Victoire pour une fin de partie

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Les élections départementales (nouveau nom pour les cantonales) approchant, les militants socialistes de Saint-Ouen, Epinay et l’Ile Saint-Denis étaient appelés à désigner le « ticket » (pour instaurer la parité, les électeurs voteront en mars prochain pour un binôme homme/femme) qui les représentera dans cette joute électorale[1].

La signature d’un accord départemental entre le PS et Europe Ecologie Les Verts ayant réservé la place homme aux socialistes et la place femme aux écologistes, ce scrutin semblait organiser pour permettre à notre Karim Bouamrane local de repartir à la bataille tout en court-circuitant Mamadou Keita ou en tout cas le priant de rester bien sagement chez lui et de faire campagne, une fois de plus, pour les autres.

La présence de suppléants devait permettre de pimenter la chose en demandant aux tickets de représenter les trois villes de ce nouveau canton à la cohérence plus qu’étrange (coupé en deux, la ville d’Epinay voit ainsi la partie nord ouest c’est-à-dire sa partie jouxtant Argenteuil rattachée à Saint-ouen, tandis que le reste, plus près de nous, est rattaché au canton de Pierrefitte et Villetaneuse ). Or, Saint-Ouen présentant plus des 2/3 du canton c’est dans notre ville que le débat interne a eu lieu.

Face à notre hérault du socialisme local s’est dressé un autre ticket composé notamment d’Henri Lelorrain, animateur de la gauche du PS local, récemment fracturé en interne, et plus que critique sur les orientations, la méthode et le bilan de Karim Bouamarane après 2 ans de direction par celui-ci du PS audonien.

Après une campagne interne, que d’aucuns qualifièrent de tendue, c’est donc à la Rotonde que les militants socialistes de Saint-Ouen ont voté mercredi 3 décembre.

Le résultat est clair et sans appel : sur 270 votants (la plus grosse section du département, comme on nous le dit souvent), seuls 134 adhérents sont venus voter et aux 4 bulletins nuls, s’ajoutent 37 voix pour Henri Lelorrain et 93 pour Karim Bouamrane.

Nous ne savons pas si cette chute du nombre de votants est due à la déperdition actuelle d’adhérents au Parti Socialiste ou à la présence sur place d’un observateur fédéral (sorte de casque bleu envoyé par la Fédération PS 93 pour s’assurer que tout se passait bien, ou tout du moins que les règles étaient respectées) mais quoiqu’il en soit nous ne pouvons que relever que notre nouveau candidat local perd 90 votants par rapport au vote qui l’avait désigné en 2012 leader des socialistes.

De même, le score d’Henri Lelorrain montre son assise réelle et en progression bien que très minoritaire, dans une section clairement divisée.

Après les coups de poings, invectives, et noms d’oiseaux dont la presse s’est fait l’écho mais aussi les différences d’analyses des dernières échéances, nous sommes curieux de voir comment ce petit monde va se mettre ensemble pour faire campagne et mener un PS disparu des écrans radars depuis les municipales à la victoire en mars prochain. Nul doute, pour commencer, que les 93 adhérents qui sont venus voter pour Karim Bouamrane sauront créer une dynamique militante, opérer un vrai rassemblement, et donner une ambition nouvelle pour ce canton à défaut d’avoir réussi à le faire pour notre ville.

C. Jeulet

 

[1] En attente de son écologiste, K. Bouamrane, tête d’affiche, sera accompagné par les socialistesSophie Mariotte Conseillère municipal de l’Ile Saint-Denis Unknown.1003806_10200633133934241_1232635720_n et Raphaël Goma Militant associatif d’Epinay.

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5 réflexions au sujet de « Victoire pour une fin de partie »

  1. Ré écoutons, lisons Cornelius Castoriadis dans un entretien de 1993 à propos de l’ouvrage « La montée de l’insignifiance »

    Extrait
    « Pour revenir au point de départ de votre question, vous avez raison de dire que nous ne vivons pas aujourd’hui une Krisis au vrai sens du terme, à savoir un moment de décision.

    (Dans les écrits hippocratiques, la krisis, la crise d’une maladie est le moment paroxystique au bout duquel le malade ou bien mourra, ou bien, par une réaction populaire provoquée par la crise elle-même, entamera son processus de guérison).

    Nous vivons une phase de décomposition. Dans une crise, il y a les éléments opposés qui se combattent – alors que ce qui caractérise précisément la société contemporaine est la disparition du conflit social et politique. Les gens découvrent maintenant ce que nous écrivions il y a trente ou quarante ans dans S. ou B., à savoir que l’opposition droite/gauche n’a plus aucun sens : les partis politiques officiels disent la même chose, Balladur fait aujourd’hui ce que Bérégovoy faisait hier. Il n’y a en vérité ni programmes opposés, ni participation des gens à des conflits ou luttes politiques, ou simplement à une activité politique.

    Au plan social, il n’y a pas seulement la bureaucratisation des syndicats et leur réduction à un état squelettique, mais la quasi-disparition des luttes sociales. Il n’y a jamais eu aussi peu de journées de grève en France, par exemple, que depuis dix ou quinze ans – et presque toujours, ces grèves ont un caractère catégoriel ou corporatiste.

    Mais, on l’a déjà dit, la décomposition se voit surtout dans la disparition des significations, l’évanescence presque complète des valeurs. Et celle-ci est, à terme, menaçante pour la survie du système lui-même.

    Lorsque, comme c’est le cas dans toutes les sociétés occidentales, on proclame ouvertement (et ce sont les socialistes en France à qui revient la gloire de l’avoir fait comme la droite n’avait pas osé le faire) que la seule valeur est l’argent, le profit, que l’idéal sublime de la vie sociale est l’enrichissez-vous, peut-on concevoir qu’une société peut continuer à fonctionner et à se reproduire sur cette unique base ? »

    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/9-la-montee-de-l-insignifiance

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