Wonder : 2ème round !

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55plan photos Wonder

Depuis de longues semaines, pas d’étincelle ni de coup de projecteur et encore moins de déclaration tonitruante contre le projet de bétonnage maximum au cœur des Puces. Qu’on se rassure (ou s’inquiète) les opposants résolus au pseudo « village des Puces »* ont travaillé d’arrache-pied et n’ont pas baissé la garde.

Avec près de 500 logements privés et plus de 600 parkings au cœur des Puces, le permis de construire de la société « Paris Périph »[1] obtenu le 19 juillet 2017 (ndlr : signé par le Maire[2]) a fait l’objet comme nous l’avons déjà évoqué[3] de très nombreux recours gracieux[4]. Le Maire William Delannoy et le maître d’ouvrage, n’ont pas cru utile de répondre à l’argumentaire des centaines de personnes contestant le projet ou plus simplement aux questions précises posées.

Un black-out qui fait suite au déficit d’information et à l’absence complète de concertation depuis l’origine sur cette opération hors d’échelle. Une méthode évitant de s’embrouiller dans des explications délicates et destinées à décourager les contestataires de tous poils mais qui pourrait se révéler hasardeuse. Sans compter que le juge du Tribunal administratif pourrait quelque peu s’en émouvoir…

Commerçants, riverains, habitants du secteur, parents d’élèves…pour l’heure beaucoup d’« éconduits » ont donc dans ces conditions formulé des recours contentieux (individuels ou collectifs) auprès du Tribunal administratif de Montreuil (avant le 19 janvier dernier). Des mémoires a priori solidement étayés sur la forme et le fond évoquant, la concertation, la procédure, les règles d’urbanisme, la circulation, la zone de protection des Puces, des incohérences et des zones d’ombres nombreuses.

Sauf si « l’intérêt à agir »[5] de tout ce beau monde était écarté d’un revers de manche par un juge, on ne voit pas trop comment ce dossier pourrait désormais passer comme une lettre à la poste ou du moins ne pas prendre quelque temps à éclore.

Puisant leur inspiration à Levallois, les amis bâtisseurs du Maire ne s’y trompent pas d’ailleurs. Après quelques messages codés sur de possibles arrangements, la promesse d’un comité de suivi du chantier[6], ils commencent à pratiquer (tardivement) la câlinothérapie. Ainsi, aux dernières nouvelles, après avoir mis la barre très haute ils affichent lâcher un peu de lest : une (toute) petite partie de logements remplacée par une résidence pour personnes âgées, des remises et des parkings dédiés pour les commerçants des Puces… Quant à l’énorme flot de voitures qui sera déversé en permanence par l’opération, ils sont bien d’accord pour que ce soit là ou c’est moins pire[7]. Bref, ils font de gros efforts et sont désormais très ouverts à la discussion (mais pas avec tout le monde). Concéder quelques miettes aux oiseaux pour préserver l’essentiel : une opération immobilière géante qui s’apparente à une opération d’aménagement et à un nouveau quartier.

Pour l’heure, avec un chantier d’au moins 4 ans en perspective[8], il faudrait d’abord que la Société Paris Périph (Foncière Volta) obtienne assez vite un permis de construire « purgé des recours des tiers » pour envisager peut-être de céder l’opération ou en tout en cas le début de commercialisation des futurs programmes[9]. Voire, s’il y a de légère modifications, comme elle le suggère aujourd’hui, qu’elle dépose un permis de construire modificatif qui pourrait… ne pas faire l’unanimité.

Autant dire que l’année 2018 pourrait être décisive sur ce dossier emblématique pour les Puces.

A suivre…

Eric PEREIRA-SILVA

 

* photos : derrière le joli « Village » (6) les grandes barres de logements dans le ciel bleu (1, 2 , 3 et 4)

[1] Société liée à la Foncière Volta dont un des principaux actionnaire est Hervé Giaoui

[2] Le maire qui au préalable a fait changer le Plan local d’urbanisme (PLU) pour transformer ces terrains jusqu’ici classés pour des activités, en friche et très pollués en terrains destinés pour une grande partie à une gigantesque opération de logements privés. Un tour de magie transformant le plomb en or pour son propriétaire sous réserve de densifier au maximum sans trop se préoccuper des conséquences sur le quartier et les Puces.

[3] dernier article du 18/07/2017 http://www.soignetagauche.fr/2017/07/wonder-le-bras-de-fer-continu/

et aussi en annexe après les notes les liens avec les articles précédents sur ce blog depuis août 2015

[4] Le recours gracieux consiste à saisir l’autorité (ici le Maire) qui a pris la décision de délivrer le Permis de construire (le 19 juillet) aux fins d’obtenir (en quelque sorte « à l’amiable »), le retrait du permis, c’est à dire son annulation dans un délai de 2 mois (19 septembre 2017).

Si ce n’est pas le cas, ceux qui ont porté un recours gracieux peuvent saisir par un recours alors « contentieux » le Tribunal Administratif dans un nouveau délais de 2 mois (soit ici le 19 janvier 2018) pour obtenir l’annulation de la décision. Ils rejoignent ceux qui ont éventuellement formulé, d’entrée de jeu, un recours contentieux dès l’obtention du Permis.

[5] Afin d’éviter les recours abusifs qui freinent la construction (notamment de logements), « l’intérêt à agir » peut être pris au sens le plus restrictif et se limiter aux riverains directement impactés de manière directe. Dès lors tout est possible y compris le plus absurde.

[6] Un comité de suivi du chantier notamment de dépollution réclamé à corps et à cris par les parents d’élèves du groupe scolaire Joliot Curie à deux pas du site et qui commençaient à chercher des noises au Maire jusqu’au perron de son Conseil municipal.

[7] Si on a bien compris dans l’ordre : Bauer, Michelet et Rosiers et un peu sur ces trois voies. Un choix cornélien puisqu’à l’arrivée, dans tous les cas de figure tout le secteur sera congestionné avec un flux de véhicules butant sur la Porte de Clignancourt.

[8] Un long chantier avec déjà au minimum 1 an de mise en état des sols (démolition, dépollution) et 3 ans de construction. Donc des livraisons plutôt fin 2022… si tout va bien.

[9] Foncière Volta étant un opérateur foncier elle pourrait céder l’ensemble en l’état à un grand promoteur dont c’est le métier de construire et commercialiser dès le permis purgé et/ou les démolitions réalisées.

annexes

Enquête discrète  (4/08/2015)            http://www.soignetagauche.fr/2015/08/enquete-discrete/

Nom de code : AH 70   (30/05/2016)          http://www.soignetagauche.fr/2016/05/nom-de-code-ah-70/

Wonder(full) !*  (4/06/2016)             http://www.soignetagauche.fr/2016/06/wonderfull/

Main basse sur la ville…  (9/02/2017)  http://www.soignetagauche.fr/2017/02/main-basse-sur-la-ville/

Enquête sur un gros « village » (5/04/2017) http://www.soignetagauche.fr/2017/04/enquete-sur-un-gros-village/

Dynamiser ou dynamiter les Puces ? (21/05/2017) http://www.soignetagauche.fr/2017/05/dynamiser-ou-dynamiter-les-puces/

Affaire immobilière Wonder (28/06/2017) http://www.soignetagauche.fr/2017/06/affaire-immobiliere-wonder/

 

 

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6 réflexions au sujet de « Wonder : 2ème round ! »

  1. Ce projet Wonder est absent du dossier Urbanisation : les grands chantiers de 2018 paru dans le journal de la ville de janvier dernier et repris sur le site audonien.com

    http://www.audonien.com/IMG/pdf/JSO27-Janv18.pdf

    Je vous invite à consulter ce site par mots clés. Les postures et les déclarations d’hier sont parfois à l’opposé de celles d’aujourd’hui.

    Feu le centriste Edgar Faure disait « ce n’est pas les girouettes qui tournent c’est le vent » et « Il est indispensable de distiller un peu de vérité pour faire passer un gros mensonge. »

  2. C’est pas mal ce petit dossier qui regroupe les principaux chantiers de la ville. C’est vrai que Wonder n’apparait pas (pas encore ?). Les projets du « Vieux » n’apparaissent pas non plus il me semble. Et puis rien du côté de Michelet-Debain a priori.

  3. Je constate que je suis une nouvelle fois censuré sur mon précédent post, certes humoristique mais avant tout politique.
    Je vous dit donc au revoir.
    Cordialement
    ¥$€NGRIN

  4. Les français se ruinent pour se loger.

    Le rôle des partis de gauche devrait être de tout faire pour provoquer un krach immobilier.

    Un effondrement des prix des logements permettra à 28,5 millions de familles françaises de gagner en pouvoir d’achat.

    Il existe en France 35 millions de logements dont 3 millions sont vacants et 3,5 millions des résidences secondaires. En trente ans les prix au m2 des logements ont triplé.Cette bulle immobilière est artificiellement entretenue par les promoteurs et par les constructeurs. Le secteur immobilier crée la rareté dans les grandes villes afin de maintenir ses profits.

    Au 21ème siècle en France combien de générations de travailleurs dépenseront encore une grande partie de leurs revenus pour se loger ?

    Ces prix extravagants barrent la route à la propriété, aux classes populaires et aux classes moyennes.

    Il faut saturer le marché pour entraîner un effondrement des prix. Il faut construire en masse des logements dans la métropole du Grand Pais, pour provoquer un krach immobilier et stopper l’appauvrissement de la population active française.

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