Docks en stock

« Entre Seine et parc », quatre mousquetaires[1] de la promotion logements, Cogedim, Bouygues, Eiffage et Nexity ont ouvert le bal de la commercialisation de plusieurs centaines de logements autour du futur parc. Un tir groupé pour des lots dont les livraisons sont prévus d’ici 2015. L’ouverture commerciale le week-end du 22 au 24 juin était destinée aux audoniens exclusivement souhaitant être propriétaire occupant. Une séquence en « prime time » imposée par la ville avec à priori une petite ristourne à la clef. Le tout à des prix « administrés » respectant la « charte promoteurs » soit si l’on a bien compris entre 4 200 et 4 500€ le m2.

Une démarche à grande échelle, relayée par notamment par le journal municipal et qui ressemble d’ailleurs aux pratiques d’autres villes proches cherchant à stabiliser sur place leur population susceptible d’accéder à la propriété en limitant au maximum les achats de parti« investisseurs ».

Très symbolique des mutations en cours dans cette ancienne grande halle industrielle, les bulles de ventes, maquettes et jeunes gens avenants aux sourires commerciaux, là ou il y a quelques années à peine des cols bleus s’afféraient sur d’énormes condensateurs électriques dans une odeur huilée d’usine.

Les audoniens, acheteurs ou non, ont pu découvrir à l’occasion une grande maquette du parc et de ses abords avec les maquettes des immeubles commercialisés avec en prime une vidéo 3D et les plans thématiques de l’aménageur (Sequano) sur l’ensemble du projet des Docks (plans qui n’en doutons pas seront un jour sur le site de la ville et actualisé en permanence).

Côté dialogue (commercial) avec le chaland certains ont pu noté quelques approximations et parfois un peu de flou dans l’argumentaire. A noter ainsi la grande discrétion sur l’incinérateur, sa disparition annoncée un peu vite, une réduction de prix à priori pas trop vérifiable ou encore pas grand chose sur la ville de Saint-Ouen elle même. Côté supports de communication quelques couacs avec une future station de la ligne 14 sur le plan (Ville/Sequano) ayant glissé opportunément de Victor Hugo à l’angle de la rue Louis Blanc, une passerelle entre le parc et le complexe sportif de l’Ile des vannes sur le plan d’ensemble  mais pas sur la maquette…

Bref des broutilles à l’échelle de l’opération et du pari commercial pour les promoteurs. Ces derniers étaient semble-t-il assez satisfaits du niveau des réservations par des audoniens en ces temps difficiles.

A suivre et à voir (accès rue des Bateliers)



[1] le 5ème, Sedri –Europequipements, aurait lui déjà vendu en bloc à un investisseur pour du locatif l’ensemble du programme à l’angle Bateliers V. Hugo (aujourd’hui en construction).

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10 réflexions sur « Docks en stock »

  1. Je ne connais rien à ce genre d’affaire, n’étant pas acheteur au motif que ma bourse reste désespérement plate ..
    Je veux simplement signaler la présence dans la dernière photo d’une affiche sur laquelle on peut lire “Retour à la Terre”. Cela me ramène quelques décennies en arrière, à une époque où le Maréchal Pétaint prônait le retour à la terre dans le cadre de la Révolution Nationale, car, disait-il, seule la terre est nourricière … Ne voyez dans ma remarque aucune intention malveillante.

  2. Concernant l’aménagement des docks, où peut-on trouver les infos concernant les décisions sur l’entretien du parc et des parkings (tous collectifs), la sécurité, etc et bien entendu les coûts correspondants ?
    Le journal de SO publiera t-il un jour, comme les autres journaux municipaux, un état un peu détaillé des grandes masses budgétaires (où vont donc nos impôts – que rapporte financièrement à la Ville le marché des Puces ? etc etc). Les futurs contribuables seront peut-être plus exigeants sur cette communication que nous ne l’avons été. Espérons.

  3. à Barbara

    Concernant vos questionnements, voici la lettre que j’ai dressée aux élus il y a un an :

    “Madame, Monsieur,

    Membre du Pôle citoyen de la Zac des Docks, et d’une association disposant d’un petit jardin ouvrier, j’ai reçu il y a peu le compte-rendu de l’Atelier n°1 sur le Parc tenu le 26 novembre 2010.

    Je souhaite apporter sur trois aspects ma contribution pour la réussite de cet aménagement, et l’avenir de Saint-Ouen !

    La sécurité : une telle surface, les usages multiples recensés et prévisibles, et ceux encore inconnus, les coûts d’entretien et d’évolution, les animations, l’expérience du mail Mitterrand, l’imbrication avec la cité, la possible passerelle avec l’Ile des Vannes font que les espoirs de tranquillité comme les craintes d’insécurité sont très grands pour les usagers et les associations, les personnels et directions de l’action publique.
    Une clôture physique pour un accès et un usage maitrisés du parc ne peut être rejetée d’un revers de manche.
    Le traitement des espèces naturelles et végétales comme de la surface d’eau imposeront des dispositifs contraignants – en fonction des âges et des usages.

    Cet aspect central doit être l’objet d’un traitement propre aboutissant à un volet constitutif du projet et des décisions d’ensemble, travaillé en recherchant tous les interlocuteurs nécessaires (personnels, associations en résidence et utilisatrices, police nationale, conseil général, comité d’usagers des parcs départementaux…).

    Les usagers : nous disposons d’une expérience consultable avec les maisons des usagers des parcs départementaux.

    La création d’une structure similaire serait un gage et un moyen d’associer les usagers, les habitants, les personnels.
    A l’image de ce qui se fait au Parc des Chantereines, un dispositif d’information – sur le parc, son usage, son fonctionnement saisonnier – devrait être conçu dès maintenant, et cela en intégrant toutes les situations de handicap.

    L’emploi, la formation, l’insertion : les concepteurs et les décideurs doivent veiller à ce que le parc offre aux audoniens des perspectives et des offres concrètes dans ces domaines.
    Une relation des services municipaux en synergie avec les organismes de formation, l’Education nationale, Pôle Emploi, la Région Ile de France, le Département, la Justice doit être provoquée à ce niveau d’exigence, sans omettre les associations locales.

    La création d’un groupe de travail des acteurs locaux opérant sur ces trois aspects doit être recherchée et celui-ci animé avec audace.

    Bien à vous

    François Taquet
    francoistaquet@yahoo.fr

    Inutile de vous dire que je n’ai pas été réceptionnaire du moindre accusé réception (toujours ce fâcheux problème de courrier en mairie…).

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