Journal municipal : fin de partie

Privés désormais du journal de l’actualité heureuse ! Le Maire actuel, qui comme chacun sait « ne fait pas de politique » et se bat contre la terre entière pour notre bonne ville, vient en effet de décider d’arrêter jusqu’aux élections la publication de son journal de Saint-Ouen-sur-Seine. Le fait du prince ! Un certain soulagement, avouons-le néanmoins si comme nous l’espérons, c’était son dernier. Du coup nous publions la longue épitaphe au vitriol de Mister Mayer de la dernière feuille de chou. Un plaisir mensuel entre « gaudriole et exagération » revendiquées qui va lui aussi disparaître. Tout fout le camp !

« C’est vrai, c’est vrai… j’ai procrastiné, j’ai tergiversé. Peut-être aussi me suis-je un peu lassé. Oui je le reconnais je n’ai pas chroniqué le journal municipal du mois de décembre. Il faut dire (je me cherche des excuses, alors que je n’en ai pas, feignant que je suis) qu’il était vraiment tout nul ce numéro. D’habitude ça ne vole pas haut, mais celui de décembre c’était vraiment le pompon de la niaisitude, le high level de la com’ ringarde, avec plein de trucs dégoulinants pour fêter Noël, avec un village de Noël moche, sans parler de la couverture du magazine elle-même horriblement moche (le stagiaire de la com’ semble encore avoir sévi). Bref autant de laideur et de suffisance, que voulez-vous moi ça m’a mis à plat. Du coup j’ai renoncé. Je suis humain après tout et je vous remercie de ne pas me jeter la pierre, vous qui, pour la plupart, balancez directement le journal sans même l’ouvrir (mais comment vous blâmer, l’effort de lecture est tellement surhumain). En même temps tous ces bons sentiments quand on sait que notre Maire se vante de ne pas reloger les colombiens qu’il met lui-même à la rue ou bien qui laisse croupir les habitants des Boutes en Train, ça fleure bon, tout de même, la charité bien ordonnée de dame patronnesse. Les pauvres oui, mais les bons pauvres, ceux qui sourient quand on leur donne la pièce.

Donc ce mois-ci je remets l’ouvrage sur le métier et je m’oblige à ingurgiter la prose indigeste de Delannoy (voyez mon abnégation).

Ça commence comme d’hab par l’édito et cette fois ci c’est du lourd (je sais je dis ça à chaque fois, mais tous les mois le Maire arrive encore à me surprendre dans sa petitesse). Du bien pataud, du bien lourdaud. De la bonne grosse mauvaise foi bien graisseuse. Donc voilà t’y pas notre Delannoy qui fait sa pleureuse parce que l’opposition se servirait de sa tribune pour faire de la politique et ce en pleine période électorale et que ça, c’est vraiment pas bien (ouhlalal c’est mal). Alors on lui rappelle à notre Maire qu’en fait on est en campagne depuis très exactement 4 mois et qu’à ce titre lui-même aurait dû s’abstenir de se servir de son édito et de sa feuille de chou comme d’un tract politique en faisant financer par nos impôts sa campagne. L’œil, la poutre, toussatoussa.

Du coup l’est vénère Delannoy. Il voit tout rouge, il a dû taper sur son bureau et balancer son smartphone à travers le bureau de rage. Et donc il a décidé quoi ? Et bien de renoncer à la publication de la prochaine feuille de chou de février. De rage il en casse son joujou. La ficelle est tellement grosse qu’elle en est presque vulgaire. En même temps ce seront autant d’arbres que l’on ne coupera pas pour imprimer ce qui s’apparente à un torchon, la praticité en moins (oui le journal est peu pratique pour essuyer la vaisselle). Et pour moi le mois prochain ce sera relâche (rendez-vous compte c’est donc la dernière chronique de la sinistre période Delannoy).

Ensuite on a quoi. Un article sur le conservatoire que nous aurions pu avoir si les gauchistes-socialos-écolos-communisites-zadistes-qui-boivent-des-bières-qui-puent-des-pieds-et-qui-pissent-dans-nos rues ne s’étaient pas escrimés à faire valoir leurs droits. C’est que tout gauchistes qu’ils sont les cultureux fumeurs de joints et bien ils sont finalement malins (qualité qui semble faire défaut à notre édile). Du coup que voulez-vous dans un état de droit on fait respecter le droit et il s’avère que l’expulsion de Mains d’œuvres était entachée d’irrégularités… Moi je vous le dis, ça a dû chier dans les ventilos à l’hôtel de ville, y’en a qui ont dû passer un mauvais ¼ d’heure. Il a dû falloir raser les murs pour ne pas subir l’ire de l’édile. Mais malgré les gesticulations assez pathétiques de Delannoy pour ne pas rendre les clefs ce dernier a bien dû s’y résoudre… Vivement qu’il nous rende celles de la mairie.

Donc deux pages sur un mirage : le conservatoire que nous aurions pu avoir, même si, compte tenu de la date d’expulsion de Mains d’œuvres, il aurait fallu faire fissa pour le construire d’ici à la fin du mandat (on se souvient de la piscine fermée plus de deux ans pour des travaux en définitive tout à fait mineurs).

Une page sur le stade Bauer pour nous informer que le Red Star y jouera quoiqu’il arrive, sa seigneurie ayant donné son accord pour que le club engage les travaux nécessaires… Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ? Sûrement une manière de montrer les muscles et jouer les petits Trump local. Pour au final un beau gâchis et du temps perdu inutilement.[1]

Ensuite 4 pages sur l’église… oui pas moins de 4 pages sur le ravalement d’un clocher (le reste de l’église avait été ravalé par l’ancienne majorité). Tu sais qu’il y tient notre Maire à son clocher. C’est un peu la revanche de Don Camillo sur Peponne. Le petit élu de droite étriqué sur ses valeurs contre les méchants cocos qui n’avaient rien fait qu’à délaisser le clocher de notre si belle église. Si comme moi ça vous en touche une sans faire bouger l’autre (pardon mesdames), parce que bon un clocher blanc ou noir finalement ça ne change pas grand-chose à nos vies, alors vous passerez bien vite sur ces 4 pages inutiles.

Du coup le Maire en profite pour nous soutirer un peu de pognon (de dingue ?) pour les prochaines réhabilitations via la fondation du patrimoine. Après nous avoir assommés par une hausse de 45% des taux d’imposition en début de mandat, ce dernier semble toujours bien disposé à nous faire les poches.

Du coup après les traditionnelles nouvelles à propos des petits jeunes et les repas à la cantine (mardi 14 février Saint Valentin oblige ce sera donc : Surimi mayonnaise, Lasagnes bolognaises, Samos, Fruit, Pain bio et local… Buuuuurp… Excusez mais moi le surimi mayonnaise passe moyen…), on a les traditionnelles nouvelles des petits vieux à savoir un point sur le Conseil des séniors (en voilà au moins qui ont la chance de pouvoir s’exprimer, ce n’est pas donné à tout le monde, mais tout le monde sait qu’un petit vieux ça vote et ça vote souvent à droite, du coup il est toujours bon d’entretenir de bonnes relations). Donc à la suite de ce Conseil des séniors, il apparait que Delannoy s’est engagé auprès d’eux pour rédiger un courrier à l’attention du Président de Plaine Commune pour lui signifier que la Ville est sale toussatoussa… Wouhou ben ça dis donc c’est une action audacieuse… ECRIRE UN COURRIER ! Ce doit être ça que l’on appelle le courage politique.

Une page de photos qu’il est beau notre Maire et qu’il se passe tout un tas de trucs super méga cool dans notre ville. Une double page sur les votes en Conseil municipal toujours sans explication aucune. Surement parce que la pensée complexe de notre Maire est difficilement vulgarisable à défaut d’être vulgaire.

La page des Tribunes où l’on se rend compte que ce qui a déclenché le courroux de notre édile est ni plus ni moins que la tribune de ses anciens affidés tu-quoque-mi-fili, mais si vous savez, les résistants de la 25ème heure. Ceux qui ont toujours tout approuvé jusqu’au jour où ils se sont dit qu’eux aussi avaient un destin municipal en dehors des bombers et t-shirts femmes à poils de leur ex-mentor. On n’est jamais mieux trahi que par ses amis.

Mots croisés, jeux des 7 erreurs, les naissances, les mariages, les décès, envoyé c’est pesé et hop c’est déjà fini.

Je passe sur les trois publicités pour les promoteurs qui bétonnent notre ville depuis 6 ans avec la bénédiction de notre bâtisseur en chef au bon goût assuré (confère les bombers et les t-shirts femmes à poils) et qui coulent leur béton à l’allure de meringue dans toutes les rues de notre ville. A 10 000 euros du mètre et des bananes ça va nous en faire du CSP+ bien mis pour voter aux prochaines municipales. Après pas sûr que les bombers t-shirts femmes à poils ce soit la came des CSP+. Mais bon c’est le pari de Delannoy depuis 6 ans et vu tous les déboires de ce mandat pas sûr que ce dernier ait visé juste.

Et c’est sur ces mots que je clôture mes ch’tites chroniques insignifiantes du magazine de la ville. Alors maintenant, mais je sais que je peux compter sur vous, parce que sérieusement au-delà de la gaudriole et de l’exagération (oui oui j’aime bien ricaner et exagérer parfois) nous avons pu nous rendre compte à quel point la ville a souffert ces 6 dernières années, donc vraiment faîtes gaffe le 15 mars prochain, votez bien, et surtout pas pour ceux qui ont mis en œuvre la politique que nous déplorons aujourd’hui genre Delannoy, Plomb, Zumbo-Vital et consorts (qu’on sort ? qu’on sort !). »

PM

[1] Stade Bauer :  Depuis cet article, nous apprenons dans le Parisien ce 30 janvier des nouveaux déboires de William Delannoy qui pourraient concerner le contribuable pour une décision réputée illégale :

Le Parisien du 30/01/2020

Stade Bauer : « J’ai le sentiment d’avoir été escroqué », s’insurge le PDG de Réalités

Yoann Joubert, le PDG-fondateur du groupe lauréat pour la reconstruction du stade Bauer, a décidé d’attaquer le maire de Saint-Ouen devant la justice. L’édile a recalé son projet au profit de son concurrent. http://www.leparisien.fr/sports/ile-de-france/stade-bauer-j-ai-le-sentiment-d-avoir-ete-escroque-s-insurge-le-pdg-de-realites-29-01-2020-8247504.php

 

 

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