Philippe Mayer, attentif et précis, détricote gentiment les slogans creux de Karim Bouamrane sur sa gestion autoproclamée exemplaire de notre ville.
Ça ne saurait tarder, nous allons avoir une énième lettre de la municipalité dans nos boîtes aux lettres. Cette fois ci elle s’intitule : « SAINT-OUEN EN TÊTE DU CLASSEMENT DES VILLES FRANÇAISES LES MIEUX GÉRÉES » (!). Je vous la copie colle en dessous parce qu’elle vaut son pesant de cacahuètes dans le genre on a bien les chevilles qui enflent et on ne passe plus les portes tellement qu’on est beaux et forts et qu’on rend bien sur les photos.
Ce n’est pas la première fois qu’on nous sort des classements en tous genres et sur tout et n’importe quoi. Le dernier en date était un classement du JDD sur notre ville dont la municipalité se gargarisait. Étonnant de voir une ville qui se dit de gauche se vanter d’un sombre classement dans ce canard d’extrême droite fascisant mais bon, plus rien ne nous étonne.
Bref revenons au sujet. Cette lettre est le prétexte à la reprise d’une sombre étude d’un sombre cabinet inconnu au bataillon (nommé DATAREALIS domicilié dans une zone commerciale sordide d’Orgeval – à côté d’un magasin de cuisines Arthur Bonnet, je n’invente rien sinon c’est pas drôle – et qui ne compte qu’un seul salarié) qui se base sur l’open data et l’intelligence artificielle pour en déduire des analyses pseudo financières qui ne reposent sur pas grand-chose. Rappelons qu’il n’existe ici aucun classement des villes les mieux gérées. En effet cela reviendrait à additionner des carottes avec des patates et n’aurait aucun sens.
Comment en effet définir ce qu’est la bonne gestion ? Est-ce qu’une ville comme Paris peut être comparée au Puy en Velay ? Quid des services publics développés à tel endroit et pas ailleurs. Quel rapport entre une ville richissime comme Puteaux (et dans une moindre mesure mais pas beaucoup moins Saint Ouen) avec une ville comme Grigny. Mais surtout quel rapport entre une ville de droite ou de gauche Macron compatible comme l’est Saint Ouen et de véritables villes progressistes et écologistes qui mettent en place des politiques ambitieuses en termes de solidarité ?
Bref la bonne gestion c’est surtout celle que l’on pense mettre en œuvre et la mauvaise c’est celle des autres. A ce titre d’ailleurs même les chambres régionales des comptes ne portent jamais de jugement sur ce que serait une bonne ou une mauvaise gestion.
Évidemment vous lirez (ou pas ce courrier) et vous vous apercevrez surtout que c’est l’occasion pour la municipalité de nous faire un rapide bilan de mandat et nous rappeler encore une fois à quel point les good vibes et l’excellence pour toute une génération déferlent sur la ville depuis 2020 avec un niveau d’investissement ÉNORME… Le hic là encore c’est qu’en y regardant de plus près et bien y’a pas grand-chose qui relève de cette municipalité. Reprenons la liste figurant dans la lettre :
– Maintien de la fiscalité : encore heureux après la plus forte hausse jamais enregistrée en France en 2015 de 45% c’était la moindre des choses (en gros le sale boulot a été fait par ceux d’avant) – Construction de 3 groupes scolaires : décidés et financés durant la période Delannoy – Gymnase Alice Millat : Idem décidés et financés durant la période Delannoy – Rénovation de l’Ile des Vannes : financée dans le cadre des JO par la SOLIDEO – Aménagement des espaces publics : c’est Plaine Commune qui raque et pas la ville – Les flics (municipaux) : alors là oui ça nous coute bien cher pour une efficacité plus que contestable et des effectifs qui ont du mal à être pourvus. 1 000 caméras de vidéosurveillance qui font de nous une des villes les plus fliquée de France (si ce n’est la ville la plus filmée de France) pour là encore un résultat et un coût astronomique. Un beau joujou liberticide (mais on s’en fout on vous dit qu’on est de gauche, ça justifie tout) – 9 km de pistes cyclables : c’est Plaine commune qui raque. Par ailleurs ces pistes sont mal foutues et du coup quasiment pas empruntées (c’est un cycliste qui le dit et qui préfère rouler sur la route plutôt que de s’emplafonner un piéton) – Les grands moments festifs : le pain et les jeux et la foule est en délire. Ça ne coute pas bien cher et trois plumes dans le cul dans une parade ça fait toujours plaisir. – Rénovation des centres de vacances : oui pour certains mais en en bradant la plupart… – Relance de la production de logements sociaux : faux.
J’ai pu ici démontrer que la charte de la construction entérinait au contraire une diminution de la part des logements sociaux dans notre ville. On m’a à chaque fois indiqué que je mentais et qu’on allait m’en apporter la preuve sans évidemment que personne ne donne suite. Par ailleurs est ce que 40% de logements sociaux c’est suffisant quand on sait que 70% de la population française y est éligible ?
– Saint Ouen dans le top 5 des villes en termes d’accès à la santé : encore un classement bidon dont on ne sait où il sort mais en la matière nous sommes habitués. Parce que Saint Ouen c’est l’excellence en toute chose on vous le répète ad nauseam.
– Le grand hôpital qui devrait révolutionner Saint Ouen : C’est vrai que nous n’avions pas déjà un des plus grand hôpital de France à 100 mètres de notre ville. On ne redira jamais assez à quel point l’implantation de cete horreur en centre-ville va tuer Garibaldi (mais on s’en fout tant qu’on a l’ivresse du cours des Lavandières avec ses boutiques jamais ouvertes et celles qui ferment les unes après les autres c’est bien suffisant et ça fait plaisir aux bobos gogos).
En fait cette lettre, une nouvelle fois, ne trompe personne. Il s’agit de faire la promo d’une municipalité en quête de communication perpétuelle. Il s’agit de distribuer dans toutes les boites un énième bilan de fin de mandat à bon compte et sur les finances de la ville à 7 semaines de la période de réserve électorale. Et hop ni vu ni connu juste avant les départs en vacances et avant que la campagne ne démarre réellement en septembre j’envoie un message pas vraiment subliminal : VOTEZ POUR MOI ! VOTEZ POUR MOI ! VOTEZ POUR MOI ! VOTEZ POUR MOI !
On ne s’étonnera plus non plus du détournement de la communication de la ville sur un sujet d’information générale qui aurait dû être assorti de tribunes de l’opposition comme la réglementation l’impose. Mais bon ce n’est pas la première fois que la municipalité s’assoit sur des règles qu’elle a pourtant elle-même édictée. C’est le cas également des « tirés à part » sur les bilans de mandat quartier par quartier où ne figurent là encore aucune tribune de l’opposition en violation de la réglementation.
Voilà vous savez tout. Et surtout on n’oublie pas, qu’on lise ou pas la lettre c’est dans le bac jaune qu’elle doit finir.
Philippe MAYER
7 réflexions sur « Saint-Ouen, gestion au top ? »
« à 7 semaines de la période de réserve électorale. » La période de réserve électorale démarre le 1er septembre 2025. À partir du 1er septembre 2025, les campagnes de promotion publicitaires des collectivités territoriales sont interdites (article L 52 1 du Code Électoral). Il doit y avoir égalité entre les candidats.
Une grande vigilance s’impose sur la propagande électorale de Karim Bouamrane… même si ce dernier a largement anticipé cette période de « diète » en occupant la scène médiatique depuis des mois avec une communication extravagante à sa propre gloire et avec un financement très obscure.
La dette de notre ville est passée de 169,8 millions en 2014 à 75 millions en 2025. Bravo aux deux municipalités successives d’avoir plus que divisé par deux cette dette.
« Rénovation de l’Ile des Vannes ».
La SOLIDEO a brûlé quinze millions d’euros pour rénover le complexe sportif de l’île des vannes. Ces quinze millions auraient été plus utiles pour doubler le pont de Saint-Ouen, sur lequel les camions semi-remorques frôlent les piétons et les vélos.
Effectivement le Maire actuel pousse un peu loin le bouchon avec son histoire de désendettement liée à son arrivée aux responsabilités. Une propagande tapageuse sur une excellente et incroyable gestion. Heureusement le ridicule ne tue pas.
A priori la rénovation de de l’île des Vannes, dans le cadre des J.O., a été une chance inespérée pour Saint-Ouen et l’Ile St-Denis. Cela dit la question du pont de St-Ouen reste un sujet important a traité en lien avec le franchissement sur la pointe de l’île des Vannes permettant une liaison nouvelle (automobile ou non) entre les deux éco-quartiers de part et d’autre de la Seine. Une question que nous avons évoquée ici il y a déjà pas loin d’une dizaine d’années.
Le 11 mars 2025, la Préfecture de Seine-Saint-Denis a publié un communiqué contenant quelques données sur la délinquance juvénile 2024 dans notre département. En 2024, en Seine-Saint-Denis, 15% des atteintes volontaires à l’intégrité physique, sont le fait de mineurs. Pour les agressions commises en Seine-Saint-Denis, un mis en cause sur sept est un mineur.
La délinquance juvénile explose à Saint-Ouen, et en Seine-Saint-Denis.
Bravo au maire d’avoir pris un arrêté de couvre-feu pour les moins de seize ans (mais pourquoi le faire démarrer à 23h30 et pas plus tôt ?).
Qu’est-ce qu’attend Karim Bouamrane pour prendre un arrêté municipal interdisant la détention et l’utilisation de cartouches contenant du protoxyde d’azote ?
Où est la tranquillité publique, quand des groupes de mineurs hurlent et crient à 23h45 dans les rues de Saint-Ouen, après avoir inhalé ce produit ?
Protoxyde d’azote : le maire aurait pu déjà, et sans publicités tapageuses, s’interroger sur des personnes « concernées » navigant dans la sphère municipale.
« à 7 semaines de la période de réserve électorale. » La période de réserve électorale démarre le 1er septembre 2025. À partir du 1er septembre 2025, les campagnes de promotion publicitaires des collectivités territoriales sont interdites (article L 52 1 du Code Électoral). Il doit y avoir égalité entre les candidats.
Une grande vigilance s’impose sur la propagande électorale de Karim Bouamrane… même si ce dernier a largement anticipé cette période de « diète » en occupant la scène médiatique depuis des mois avec une communication extravagante à sa propre gloire et avec un financement très obscure.
« une bonne ou une mauvaise gestion »
La dette de notre ville est passée de 169,8 millions en 2014 à 75 millions en 2025. Bravo aux deux municipalités successives d’avoir plus que divisé par deux cette dette.
« Rénovation de l’Ile des Vannes ».
La SOLIDEO a brûlé quinze millions d’euros pour rénover le complexe sportif de l’île des vannes. Ces quinze millions auraient été plus utiles pour doubler le pont de Saint-Ouen, sur lequel les camions semi-remorques frôlent les piétons et les vélos.
Effectivement le Maire actuel pousse un peu loin le bouchon avec son histoire de désendettement liée à son arrivée aux responsabilités. Une propagande tapageuse sur une excellente et incroyable gestion. Heureusement le ridicule ne tue pas.
A priori la rénovation de de l’île des Vannes, dans le cadre des J.O., a été une chance inespérée pour Saint-Ouen et l’Ile St-Denis. Cela dit la question du pont de St-Ouen reste un sujet important a traité en lien avec le franchissement sur la pointe de l’île des Vannes permettant une liaison nouvelle (automobile ou non) entre les deux éco-quartiers de part et d’autre de la Seine. Une question que nous avons évoquée ici il y a déjà pas loin d’une dizaine d’années.
« une efficacité plus que contestable »
Le 11 mars 2025, la Préfecture de Seine-Saint-Denis a publié un communiqué contenant quelques données sur la délinquance juvénile 2024 dans notre département. En 2024, en Seine-Saint-Denis, 15% des atteintes volontaires à l’intégrité physique, sont le fait de mineurs. Pour les agressions commises en Seine-Saint-Denis, un mis en cause sur sept est un mineur.
La délinquance juvénile explose à Saint-Ouen, et en Seine-Saint-Denis.
Bravo au maire d’avoir pris un arrêté de couvre-feu pour les moins de seize ans (mais pourquoi le faire démarrer à 23h30 et pas plus tôt ?).
Qu’est-ce qu’attend Karim Bouamrane pour prendre un arrêté municipal interdisant la détention et l’utilisation de cartouches contenant du protoxyde d’azote ?
Où est la tranquillité publique, quand des groupes de mineurs hurlent et crient à 23h45 dans les rues de Saint-Ouen, après avoir inhalé ce produit ?
Protoxyde d’azote : le maire aurait pu déjà, et sans publicités tapageuses, s’interroger sur des personnes « concernées » navigant dans la sphère municipale.