La rentrée scolaire est toujours émouvante pour les élèves, leurs parents et les acteurs du système éducatif. Une nouvelle année débute et avec elle des moments d’apprentissages, de partages, de doutes et d’espoirs. Comme chaque été dans toutes les écoles a eu lieu un grand nettoyage et pour un grand nombre : des travaux d’entretien, de rénovation ou d’aménagement réalisés par les municipalités.
À Saint-Ouen, le SO magazine du mois de septembre nous présente les travaux effectués cet été, page 20. La fin de l’année scolaire précédente a été marquée par de fortes chaleurs qui ont mis à mal le confort des élèves et des enseignants dans les classes avec des températures élevées ne facilitant pas le bien-être et les apprentissages. Ces situations sont amenées à se reproduire de plus en plus souvent puisque des projections en 2100 indiquent une cinquantaine de nuits par an à plus de 20 degrés dans le nord de la France et donc des canicules à répétition.
En juin 2025, le constat a répertorié des températures de plus de 30 degrés dans des classes audoniennesmontrant l’inadaptation des constructions mêmes récentes de nos écoles, à la chaleur et aussi au froid en période hivernale puisque des élèves se sont vus travailler en manteaux certaines journées.
Des relevés de températures sur sol asphalté de cours d’école sont montés jusqu’à 55 degrés au Québec à la même période.
On peut donc être étonné de constater que dans les travaux réalisés, la prise en compte de ces nouvelles problématiques semble insuffisante. Pourtant lors de la rentrée scolaire 2024, Sébastien Zonghéro[1] déclarait que « les agents de la direction Architecture et Bâtiments abattent un travail formidable pour moderniser et végétaliser nos écoles » et le SO magazine ajoutait « Face aux enjeux du réchauffement climatique, doter les établissements d’équipements qui offrent ombre et fraicheur aux écoliers est tout aussi prioritaire que les travaux de rénovation. »
Certes, l’année dernière la cour de l’élémentaire Victor Hugo a été réaménagée et végétalisée, la cour de l’école maternelle a bénéficié d’un nouvel auvent comme celle de l’élémentaire Emile Zola. Cela était nécessaire et on ne peut pas budgétée des rénovations importantes sur toutes les écoles la même année, pourtant les poses de rideaux, de stores, de films sur les vitres pour filtrer les UV devraient être réalisées à moindre coût pour de nombreuses classes qui en ont besoin. Et excepté la végétalisation de la cour de la maternelle Michelet et l’installation de la climatisation dans la salle de motricité de la maternelle Zola[2], aucune annonce sur le sujet.
Quand une école neuve comme Aretha Franklin dite bioclimatique[3], près du Village olympique qui a coûté 75 millions d’euros (dont 25 à la commune), possède une cour au-dessus du bâtiment[4]où des élèves et leurs enseignants ont dû quitter leurs classes pour cause de chaleur (40°), on croit rêver !
Et puisque nous parlons d’écoles et de questionnements, l’ancienne école Bachelet, avec ses vieux bâtiments « préfabriqués »et « amiantés », a été fermée mais les associations et le « Pôle Handicap « qui s’y sont installés ont signé des conventions d’occupation de 3 ans, quel est l’avenir de ce site ? Pour l’école Anatole France qui est en réfection et en restructuration, qu’est-ce qui justifie l’abattage programmé d’arbres dans la cour ? Pourquoi la direction de l’Architecture et Bâtiments, n’a pas mis en place un suivi drastique des travaux dans les 3 nouvelles écoles. Au vu du nombre relevé de malfaçons, cela aurait été utile.
Si la « démocratisation de l’excellence » (!) est souhaitée par la majorité municipale actuelle pour que l’accueil des élèves se fasse dans des locaux de qualité, il ne faudrait pas attendre les prochaines gelées ou canicules pour s’y atteler.
Dominique GARCIA
[1] Maire adjoint en charge du patrimoine Communal
[3] Une école bioclimatique est un bâtiment conçu pour maximiser les bénéfices des ressources naturelles disponibles sur son site. Cela implique l’utilisation de l’énergie solaire pour le chauffage, la ventilation naturelle pour le refroidissement, et des matériaux écologiques pour l’isolation. L’objectif est de réduire la dépendance aux systèmes de chauffage ou de climatisation tout en assurant un confort optimal à l’intérieur des salles de classe.
[4] Ce qui ne facilite pas la plantation d’arbres en pleine terre, pourtant nécessaire….