Bilan ou testament ?

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Paquet cadeau du dernier journal municipal, mensuel de l’actualité heureuse dans un monde hostile, un bilan de mi-mandat intitulé : « 2004-2017, 3 années structurantes…, 2017-2020 3 années pour continuer ! 8 pleines pages dont une entière consacrée au super éditorial du Maire qui semble seul à bord, 1 page sur les transferts (catastrophiques) des compétences[1] , 1 page sur le redressement (spectaculaire) des finances communales et enfin 5 pages sur les différents secteurs de la vie municipale[2].

Signe d’une toute puissance illusoire ou d’une perte de sang froid face aux enjeux ? William Delannoy ne peut éviter une nouvelle fois des propos outranciers sur l’héritage des « 70 ans (passés) d’idéologie et de gestion communiste », « les caisses (laissées) vides avec des dettes abyssales par ses prédécesseurs qui pratiquaient « l’habitude de gratuité pour tous, de petits fours et de champagne pour les amis ».

Il en va de même pour ses propos guerriers avec ses « nombreux bras de fer », « batailles » « joute(s) » contre l’Etat, le Département, Plaine Comme, la Mairie du 18ème

Malgré cette adversité, le nouveau pouvoir municipal a réussi nous dit-on « à bouleverser la donne », permis « d’amorcer une nouvelle dynamique tourn(ée) vers le futur » qui permet déjà de devenir une ville dont « la transformation est en marche », une ville « emblématique du Grand Paris », « incontournable de la petite couronne », « branchée ». On l’aura compris mieux ce serait trop.

En réalité, ce pseudo bilan reste un mélange d’actions engagées de longue date dont on s’attribue la paternité[3], des évolutions plus ou moins accompagnée par la ville [4], de quelques réalisations forcément limitées de la nouvelle équipe[5], d’opérations futures encore incertaines[6] et enfin de grands projets qui ont « atterris » dans notre ville[7].

Curieusement dans cet inventaire à la Prévert, un gros trou de mémoire : rien sur l’opération Wonder au cœur des Puces avec ces 500 logements privés et plus de 600 places de parkings pourtant lourdement accompagnée par la ville et dont le permis de construire vient d’être délivré par le Maire. De la modestie ?

On aura donc au final un pensum aussi indigeste, invérifiable qu’illisible, là ou l’on devrait avoir simplement des échanges et des débats avec la population sur les grands et petits sujets à l’échelle de la ville ou du quartier. Ce qu’une poignée d’illuminés appelle la démocratie participative.

Certes, l’ancienne Maire ne nous avait pas épargnés ce genre de « bilan globalement positif » pondu d’en haut à la veille des élections. La vulgarité en moins et la com. en plus. Cela hélas ne nous console pas, d’autant qu’avec ce bulletin de propagande à mi-mandat nous aurons, avec celui de clôture dans 3 ans, une double ration.

En réalité, derrière cet épais catalogue, faute d’avoir des résultats significatifs sur la sécurité, l’environnement, les grands équipements sportifs[8], le commerce, la vie démocratique… bref sur ses engagements de campagne électorale[9], William Delannoy entend perdurer malgré un grand désamour de son électorat et une majorité municipale divisée[10].

En muselant l’information et la concertation, il va surtout poursuivre sa gouvernance solitaire et ses coups d’éclats populistes, persévérer dans sa frénésie immobilière incontrôlée et surfer sur les grands projets qui s’invitent à Saint-Ouen.

Pas certain que cela suffise pour la suite.

Eric PEREIRA-SILVA

***

[1] La présentation très négative laisse à penser que les communes, notamment de la Région Parisienne, auraient dû continuer à vivre à l’ombre de leur clocher en espérant trouver des solutions aux grands problèmes de notre agglomération. Dommage car chacun sait qu’il n’en n’est rien et le Maire lui-même qui est Vice-Président de Plaine Commune et siège au bureau de la Métropole du Grand Paris.

[2] Dans ces huit pages, qui s’ouvrent sur la photo du Maire et son éditorial sur 3 colonnes, on indiquera ici ou là : « l’équipe municipale et moi même » ou «  William Delannoy et son équipe municipale » mais aucune photo ou nom du moindre Adjoint au Maire. Même la grande argentière (Wahiba Zedouti) supposée avoir terrassé la dette et ouvert les portes de l’avenir n’est pas citée. Sans doute pour éviter de faire de l’ombre au grand timonier.

[3] Des actions engagées de longue date dont on s’attribue la paternité (ou qui se poursuivent) comme l’opération des Docks, son école et son gymnase ou encore les bureaux programmés qui seront occupés par l’administration Régionale, les projets de rénovation urbaine Anru (Vieux St-Ouen et Cordon), la poursuite des « améliorations des circulations routières et piétonnes « (passages protégés « trottoirs élargis »,), les campagnes de verbalisation pour les dépôts sauvages et de sensibilisation pour la gestion des déchets, la végétalisation de l’espace public…

[4] Des évolutions plus ou moins accompagnée par la ville : L’hôtel « Manhatan devenu un Mercure » (!), la création de crèches associatives, l’installation de 2 écoles privées (hors contrat) « à pédagogie alternatives » (Montessori), l’ouverture de salle de sports privées..

[5] Des réalisations forcément limitées de la nouvelle équipe comme le « service minimum » dans les écoles en cas de grève, l’armement de la police municipale le (début de) déploiement de la vidéo protection, des chèques cadeaux pour es jeunes diplômés (en fonction de la mention obtenue !), « Conseil des seniors et banquet « (plus de 65 ans) à Paris (bateau-mouche ou cabaret), la mise en place (obligatoire) du « Conseil citoyen » pour la rénovation urbaine (Anru), des « nouveaux critères d’évaluation » pour les subventions aux associations, un contrôle plus stricte des « cartes de marchands non sédentaires », « augmentation de projets immobiliers privés », « relogement des locataires du 10-32 V. Hugo » à proximité et à prix « équivalent », évacuation et démolition (en cours de la tour Cara), « un nouveau modèle «modèle architectural », « création d’un service vacances » (remplaçant l’OVL) avec «  révision de la tarification et des barèmes », amélioration du système d éclairage public », création d’une brigade de l’environnement, mise en place d’une gestion urbaine de proximité dans les quartiers, le label (retrouvé) « 3 fleurs »,

[6] Des opérations futures (et parfois incertaines) : l’école Ampère (ouverture sept. 2019), une école sur Bauer (au 111-113 pour Wonder ?), la reconstruction de l’école Bachelet, le Conservatoire rue Charles Garnier, le musée d’art contemporain au Cap Saint-Ouen, une politique de mécénat pour la rénovation du patrimoine communal, une grande halle gastronomique aux Docks, un plan de rénovation des centres de vacances…

[7] De grands projets qui ont « atterris » dans notre ville comme le Village olympique (dont une possible réhabilitation de la nef de l’Ile des Vannes), le siège de la Région Ile de France, le musée de la Restauration au Château, le Grand Hôpital…

[8] on pense notamment au stade Bauer ou à la patinoire.

[9] Le Maire après reconnaît d’ailleurs d’entrée, pour ne plus y revenir précisément que « malheureusement entre l’application d’un programme et son application, tout ne ce passe pas forcément comme souhaité ». Il cite en guise d’explication « les désengagements de l’Etat, du Département, les transferts de compétences et les imprévus rencontrés » (ces derniers ne seront pas explicités). Il conclu donc sobrement « il est difficile de respecter son application à la lettre et nous le regrettons ». Point barre.

[10] Tandis que son 1er Adjoint Lias Kemache se réclame ouvertement de la France Insoumise (sic !), une partie de ces colistiers s’est clairement affichée en soutien à Emmanuel Macron lors des Législatives. S’en compter pour les sénatoriales, l’abstention de 6 élus de la majorité qui n’ont donc pas voter pour la liste (LR-UDI) soutenue par le Maire.

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14 réflexions au sujet de « Bilan ou testament ? »

  1. Votre opinion est partisane et fait l’impasse sur la gestion catastrophique de l’équipe communiste. Laissez de côté la personnalité du maire et intéressez vous au passif qui handicap terriblement la ville.
    Ceux qui connaissent la ville et les motivations des choix passés le savent. Incompétence, dogmatisme, clientélisme et j’en passe. L’incompétence en matière de budget a laissé une ardoise colossale, les chiffres sont publics. Elle a également terriblement plombée la ville par cette adhésion à l’interco bâclée et au désavantage de la ville. La zac confiée à une sem mal gérée est un cataclysme financier et urbain. La gestion catastrophique des équipements municipaux a laissé un patrimoine totalement délabré. Vous pouvez vous acharner sur qui vous voulez mais la réalité est là. Il n’a pas tord de parler de passif qui condamne la ville pour des années

    • « Il n’a pas tord de parler de passif qui condamne la ville pour des années »

      Il n’a pas tord mais il ne peut indéfiniment se reposer sur ce discours.

  2. « William Delannoy ne peut éviter une nouvelle fois des propos outranciers sur l’héritage des « 70 ans (passés) d’idéologie et de gestion communiste », « les caisses (laissées) vides avec des dettes abyssales par ses prédécesseurs qui pratiquaient « l’habitude de gratuité pour tous, de petits fours et de champagne pour les amis » »

    A part les propos outranciers, on ne peut pas dire qu’il a tort.

    « Dans ces huit pages, qui s’ouvrent sur la photo du Maire et son éditorial sur 3 colonnes, on indiquera ici ou là : « l’équipe municipale et moi même » ou « William Delannoy et son équipe municipale » mais aucune photo ou nom du moindre Adjoint au Maire. Même la grande argentière (Wahiba Zedouti) supposée avoir terrassé la dette et ouvert les portes de l’avenir n’est pas citée. Sans doute pour éviter de faire de l’ombre au grand timonier. »

    On disait la même chose de JR. Lorsque l’on recevait la « pravda » locale (le journal de la ville) il n’y en avait que pour elle. Très rare était les articles consacraient aux adjoints. Sans doute ne fallait il pas faire de l’ombre à la grande « timonière ».

    « Des actions engagées de longue date dont on s’attribue la paternité (ou qui se poursuivent) »

    Rien de plus normal , cela se nomme la continuité du service public. Après pour la paternité je pense qu’il manifestement exagération. Mais je ne pense que ceux d’en face auraient agis différemment.

    « la végétalisation de l’espace public »

    C’est parce que des audononiennes et des audoniens ont luttés que les anciennes majorité ont finis par concéder, du bout des lèvres, qu’il y avait nécessité à limiter le tout bétonnage.

    « malheureusement entre l’application d’un programme et son application, tout ne ce passe pas forcément comme souhaité »

    « il est difficile de respecter son application à la lettre et nous le regrettons »

    Au moins il le reconnait. Cela change des mensonges des anciennes majorités. C’était quoi déjà le slogan ? « Ville humaine et solidaire » ? Mensonges !

    « En muselant l’information et la concertation, il va surtout poursuivre sa gouvernance solitaire et ses coups d’éclats populistes, persévérer dans sa frénésie immobilière incontrôlée et surfer sur les grands projets qui s’invitent à Saint-Ouen.

    Pas certain que cela suffise pour la suite. »

    C’est étrange parce que c’était la même chose avec les majorités précédentes.
    Quant à l’avenir ? Qui sait. En ce qui me concerne pas question de voir revenir la clique à JR et compagnie.
    .

    • @ Joseph

      Il ne vous a pas échappé que j’ai évoqué dans mon article l’ancien Maire et que ma conclusion c’est que tout ça, cette propag éculée ande comme la com. à paillettes de JR, c’est un peu de la politique à l’ancienne. Comme d’ailleurs l’illusion d’un rabobichage dans un cartel des gauches que vous évoquez et qui ne me semble ni souhaitable, ni réaliste.

      • « Certes, l’ancienne Maire ne nous avait pas épargnés ce genre de « bilan globalement positif » pondu d’en haut à la veille des élections »

        Cela ne m’avait pas échappé.

        Quant au rabibochage, c’est par rapport à ce qui s’est passé lors des législatives et la candidature Durand.

      • Il est paradoxal de nommer un site soignetagauche.fr et de penser qu' »un rabobichage dans un cartel des gauches ne semble ni souhaitable, ni réaliste. »

        Quand on est de gauche on combat La République en Marche et on cherche à construire l’union des forces progressistes.

        Quand on est de gauche on essaie de définir un programme de gestion municipale 2020-2026 de Saint-Ouen rassemblant EELV LFI PCF et PS avec des objectifs environnementaux économiques et sociaux pour une ville de soixante mille habitants en 2026.

        Quand on est de gauche on essaie de créer une liste comprenant des candidates(dats) de chaque parti EELV LFI PCF et PS et permettant dimanche 8 mars 2020 de vaincre les partis de droite UDI LR et d’écraser le club de supporters d’Emmanuel Macron La République en Marche.

        • @electeur-stg

          On ne sait pas compris : ce qui n’est pas souhaitable c’est un rabobichage correspondant à un simple accord d’appareils de partis. D’autant que dans certains cas l’appareil local se réduit à quelques personnes seulement et pas toujours représentative. Il ne suffit pas d’aligner les logos (comme celà a déja eté fait avec le succès qu’on connaît).
          Beaucoup de personnes de sensibilité communiste, socialiste, écologiste (parfois anciens membres de ces partis) sont à rassembler mais aussi bien au-delà. Nous pensons qu’il faut rassembler la gauche au sens large et sans exclusive mais avec lucidité sur des objectifs clairs.
          En résumé constituer un groupe préparant une alternative municipale (comprenant aussi des gens qui ne veulent absolument pas être élus) et porter un programme crédibles sur les grands dossiers de la ville. Pour faire simple ne pas rechercher dans l’immédiat l’homme ou la femme providentiel(le) pour devenir Maire puisque nous avons déjà l’embarras du choix en terme de candidats possibles et pour partie revendiqués.
          Pour l’heure, sauf coup de théâtre, il y a lieu de s’y employer sans confondre vitesse et précipitation. Les élections municipales sont en 2010 voire 2021.

  3. Il vous est manifestement insupportable de reconnaître que le bilan de ce Maire est exceptionnel.
    N’étant bien évidemment pas objectif à vos yeux, inutile de vous donner mon opinion .
    Je vous invite donc à interroger nos concitoyens non Audoniens pour savoir ce qu’ils pensent de l’évolution de cette ville.
    Vous constaterez que l’image de la ville ne cesse de s’améliorer et que de nombreux franciliens commencent à regarder Saint-Ouen comme une ville où il fait bon vivre.
    Mais peut être préférez vous rester enfermé dans vos certitudes idéologiques?
    Cordialement
    Votre serviteur

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