...nos politiques ?!


et pourtant….
A 9 jours d’intervalle, la Serre Wangari a accueilli deux réunions autour des enjeux climatiques, avec des objectifs et des contenus différents.
Le 9 décembre, la délégation audonienne de la COP 30 faisait une restitution, très proche de celle faite en ouverture du Conseil Municipal le 24 novembre où les informations portaient plutôt sur « ce qu’on a fait et ce qu’on a lu[1] ». Beaucoup de satisfaction de la part des jeunes de la délégation d’en avoir rencontré d’autres[2] pour échanger sur leurs conditions de vie mais aucun retour sur des orientations ou actions environnementales à venir. Certains jeunes s’engagent à aller dans les écoles audoniennes mais je n’ai pas bien compris le contenu de la transmission. Ravie donc pour cette délégation qu’elle ait partagé des connaissances et moments forts avec d’autres, qu’elle se soit ouverte à un autre « monde » mais déçue du peu de place dans les retours sur les problématiques écologiques de demain. C’est pourtant ce à quoi servent les COPs…Et quand l’ambassadeur climat de la France, Benoît Faraco leur a demandé ce qu’ils pensaient des résultats de la COP 30, mes dents ont crissé quand ils ont donné la note de 20/20 aux gouvernants présents à la COP et que leur réponse était loin de la question à propos des énergies fossiles ou de la déforestation par exemple….. Déçue aussi qu’aucun échange n’est eu lieu avec les participants de la salle alors que cela avait été annoncé !
Et quel dommage (!) qu’ils n’aient pas tous été présents (seulement 2) pour écouter et échanger avec Valérie Masson-Delmotte[3] le 18 décembre sur l’Urgence à Agir en matière de santé, alimentation, logement, accès à l’eau, transport sur les impacts recensés de l’accélération de la dégradation du climat. Leur avenir le vaut bien et ils en auraient appris tout comme moi !
On peut aussi difficilement comprendre pourquoi les têtes de liste pour les élections municipales et/ou leurs représentants n’étaient pas ou peu présents[4] ! Car prendre en direct des informations ou les entendre restituées, n’a vraiment pas le même impact sur notre compréhension et nos actes. J’espère qu’un grand nombre d’audoniens aura la curiosité et l’intérêt de regarder la vidéo tournée sur cette intervention d’Éducation populaire de qualité sur le site de la Coop des idées 93[5] à l’initiative de cette soirée.


Ce que j’ai retenu entre autres :
- Les conséquences catastrophiques des émissions des gaz à effets de serre sont à relier aux droits fondamentaux de l’Homme[6] et rendraient de fait les États responsables de leurs émissions vis-à-vis des citoyens[7] : Quels sont les devoirs climatiques des États et quelles conséquences juridiques en cas de non-respect ?
- Les politiques publiques environnementales en matière de protection ne se concentrent pas assez sur les publics à cibler et ne peuvent pas se contenter de taxer. Les décisionnaires doivent donc se poser les questions : qui doit bénéficier des aides et comment ? Si la température augmente en moyenne de 2 degrés, nous connaîtrons 5 fois plus de vagues de chaleur ; quelles conditions de vie dans les villes et pour l’agriculture cela engendrera-t-il ? Comment prévenir le manque et l’excès d’eau ? Comment développer l’électricité bas carbone ? Quid des datas centers et de leurs émissions de chaleur et consommation d’eau ?

Ils doivent s’appuyer sur les scientifiques et les retours d’expérience des pays du Sud.
- Des actions nationales et locales à déployer :
Par exemple en cas de fortes chaleurs, Prioriser les enfants et les femmes enceintes ou âgées[8] pour les mises à l’abri dans des lieux tempérés ainsi que l’aménagement des horaires dans les parcs publics. Cartographier les classes et les logements sociaux qui sont des passoires thermiques pour mieux rénover. Permettre aux populations les plus fragiles d’ accéder aux ilots de fraîcheur comme certaines cours d’écoles en dehors des horaires de classes. Organiser la captation du CO2 sur tous les sites industriels[9]. Organiser partout l’accès à l’eau en extérieur pour les personnes sans domicile fixe et les animaux. Favoriser la végétalisation d’ espèces qui consomment peu d’eau. Aider les moins argentés à accéder aux transports en commun et aux énergies durables par différents dispositifs. Des études ont montré que les apprentissages et la productivité baissent significativement au-delà de 34 °, prendre des mesures pérennes dans les milieux scolaires et du travail. Etc….
Donc une conférence et des réponses aux questions, passionnantes et surtout essentielles qui peuvent se prolonger avec d’autres acteurs-experts[10]. Merci à Henriette Zoughebi et Denis Vemclefs pour l’organisation de cette soirée.
[1] On nous a parlé d’un plaidoyer lu devant des personnalités à Salvador de Bahia et lu le soir du 18 décembre mais non publié
[2] Du Brésil, Sénégal, Mali, Bénin, Côte d’Ivoire donc sur un axe Afrique, thématique du Forum du Futur que Sophie Renaud, représentante de l’Institut Français, nous a indiqué.
[3] Paléoclimatologue, membre de l’académie des sciences et du Haut Conseil pour le climat, qui a été coprésidente du groupe 1 du GIEC entre 2015 et 2023.
[4] Florent Sevin et Emilie Lecrocq, présents pour la majorité municipale. le premier ayant fait en introduction un bilan de l’action écologique de la municipalité. Nous en reparlerons.
[5] Accueil – La Coopérative des Idées 93
[6] https://www.un.org/fr/universal-declaration-human-rights/index.html
[7] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/quand-les-etats-insulaires-font-bouger-la-justice-climatique-8842452
[8] Risque de déshydratation élevé du fait du % d’eau dans le corps et de la transpiration ou non.
[9] Puis son transport, son stockage voire son recyclage.
[10] https://sacochesclimat.ipsl.fr/


« ils ont donné la note de 20/20 aux gouvernants présents à la COP. »
Dans le texte final adopté à la COP30, il n’y a ni engagement contraignant à réduire globalement les émissions de gaz à effet de serre, ni de calendrier précis pour sortir des combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz).
Mettre 20/20 à cette COP30, c’est ne pas comprendre le blocage des grands producteurs d’énergies fossiles, sur l’inclusion d’un plan mondial de sortie progressive des combustibles fossiles dans l’accord final.
« peu de place dans les retours sur les problématiques écologiques de demain. »
Pas besoin d’aller au Brésil, ni dans une COP, pour comprendre les enjeux climatiques. Il suffit d’écouter les cours/conférences de Céline Guivarch membre du giec, ou d’écouter les débats/entretiens de Valérie Masson-Delmotte avec la presse.
De l’argent public audonien a été jeté par les fenêtres pour l’envoi d’une délégation à la COP30.