Plus vrai que nature

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L’écologie c’est un peu comme le féminisme : ça ne s’improvise pas au détour d’un éditorial du journal municipal. Le Maire, faute de nous informer régulièrement et précisément de ses grands projets préfère fêter à sa façon les anniversaires du calendrier. Hier la journée de la femme, aujourd’hui la fête de la nature. Toujours avec ses gros sabots.

Découvrant « l’envie de jardinage » de ses concitoyens urbains forcément difficile à satisfaire, il lance sa grande idée : « pourquoi ne pas transformer cette envie de jardinage en espaces plantés et fleuris au pied de nos immeubles ». Bah oui, voilà une idée qu’elle est bonne ! D’ailleurs des habitants de la ville ne l’ont pas attendu pour commencer à s’y employer modestement ici ou là.

Mieux notre roi de l’économie, alternatif dans l’âme, suggère que « les particuliers, bénévoles, locataires, propriétaires » se prennent par la main organisant eux-mêmes « les chantiers de fleurissement et de plantations participatifs » en s’organisant « en associations » comme en « Hollande » (sic). Ras-le-bol donc « des espaces communs confiés à des sociétés d’entretien : du « cher en charges » pour « un résultat pas toujours à la hauteur ». Du collectif et du participatif qui nous dit-il est « envisageable pour les résidences de la Semiso ». A n’en pas douter les associations de locataires vont bondir de joie.

A l’arrivée, on mise tout sur la spontanéité et la ville n’annonce en réalité aucun accompagnement technique, matériel ou financier même modeste et progressif pour encourager ce type d’initiatives. C’est donc en l’état au mieux du vent et des bons sentiments.

William Delannoy, qui en fait toujours un peu trop, tente par ailleurs de nous rassurer : ses beaux programmes immobiliers (ndlr : made in Levallois) qu’il s’emploie à tartiner sur la ville « répond(ent) aux demandes strictes de son équipe municipale » avec notamment « des jardins intérieurs et des espaces verts ». Pour les naïfs : voir les permis de construire ou simplement les plaquettes commerciales de la 2ème phase des Docks, de Valéo, de Wonder et d’autres encore qui parsèment la ville[1]. Surtout, qu’ils cherchent avec attention les parties en pleine terre et les arbres de hautes tiges sur les dalles de parkings ou les transparences depuis l’espace public sur les cœurs d’îlots végétalisés.

A vot’bon cœur, faîtes-le vous mêmes, Small is beautifull… Il n’est pas besoin de lire entre les lignes pour comprendre le peu de vision et d’ambition du Maire et de son équipe en matière d’espaces verts dans le développement urbain accéléré de la ville. Oui, de ceux-là même qui dénonçaient, il y a peu encore, le Grand Parc « en béton » des Docks (!)

Enfin, on s’étonnera (ou pas) que le Maire, tentant bien maladroitement de vanter les mérites de micro-projets alliant jardinage, collectif et associatif n’évoque pas le sujet des « Jardins Guinot ». Un dossier délicat (et discutable) d’occupation d’une parcelle publique mais qui fait désormais partie du paysage d’une partie du quartier Debain.[2]

Au stade actuel, les manœuvres et les assignations en justice de William Delannoy devront nécessairement être abandonnées au profit de la négociation d’une occupation dans un cadre contractuel clair et transparent. Et, pour éviter à l’avenir d’en arriver là, servir d’exemple à une réflexion plus large sur les parcelles publiques en attente d’aménagements ou de constructions à moyen termes[3].

Eric PEREIRA-SILVA

[1] Le journal municipal malgré cette ode à la nature conserve ainsi ses pages publicitaires (dans ce n° p17 et 19) pour des programmes de logements privés de 7 à 10 étages dont on ne discerne que la végétation luxuriante… des balcons . Ce n’est pas le fleurissement (habituel), le label « ville fleurie 3ème Fleur » (qui prête à sourire), les nouvelles règles sur la végétalisation naturelle ou l’interdiction des désherbants chimiques dans les cimetières (imposée) qui constituent une originalité locale.

[2] RESUME DES EPISODES PRECEDENTS (du moins ce que l’on a compris

avant 1avant 2après 1après 2

« Les jardins Guinot », c’est à l’origine simplement la cour de l’ancienne gendarmerie (entrée rue du Dr Bauer) où stationnaient les véhicules (sortant rue Guinot). Ladite gendarmerie désaffectée fut rachetée pour une petite opération de logements de la Semiso au cours du 1er mandat de l’ancien Maire (2001-2008). Sauf erreur une opération en deux phases avec, dans un 1er temps, 7 logements en accession « à prix maitrisés » dans la réhabilitation du petit immeuble sur Bauer. A priori l’arrière est resté en stand by avec un stockage d’une entreprise de BTP. Quelques voisins ont pris alors possession des lieux (en 2012) pour développer un lieu de convivialité de proximité.

Une situation a priori plus ou moins tolérée par le Maire de l’époque (Jacqueline Rouillon) qui ne régularisera pas toutefois la situation. Une occupation « anti-béton » vue alors avec beaucoup de sympathie par William Delannoy et ses amis. Ce dernier a semble-t-il découvert après son élection que ce bien public (occupé) ne pourrait pas générer les recettes attendues.

Le Conservatoire contre Maind’œuvres, l’école contre la Bourse du travail…comme à son habitude il a instrumentalisé le projet de jardin d’enfants de l’association le Tipi en lui accordant un permis de construire sur ce terrain pour « contrer » l’association des jardins Guinot. Celle-ci refusera au final de partager ce petit espace.

Au fil des ans, ce petit espace est devenu un lieu fréquenté au-delà du premier cercle d’occupants et notamment le week-end et le soir par les enfants avec de la musique, du jardinage, des jeux…

Quoi que l’on pense, après 5 ans, difficile à rayer d’un coup de crayon ! Même si la politique du fait accompli est difficilement défendable dans l’absolu (surtout pour des biens publics), l’histoire ne repasse pas les plats.

Au nom de sa majorité, William Delannoy, poursuivrait désormais en justice les occupants (demande de 13 000 € et 1000€/mois !). A-t-il un projet et lequel sur ce site ? Que fera-t-il l’autre site « occupé » appartenant à la ville, et beaucoup plus grand impasse Juif ?

Une chose est certaine, le Maire a déjà permis une belle photo de famille des perdants des élections municipales autour du vainqueur des législatives. Tous très attachés à ce petit coin de nature…

union de la gauche Guinot

[3] Réfléchir sur l’ensemble de la ville à sur diverses parcelles à des conventions d’ occupations précaires et temporaires avec une durée déterminée, un cahier des charges, un principe de relocalisation (ou pas) et un accompagnement technique et logistique éventuel… et sur Debain prévoir un vrai aménagement cohérent et paysager de la place Debain (inclue) à la rue des Poissonniers sur la bande comprise entre les rues Debain et des Gravier.

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4 réflexions au sujet de « Plus vrai que nature »

  1. Merci Eric pour ce très bel article ! et pour avoir fait le focus sur Les Jardins de Guinot ! Surtout en ce moment, difficile pour nous tous, riverains, membres actifs de l’asso qui ne comptons plus nos heures passées bénévolement à faire que ce coin de nature unique deviennent un coin incontournable du quartier !

    Les sourires des centaines de personnes qui se déplacent pour chaque événement que nous organisons nous comblent, tout comme ceux des voisins, travailleurs qui y passent pour déjeuner, discuter, jardiner, tout comme ceux aussi des enfants des écoles voisines qui découvrent accompagnés de leur enseignants, le jardinage les insectes …

    Mais cela ne suffit malheureusement pas à convaincre Mr le Maire de nous recevoir et de nous écouter …. au contraire il tente désespérément de nous mettre à terre sans aucunes concertations …

    Nous restons plus que jamais convaincus que Les Jardins de Guinot participent à créer du lien entre les habitants du quartier du lien et de la solidarité dont nous avons tous besoin !

    Les quelques 400 personnes présentent hier au jardin pour fêter avec nous et en fanfare les 5 ans d’existences des jardins nous donnent le courage de continuer à y croire !

    Les élus et représentants politiques qui ont accepté de venir poser ensemble sur une photo, pour réaffirmer leur soutien au jardin en dépassant alors les clivages ou discordes nous ont eux aussi au delà de l’émotion de ce beau moment nous prouvent que notre mobilisation est belle et qu’elle en vaut la peine ! ( Encore merci à tous qui avez acceptez tout de suite cette invitation !)

    Sans oublier également les quelques élus de la majorité qui, même s’ils n’étaient pas présents sur cette belle photo sont passés également pour affirmer leur soutien au jardin ….. ( on compte sur vous pour un soutien public !!)

    Soyons utopiques, n’ayons peur de rien !
    Longue vie aux jardins de Guinot …

    PS : une pétition est toujours disponible à la signature ….. déjà plus de 1000 signatures en 5 jours… rdv sur notre page facebook Les jardins de Guinot

  2. Effectivement, belle photo de famille pour la défense du jardin Guinot avec 3 anciens élus de la majorité précédente.

    Pas souvenir de les avoir lus et/ou entendus à l’époque sur ce jardin ou sur celui de l’impasse Juif.

  3. Et si les  » Jardins de Guinot « avaient accepté la proposition municipale de partage de ce terrain (propriété de la ville ) avec le Tipi, naurait il pas ainsi de xait pérennisé leur position, avec une concession d’occupation , celle là même que l’ancienne equipe municipale n’a jamais établi.

    • Sans doute. C’était une (petite) porte de sortie mais on nous a indiqué que l’association « Jardins Guinot » avait voté en interne (dans des conditions que certains ne trouvent pas très claires) et avait rejeté d’un cheveu cette hypothèse de partage. Ce qui est certain c’est que tout ça a été bien mal emmanché par les uns et les autres.
      Une histoire à suivre et surtout à méditer pour l’avenir et d’autres petits site de proximité.

      EPS

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