Fusion avec frictions

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La France arrive en tête des destinations touristiques dans le monde : elle conserve le premier rang mondial en 2013, avec 84,7 millions d’arrivées de touristes internationaux, et le 3ème rang en termes de recettes (42,2 milliards d’euros). Cela représente 7,4 % du PIB en 2013 et génère 1 245 742 emplois directs et indirects. C’est dire l’importance dans notre économie que représente ce secteur.

Nous avons la chance à Saint-Ouen d’avoir un site touristique de renommée mondiale qui accueille chaque année plusieurs millions de touristes et qui participe de fait à l’économie audonienne et à l’attractivité de notre ville. C’est pourquoi, ces dernières années la politique touristique audonienne s’est renforcée, et est devenue ambitieuse dans le contexte régional porteur de l’Ile de France. Cette politique s’est développée à partir du Marché aux Puces mais a su mettre en avant d’autres sites culturels et de nouvelles pratiques dans le cadre du tourisme participatif en lien avec ses habitants.

L’entrée de Saint-Ouen dans Plaine Commune le 1er janvier 2013 a transféré la compétence «  tourisme » sur l’agglomération de communes. S’est donc posée la question sur le fonctionnement de l’Office de tourisme de Saint-Ouen dont la subvention devenait intercommunale et qui se retrouvait sur un territoire élargi où existait déjà un Office Intercommunal. L’évidence a voulu une fusion entre ses 2 entités avec comme objectifs la mutualisation de moyens et de nouvelles forces vives pour entrer dans le Grand Paris du tourisme.

Malheureusement, cette projection légitime semble loin des préoccupations de la direction actuelle de l’Office intercommunal Plaine Commune Grand Paris où l’on pourrait croire que la disparition d’une politique touristique à Saint-Ouen serait attendue…

Quelques éléments sont en effet plutôt préoccupants :

–       Des départs de personnel à Saint-Ouen qui de 6 personnes tombent à 3, sans recrutement annoncé et avec une pression importante pour ne pas dire harcelante sur les missions augmentées du personnel restant ( mais pour combien de temps.. !) et démobilisé car sans vision d’axes stratégiques et d’objectifs à venir. (mais pour combien de temps.. !)

–       Une fermeture envisagée du bureau d’accueil en centre-ville pour un nouveau point touristique agrandi dans le Marché aux Puces. Cela est souhaitable en effet pour une meilleure visibilité et centralité dans le Marché aux Puces mais de par sa nouvelle situation, ne doutons pas que celui-ci sera dédié essentiellement aux touristes et non plus aux habitants qui y regarderont à 2 fois avant d’aller en haut de la rue des Rosiers. Et cela serait dommage puisque les audoniens ont régulièrement et de plus en plus fréquenté leur Office de tourisme depuis quelques années.

–       Des visites guidées en petit nombre (3 par mois pour couvrir un territoire de 9 communes) et peu d’innovation en terme de balade participative ce qui avait été une belle avancée faite par l’Office de Tourisme de Saint-Ouen.

–       Un site internet vieillot qui place le Marché aux Puces dans une liste incomplète (2 villes sur 9) des sites touristiques incontournables de l’intercommunalité et une liste par ailleurs très égalitaire où tout est un peu mis sur le même plan ( http://www.saint-denis-tourisme.com/accueil/decouvrir/les-incontournables.aspx )

–       La disparition du lien du site internet de Saint-Ouen (autrement attrayant et fréquenté.. http://www.st-ouen-tourisme.com/) dans tous les documents promotionnels ou de communication de l’Office intercommunal.

Saint-Ouen n’occupe donc pas la place qu’elle mérite en termes d’apport de compétences professionnelles au sein de l’Office intercommunal et d’image au sein de la politique touristique de Plaine Commune. En quelques mois le dynamisme et la cohérence de la politique touristique ont disparu alors que l’entrée dans l’intercommunalité devrait booster ce secteur si important pour le territoire et ses habitants.

Dominique GARCIA-DUROCHER [1]

 

[1] Ancienne Conseillère Municipale au Tourisme de 2008 à 2014 et membre du groupe PS partisan de l’entrée de Saint-Ouen dans Plaine Commune dès son élection en 2008.

 

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7 réflexions sur « Fusion avec frictions »

  1. Il n y a pas que les salariés qui soient soumis a pressions, les membres du Ca aussi.

    Mais l’ OTinterco n est il pas gouverné par le responsable de la cgpme du 93?

    En 2015, nous pouvons fêter ce que nous avions feté ensemble en 1985 : Le centenaire des Puces avec quelques années de plus aujourd hui.

    • @ Jym

      Voui vous avez raison la fusion-concentration à la mode capitaliste c’est le nec plus ultra pour être efficace. On voit que vous avez pas voté Delannoy qui défend son clocher et ses armoiries.

      Mais pour revenir à nos moutons, c’est quand même un peu strange sur le site de l’office de tourisme communautaire dans les “incontournables sites touristiques de Plaine Commune” (9 au total) : 6 pour Saint-Denis et 3 pour Saint-Ouen !
      Et les autres que dalle ? Je m’aventure pas trop dans ces contrées reculées mais (par exemple) à Stains, en dehors de Carrefour du Globe, on a quand même la Cité Jardins et c’est pas rien, non ?
      Ils ont pas un peu le melon à Saint-Denis depuis la fusion absorption ?

      C’est sûr après la guérite ridicule place la Mairie du temps de P. Fost , la boutique de l’office de tourisme avenue Gabriel Péri à la Rouillon c’est le summum de la ringardise côté image de marque. De là faire disparaître ce point d’accueil en coeur de ville pratique pour les habitants (et les nouveaux des Docks) ça se discute.
      On pourrait d’ailleurs l’intégrer dans le rez de chaussée de la Maison des associations en face dont le Maire ne sait pas quoi faire en face et regagner un local pour le commerce ?

      J’ai pas compris non plus pourquoi il fallait transférer les locaux la belle annexe de l’office dans les Puces dans un passage piéton pas loin de la Porte Montmartre dans l’Hôtle industriel Cap St-Ouen rue des Rosiers.
      Une idée de nos nouveaux élus aux Puces B. Bachelier et H. Cornière ?

      Si quelqu’un en sait plus je suis preneuse.

  2. Un office du tourisme a vocation à se trouver sur le passage des touristes, et ce de manière visible. Qui a déjà vu des touristes ave Gabriel Péri ? Et Impasse Simon ? Il n’y a jamais personne dans l’annexe, car elle est introuvable. Ce qui est dommage : le local est sympa, et le personnel accueillant. Pourquoi ne pas installer l’office à la Place du Comptoir des Puces, rue des Rosiers ? Le rade est vide depuis longtemps, situation imprenable à l’entrée du marché.

  3. Le point d’accueil du centre- ville est bien sûr d’une autre époque…Le CA de l’Office de tourisme et moi-même avions demandé lors de la mandature précédente une rénovation complète intérieure et extérieure, le service urbanisme avait même fait des propositions mais les frais à engager ne faisaient pas l’unanimité car il y a toujours des priorités avant le tourisme ou la culture ! Avec le projet de la Maison des associations, j’avais suggéré que le point d’accueil du centre -ville change de trottoir. Contrairement à ce que pense Dumez, je crois que les missions d’un OT ne se bornent pas à l’accueil des touristes surtout dans une zone urbaine. En 2013, 68% des demandes en centre- ville concernaient des audoniens. Ceux-ci ont aussi beaucoup fréquenté les balades urbaines, curieux de découvrir ou de mieux connaître leur ville et son patrimoine. La mission de service public auprès de la population me semble très importante ; d’ailleurs l’accueil des Nouveaux habitants en fait aussi partie et les 10 000 futurs audoniens annoncés dans le quartier des Docks sont à prendre en compte.
    Concernant le point d’accueil des Puces, il faut savoir que celui-ci a été financé en 2002 par la commune, le département et la région, ce qui a toujours compliqué les projets de changement de site. Je ne peux qu’approuver une volonté de situation mieux adaptée à l’accueil des franciliens et étrangers ( une fréquentation qui serait actuellement de 4 millions par an) pour l’Office de Tourisme ; mais avec quels financements ? L’intercommunalité me semble frileuse sur le sujet et la Région IDF qui serait la plus à même d’aider ce projet doit entendre une réelle volonté politique pour y arriver et cela passe par les habitants et leurs représentants élus.
    D.Garcia Durocher

  4. Effectivement, il faudrait idéalement répondre de manière optimale aux besoins de tous les publics. Sauf que dans le cas présent, il ne semble pas envisageable de maintenir 2 points d’accueil. Alors fromage ou dessert ? Donc vaut-il mieux être toucher 4 millions de visiteurs aux Puces dans un local facile à trouver, ou bien 50 000 Audoniens avenue Gabriel Péri ? Avec une petite précision : les Audoniens pourront toujours aller aux Puces, alors que les touristes n’iront jamais ave Gabriel Péri…

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