée sur le site de la mairie (à venir en juin semble-t-il). Le précédent avait eu lieu en 2019.
[4] À l’issue du Conseil d’Administration du 5 novembre 2025, Madame Marie-Caroline TAILLAT a été nommée Directrice générale de la SEMISO.
[5] La hausse des loyers et des charges aux locataires pour l’année 2024 n’at été que de 1,5% alors qu’il y a eu 39% de hausses des coûts des matières premières !
[6] Je n’ose écrire équipe municipale puisqu’elle n’ait qu’une suite de noms sans délégation.
[7] Lors du Conseil d’Administration d’Installation de la Société d’Economie Mixte de Saint-Ouen qui s’est tenu au Siège ce mercredi 06 mai 2026 en la présence de Monsieur Karim BOUAMRANE.
[8] https://www.pappers.fr/entreprise/semiso-eco-mixte-constr-renov-st-ouen-662044155/comptes/SEMISO%20ECO%20MIXTE%20CONSTR%20RENOV%20ST%20OUEN%20-%20Comptes%20sociaux%202024%2026-02-2026.pdf
[9] Une parcelle pour le square à l’angle des rues Pasteur et Gabriel Péri, une autre pour l’agrandissement du…
[10] Le protocole transactionnel, également désigné par le terme transaction, est défini aux articles 2044 à 2058 du Code civil français. Il s’agit d’une convention par laquelle les parties, en faisant des concessions réciproques, terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître.
[11] la nouvelle date d’exigibilité du remboursement de la dette devrait se situer au Printemps 2027 suite aux négociations en cours avec PCH
[12] en date du 31 aout 2016, la SEMISO a acquis auprès de l’Office Public de l’Habitat (OPH) Saint-Ouen Habitat Public la totalité des droits et biens immobiliers implantés sur les communes de Saint-Ouen-sur-Seine et L’Île-Saint-Denis pour un montant de 455 851 037 Euros.

Sans oublier qu’en décembre (sauf erreur) 2023 a eu lieu un CA extraordinaire avec comme unique question : la SEMISO doit elle être dissoute ? La réponse a été non. Cela faisait suite à un déficit de 42 millions consécutif au bradage des trois tours situés sur l’Ile Saint Denis pour 28 millions au lieu de 71. La SEMISO avait jusqu’en décembre 2025 pour redresser les comptes. Il n’y a aucunes informations à ce sujet (en principe). Il n’est donc pas étonnant que le Maire ait verrouillé le CA de la SEMISO.
A suivre
Gestion, gouvernance, transparence … la SEMISO, bailleur historique de la ville de St-Ouen, demeure un dossier préoccupant voire explosif sur le plan financier et politique !
Maintenant que l’autre se voit à l’Elysée, il serait grand temps de le faire redescendre sur terre en sortant les dossiers qui pourraient bien le couler : SEMISO, Sacré Spot, etc……
La ville de Saint-Ouen est l’actionnaire majoritaire de la SEMISO. Le capital social de la SEMISO est d’environ 1 420 815 €. Sur l’exercice comptable 2023, la SEMISO a présenté un résultat net de -42,3 millions (avec des capitaux propres devenus négatifs). Sur l’exercice 2024, le résultat net de la SEMISO atteint -5,6 millions € pour un chiffre d’affaires de 52 millions. Sur 2025, la SEMISO présente un déficit de -2 millions €. Une procédure légale d’alerte a été déclenchée et enregistrée au RCS. La mention « continuation de la société malgré un actif net inférieur à la moitié du capital social » apparaît dans les informations légales de la SEMISO.
La loi laisse trois solutions :
1) retour aux bénéfices pendant plusieurs exercices ;
2) augmentation de capital (apport d’argent frais des actionnaires) ;
3) réduction puis reconstitution du capital.
Quel choix fera le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane ? recapitaliser la SEMISO et augmenter nos impôts locaux ? ou céder des actifs et retrouver des bénéfices ?
Concernant la SEMISO, la question de sa dissolution ou non devait être tranché avant le 31 décembre 2025 ce qui n’a pas été fait. Est ce légal ? En outre la question des 350 millions vis à vis de PCH reste posé. Une autre solution pour l’autocrate de Saint Ouen à terme: fusion ou rachat de la SEMISO par un autre bailleur. Mais pour cela un assainissement de ses finances et le réglement du problème vis à vis de PCH s’impose.
Quelqu’un est il capable de présenter un seul document comptable indiquant que « La SEMISO doit encore 350 M6 d’euros à Plaine Commune .. ? Un actif de 350M€ , cela doit se voir dans les comptes, non ?
Les 2 audits (charges et gestion interne) suite à la bronca occasionnée par les charges 2023 n’ont pas été rendus publics.
L’audit Ancols 2026 sera disponible sur le site
https://www.ancols.fr/publications/rapports-de-controle?year=&organismType=10&department=4&publicationType=&keyword=Semiso&x=0&y=0