Journal de campagne

 

Même les vacances scolaires ni feront rien, notre ami Philippe Mayer persiste, persifle et signe. Avec son humour grinçant habituel il passe au vitriol, avec délectation, le journal de notre bon petit roi Delannoy. Une friandise !

« Et c’est reparti mon kiki. C’est qu’il est de retour dans nos boîtes aux lettres le journal municipal. Ce mois-ci ma chronique arrive un peu tardivement pour cause de vacances (même les meilleurs ont droit au repos des braves) et d’éloignement de notre Saint Ouen adoré. Il est donc fort probable que la prose municipale qui vous a été adressée se trouve d’ores et déjà là où elle n’aurait jamais dû cesser d’être, à savoir dans vos poubelles, si ce n’est de « l’histoire », tout du moins « ménagères ».

Pourtant on l’attendait fébrilement le mag’ de ce mois-ci. C’est qu’entre les démissions d’élus de la majorité à 5 mois des élections (façon « tu quoque mi fili »), l’expulsion de Mains d’œuvres, la fin de l’enquête sur le PLUI, les permis de démolition en cascade, les permis de construire qui nous tombent dessus comme la vérole sur le bas clergé…, c’est qu’il y avait matière à débat dans les pages du canard audonien. C’est qu’on espérait un peu de matière avant de passer au jeu des 7 différences et au menu de la cantine. Alors autant vous le dire tout de suite et mettre fin au suspens insoutenable, ce journal ne fut que déception.

Ainsi tout commence, une fois n’est pas coutume, par la « une ». Une belle une avec des façades de notre ville et trois verbes « préserver, respecter, évoluer ». Sans doute une volonté de notre édile de se défaire de l’image de démolisseur de patrimoine et de reconstructeur façon Puteaux Levallois, plus clinquant et vulgaire que moi tu meurs ou bien tu ressembles à Nadine Morano (on ne sait pas bien ce qui est le pire). Une « une » donc qui annonce un dossier sur la volonté de Delannoy de préserver le patrimoine. C’est que le gars ne manque pas d’air. Plus c’est gros, plus ça passe (ce n’est pas toujours le cas en toute chose – on y reviendra si vous le souhaitez – , mais en politique c’est effectivement souvent exact). Donc voilà Delannoy élevé en chantre de la préservation du patrimoine de notre ville. C’est oublier la démolition de Fenwick, la démolition de Wonder, la démolition de la maison à la tête de lion de la rue Pasteur, la démolition de la maison rue Ernest Renan (pourtant classée au PLU, et donc totalement illégale, mais ça la légalité Delannoy comment vous dire…), la démolition de l’hôtel particulier de la rue Dalhenne, la démolition de l’hôtel particulier de la rue du Landy, la démolition de la chapelle avenue Michelet, la démolition des ateliers Tisserand du boulevard Biron, la démolition des deux maisons jumelles de la rue Picasso et j’en oublie très certainement.

Certains diront comme à leur habitude que oui mais les méchants cocos-socialos-écolos-qui-puent-des-pieds-et-portent-des-jeans-dégueulasses-même-que-c’est-pas-des-Moschino ont bien fait pareil lorsqu’ils étaient aux manettes. Et je ne pourrais que souscrire à cela. Mais pourquoi reproduire les mêmes erreurs. Pourquoi faire croire que sous Delannoy le patrimoine est préservé alors même que l’on n’a jamais autant démoli que depuis 2014. Et surtout pour reconstruire quoi ? Toujours le même immeuble dupliqué à l’infini. Toujours le même immeuble construit par le même architecte à savoir DGM Levallois. Toujours les mêmes meringues en simili art-déco aux balcons ronflants et à la densité digne des faubourgs singapouriens. Alors oui c’est vrai qu’avec Delannoy le patrimoine des investisseurs est très largement préservé. Voilà notre ville soumise à la razzia des investisseurs. Ces copropriétés sont les copropriétés dégradées de demain avec des investisseurs qui revendent leur bien avant même d’y avoir installé leur premier locataire tant la valeur de l’appartement a augmenté entre le moment de l’achat et le jour de la livraison. Il n’y a plus qu’à espérer que crève cette bulle immobilière absolument néfaste qui ravage nos villes et Saint Ouen en particulier au profit de ces mercenaires de la pierre.

Voilà, voilà, j’ai tout gagné, ça m’a agacé et c’est pas bon pour mon cœur comme me le répète souvent mon mari.

Du coup je suis moins rempli d’allégresse pour prendre connaissance de l’édito de Delannoy qui ce mois porte sur ? Je vous le donne en mille ? Mains d’œuvres of course. Parce que William ça l’énerve aussi un brin cette histoire de gauchos-en-stan-smith-qui-pissent-leur-bière-dans-nos-rues-dixit-l’inénarrable-Fouquart-et-empêchent-nos-dealers-locaux-de-travailler-correctement. Tout y passe « anarchie » « squatteurs » « pensée unique » « infraction » « déni » « impunité » « enfumage »… C’est sûr qu’après avoir expulsé les cultivateurs de carottes et d’anémone (j’adore les anémones) des jardins Guinot, que Delannoy a quasiment assimilé à des empoisonneurs d’enfants dans un précédent édito, il était temps de faire de même avec les cultureux de Mains d’œuvres quitte à raconter n’importe quoi s’agissant de loyers impayés et autres foutaises dont notre Maire ne cesse de se repaître, à croire qu’il finit lui-même par se convaincre de ce qu’il raconte.

Et puis il faut avouer que c’est assez savoureux de lire sous la plume de Delannoy (enfin de son cabinet) des récriminations quant au non-respect des décisions de justice alors même que la procédure d’expulsion fait l’objet d’une instance en appel fixée au 3 décembre et que Delannoy himself s’est assis sur une décision de justice sur l’illégalité de la fusion SEMISO – OPHLM. Que Delannoy himself a accordé un permis de démolir pour une maison pourtant classée au PLU. Bref que Delannoy sait en appeler au respect des décisions de justice dès lors qu’elles ne le concernent pas.

On passera aussi sur le fait que Delannoy continue à opposer construction d’un nouveau conservatoire et Mains d’œuvres comme s’il n’y avait pas la place pour ces deux équipements dans notre ville.

Juste comme ça encore en passant, on notera que Delannoy n’a toujours pas renoncé à son éditorial alors qu’il se sert de cet espace pour faire de la politique. On ne désespère donc pas que les deux derniers magazines soient réintégrés dans son compte de la campagne par la Commission de contrôle des comptes de campagne. On espère également qu’il en sera de même pour le film promotionnel –sic – diffusé lors de la réunion avec les nouveaux habitants où, sur une voix off d’enterrement, on nous explique que Saint Ouen bénéficie d’un nouvel élan depuis 2014 grâce à l’action de Delannoy et de sa garde rapprochée (un peu moins rapprochée en ce moment faut reconnaître) le tout sur une image du Maire devant le monument aux morts (ce qui veut peut être signifier que l’élan va se finir les deux pieds au fond du trou, on ne sait pas ce que le réalisateur a voulu nous dire avec ce montage pour le moins surprenant).

Je digresse, je digresse et avec tout ça je perds le fil du magazine.

Sinon on nous refait le coup de l’inauguration de l’école Jean de La Fontaine. Deux pleines pages avec de l’écharpe tricolore, des sourires, des parents heureux, des zolies couleurs et de zolis z’enfants trop contents d’aller à l’école. On avait déjà eu droit à une double page dans le précédent magazine et cinq pages dans le journal de mai. Tu sais que Delannoy veut que l’on sache qu’il a construit une école. En même temps comme c’est le seul investissement de son mandat on comprend qu’il s’acharne à nous le faire savoir dans sa feuille de chou, faut qu’ça rentre (plus c’est gros touça touça). Dommage que cette école ne soit pas pour les enfants du quartier, dommage que la carte scolaire soit tripatouillée de telle sorte que les familles sont écartelées entre plusieurs établissements et que les enfants seront condamnés à changer plusieurs fois d’école durant leur scolarité. On s’en fout qu’on vous dit tant que y’a des zolies couleurs.

Page 6 du journal. Pan ! On nous ressert le communiqué de presse sur Mains d’œuvres. C’est pas cher et ça meuble. Pas grave si c’est outrancier, peu argumenté et surtout totalement faux. C’est l’occasion pour Delannoy de rappeler qu’avec le conservatoire le quartier va retrouver sa quiétude, laissant croire en creux que Mains d’œuvres mettait à feu et à sang les rues du quartier. Pour connaitre nombre d’habitants de ces rues, il me semblait qu’ils étaient plus exaspérés par les dealers qui squattent rue Etienne Dolet que par les enfants et leurs familles qui venaient à la Momo…

Bon donc après on a le dossier sur les belles meringues de Levallois. Je n’en reparle pas ici ça fait tachycarder mon palpitant.

Un petit article sur Babette de Rozieres que je ne connaissais pas mais que notre bon Maire a cru bon de devoir faire venir dans une de nos écoles. Je ne la connaissais pas mais un rapide tour sur sa bio m’apprend que cette personne charmante au demeurant est conseillère régionale LR… Entre amis on sait se rendre service.

Et sinon ? Et bien et sinon c’est comme d’habitude, les activités des séniors que l’on doit appeler ainés semble t’il alors qu’en vrai c’est juste des vieux (on dit bien jeunes pour les jeunes on peut bien dire vieux pour les vieux non ?).

Trois pages de photos, dont une de notre Maire un peu boudiné faut reconnaître dans son t-shirt Star Wars (j’vous ai mis la photo. De rien c’est cadeau)

Quatre pages de publicités pour de beauuuuuuux programmes immobiliers à destinations des investisseurs (non, non promis je n’en parle plus vous savez ce que j’en pense).

Le sudoku, les mots fléchés, les 7 erreurs façon salade indigeste, les menus de la cantoche.

Un article sur les astuces pour lutter contre les vols de vélos. Alors ça c’est assez croquignolet quand on sait que sous l’ère Delannoy (qui nous l’espérons vivement connaîtra son terme assez rapidement) aucune piste cyclable n’aura été créée (sauf le moignon avenue Gabriel Péri et encore s’agit-il d’un aménagement départemental dont le débouché sur la porte de Saint Ouen confine à l’assassinat des téméraires vélos qui se jetteront dans la jungle automobile), et la ville a renoncé au Vélib alors que par définition ce service permettait aux audoniens de pouvoir se déplacer à vélo sans crainte qu’on ne leur vole leur monture.

Et puis ? Et puis c’est tout. Une édition somme toute similaire aux précédentes avec un Maire qui n’est jamais rentré dans son costume de Maire et qui se complaît dans celui d’opposant. Lui qui est devenu l’opposant des habitants, lui qui ne vit pas notre ville, qui ne l’a jamais comprise. Le journal municipal n’en est que le triste reflet. Vivement que ça se termine.

Pof ! Poubelle ! »

 

 

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3 réflexions au sujet de « Journal de campagne »

  1. « la ville a renoncé au Vélib alors que par définition ce service permettait aux audoniens de pouvoir se déplacer à vélo »

    que c’est rédigé avec tact et mesure.

    @Philippe vous voulez dire que William Delannoy a pourri la vie de plusieurs centaines d’audonien(ne)s en augmentant leur temps de trajet domicile/travail ?

    depuis janvier 2018 c’est la galère pour aller et revenir du travail sans Vélib.

    les contrats avec le consortium Smovengo démarrent au 1er janvier de chaque année (il faut recréer les infrastructures. le plus difficile étant l’alimentation électrique)

    alors si en mars 2020 la liste de gauche gagnait les élections municipales, il faudrait attendre janvier 2021 pour avoir de nouveau quelques stations Vélib à Saint-Ouen.

    espérons que la ligne 14 du métro arrive à Saint-Ouen avant 2021.

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