47 000 et plus…

… ce sera bientôt la population de Saint-Ouen qui compte aujourd’hui, au 1er janvier  2012 selon l’INSEE,  pas moins de 46 928 habitants. Modestement 13ème sur les 40 villes du Département en terme de population[1], notre communes enregistre par rapport à 2011 la plus forte progression (+ 2,04%) pour les villes de plus de 30 000 habitants de Seine Saint-Denis.

Cette progression est-elle alarmante, comme le pensent certains, à la veille de l’arrivée prochaine dans les Docks de milliers d’habitants supplémentaires. Cela correspond-il à un « bétonnage » forcené avec à la clef une ville sale, insécure et étouffante comme d’autres le prédisent ? Rien n’est moins sûre.

En effet, une ville dont la population stagne ou régresse[2], comme ce fut le cas longtemps à Saint-Ouen[3] est en général une ville vieillissante,  sans renouvellement pas et qui perd son dynamisme.

Cette croissance est en premier lieu le résultat d’une évolution démographique nationale avec un nouveau « baby boom » dans les années 2000[4]. D’où la programmation dare-dare de nouvelles écoles dans de nombreuses villes et à Saint-Ouen avec l’Ecole Mandela.

Ce phénomène « naturel » s’est cumulé avec le départ progressif d’activités insérées dans les secteurs d’habitat[5] pour des raisons de commodités ou d’expansion quand elles ne ferment pas boutique[6]. Ces disparitions, très pénalisantes pour l’emploi, ont offert des opportunités foncières pour la promotion privée. On a ainsi vu fleurir de nombreux petits immeubles en copropriété et des programmes de logements sociaux de qualité dans presque tous les quartiers de notre ville.

Malgré la résorption importante de l’habitat insalubre ou les réhabilitations « lourdes » diminuant le nombre de logements et leur sur occupation[7], la ville « actuelle » hors « zones industrielles » s’est donc « densifiée » en population de manière progressive depuis une dizaine d’années.  Sans que cela crée de déséquilibres majeurs , ni d’absurdités architecturales ou urbaines manifestes. Le paysage urbain s’est amélioré.

Inutile de dire que ces tendances lourdes n’ont pas été directement initiées par les municipalités successives mais accompagnées, avec plus ou moins de bonheur, par celles-ci.

Globalement, Saint-Ouen ayant de puissants moyens financiers, les équipements publics ont plutôt suivi notamment en termes scolaires ou de petite enfance même s’il reste beaucoup à faire.

Cette population en croissance sensible permet de bénéficier de dotations d’Etat plus importantes, apporte des contributions fiscales supplémentaires[9], constitue un potentiel pour attirer des commerces de qualité, permet de dynamiser la vie citoyenne…

Montée des trafic de drogues, insécurité et incivilités récurrentes, saleté des espaces publics, commerce dégradé… ce n’est certainement pas les nouvelles familles s’installant à Saint-Ouen, par choix ou nécessité, qui posent problème. Au delà de l’imprévoyance ou du laxisme municipal, c’est bien la paupérisation des cités HLM, l’entassement de la misère dans le logement ancien dégradé et l’emploi inaccessible (notamment pour une partie de la jeunesse) qui handicapent lourdement notre ville et son devenir.

En bref, si l’augmentation de la population n’est pas une fin en soit ce n’est évidemment pas un danger mais un atout.

Quant aux vaste territoire des Docks de près d’une centaine d’hectares, son aménagement est bien sûr discutable mais incontournable. Cette vaste zone industrielle, dont la mutation a démarré il y a de nombreuses années avec la fermeture de la centrale électrique EDF, le départ du dépôt d’hydrocarbures Total et des activités de production d’Alstom, devrait constituer demain un véritable morceau de ville en bord de Seine.

Autour d’un grand parc, près de la Mairie ou le long du boulevard Victor Hugo, la construction de 4 000 logements[10] est une opportunité importante proche de Paris et des transports en commun.

Ce doit être une chance pour Saint-Ouen sous réserve d’intégrer ces 10 000 habitants supplémentaires en évitant de créer une ville dans la ville.[11]

Si les formes architecturales seront différentes de celles que nous connaissons jusqu’ici dans le tissu urbain de la ville, la densité sera sans doute moins importante que dans nombreux secteurs anciens de la ville actuelle.

Sauf accident, 47 000+10 000= 57 000 habitants, la ville pourrait donc se stabiliser autour de ce niveau de population d’ici une douzaine d’année. Pour mémoire en 1931 sur un espace habité beaucoup plus restreint (moins de 75% de la commune) la population était alors de… 53 146 habitants !

 

S’il convient d’être très vigilant et d’avoir un regard citoyen aiguisé en évitant la folie des grandeurs, notre commune, aux portes de Paris, peut donc contribuer à éviter l’étalement urbain en accueillant de nouveaux habitants sans perdre son âme et en améliorant sa qualité de vie. Il faut pour cela des choix assumés, partagés et transparents.

Eric PEREIRA-SILVA



[1] Saint-Ouen était encore la 2ème ville de Seine Saint-Denis pour sa richesse fiscale par habitant (juste derrière Tremblay en France (aéroport Charles de Gaulle)

[2] passant notamment de 43 606 en 1982 à 39 722 en 1999.

[3] et dans les villes environnantes dont Paris

[4] Lu dans « Doctissimo » : « Incroyable, les Françaises sont devenues les championnes d’Europe de la fécondité.(…). Mais d’où vient ce baby-boom ? Des trentenaires ! (…) Pour les statisticiens de l’Insee, cette augmentation des naissances, associée à ce recul de la mortalité contribue ainsi à une croissance démographique sans précédent depuis 30 ans. Une bonne nouvelle qui séduit aussi les économistes, qui voient là un point positif pour le paiement des retraites dans quelques années…» Source : Insee Première n°1118 – janvier 2007.

[5] Les grands groupes avec d’importantes emprises dans la ville s’étant déjà  « tertiariser » comme Alstom, Bosh, Martini, Fenwick ou ont fait place à de nouveaux lotissements d’activités ou de grands programmes de  bureaux neufs.

[6] dernière exemple en date avec l’entreprise Marotte à Debain.

[7] au final le nombre de logement est assez stable : 19 574 logements résidences principales en 1968 pour 19  605 en 2007 !

[9] évidemment sans commune mesure avec la taxe professionnelle perdue ou en diminution.

[10] dont 50% d’ici 2014 selon les informations officielles.

[11] avec évidemment des solutions acceptables par tous concernant l’usine d’incinération du Syctom ou la chaufferie de la CPCU en milieu urbain.

Facebooktwitterredditpinterestlinkedintumblr

Facebookrss

29 réflexions sur « 47 000 et plus… »

  1. Félicitations pour cette analyse.Il y avait longtemps Eric que tu n’avais pas produit un texte si complet et mesuré.Une bonne base de discussions.Comment empêcher les “docks” de devenir “une ville dans la ville” à l’image du “Vieux” et surtout “Debain”?En développant les transports en commun.

  2. A Saint-Ouen et ailleurs, on a des idées de grandeur. Plus on est de fous, plus on rigole !
    Prévoir plus de 50.000 habitants dans un futur proche est, selon moi, un non sens évident !
    La commune n’est pas en mesure, même en emménageant les docks, d’absorber autant de monde.
    On n’a donc pas fini de rigoler !
    Je souhaite bonne chance aux promoteurs de cette idée lumineuse …
    Mais, après tout, cela ne me regarde pas …

    • @ René Matéo

      En dehors de taquiner les joyeux drilles de l’OAS, en 1962 vous avez surement bien rigoler puisque Saint-Ouen comptait…51 956 habitants. Un vrai non sens !!!

      EPS

  3. 4000 logements en plus et 10 000 habitants en plus: Cela prouve bien que quand la majorité nous explique que ces logements sont pour les audoniens, c’est qu’ils nous prennent pour des quiches! Si ces nouveaux logements allaient aux audoniens, cela n’augmenterait pas la population. Sauf si on compte comme JR !

    • @ Jean Fouquart

      En résorbant le logement insalubre ou en procédant à des réhabilitations on fusionne des logements (2 petits logements font un logement normal par exemple), il faut donc reloger.
      Il faut également permettre aux jeunes de dé cohabiter d’avec leurs parents, permettre aux salariés de la ville de se loger, accepter les conséquences des familles décomposées etc…
      et évidement favoriser des parcours résidentiel par la sortie du parc social vers de l’accession à la copropriété…
      Bref, il faut produire du logement pour des raisons diverses…

  4. @ is-stg 5
    Je ne dis pas qu’il ne faut pas produire de logements, je dis que nous servir leur soupe populiste depuis des années comme ils l’ont fait en nous disant que ces 4000 logements étaient pour les audoniens, n’est rien d’autre qu’une escroquerie intellectuelle de plus! mais quand on aime, on ne compte pas!!!

  5. Jean,ce que dit Eric est vrai mais de plus S.O.n’ a pas vocation de rester un village d’irréductibles entouré par la perversion francilienne.S.O. a toujours été,depuis la Révolution industrielle dans la 1ere 1/2 du XIXe siècle une ville de passage qui accueillait de nouvelles populations à fortes colorations immigrées:de l’intérieur de la France dans un 1er temps et de l’étranger dans un 2nd temps!Ayant travaillé sur les registres d’impôts et les registres d’état civil de Bains-sur-Seine à la fin du XVIIIe siècle,je puis t’affirmer qu’aucun des noms des gens qui écrivent sur ce blog n’était présent sur ces registres!
    Des noms de rue(Mathieu,Anselme,Lecuyer,Compoint…etc)portent encore les noms ou les prénoms de proprios qui s’enrichirent en lotissant leur propriété.
    😉

  6. Sur l’étalement urbain bien que dans de nombreux discours depuis longtemps, il est triste de prétexter la lutte nécessaire contre celui-ci aujourd’hui alors qu’hier, certains nous vendaient le retour à la campagne – la ville étant un enfer – et la joie des petits oiseaux… et la baisse naturelle voire obligatoire de l’industrie.

    Qu’il est beau ce Paris, vidangé de sa population, de ses activités au profit des fortunes et des boursicoteurs!

    Venir tous les jours en TGV de fort loin pour travailler, se taper une heure aller et autant le soir, ce n’est pas de l’étalement, c’est être moderne et reconquérir la campagne. Cc’est aussi allier le rustique au progrès des infrastructures ! c’est la maîtrise de son temps, un peu comme la corde et le pendu.

    Une ville à plus de 50.000, pourquoi pas mais avec quels équipements pour qui? Quel trajet de vie à saint-Ouen pour les audoniens ?

    Les enfants de saint-ouen seront-ils des audoniens à l’age du lycée, de l’entrée dans le travail, dans la création de la famille.

    Peut-on présenter les constructions et ne pas réfléchir au fait que beaucoup de jeunes ne peuvent rester faute de logements à bas loyer.

    Sur les programmes privés d’accès, à peine un quart d’audoniens (au mieux), l’essentiel des acheteurs vient d’ailleurs, sans parler des spéculateurs/ loueurs qui poussent les prix vers le haut en bénéficiant des cadeaux fiscaux.

    Où est-on des mesures d’échanges d’appartements sous occupés ? Quels projets de foyers pour les jeunes travailleurs;? Le CARA est suroccupé. A quel niveau d’offres construira t-on le ou les prochains foyers?

    Quid aussi des établissements secondaires et de leur requalification/revalorisation, du développement de Cachin et la finition extension de Blanqui?

    A ce propos, nous avons deux conseillers généraux dont un VP. Alors pensez-vous normal que le perron du collège soit comparable à une cour de ferme mal pavée?

    J’ai le regret de lire que beaucoup parle du global en oubliant tranquillement et doctement le local.

    Autant pour l’accueil de la petit enfance et des vieux en besoin d’assistance dans des établissements spécialisés, quelle surface disponible pour répondre à tous ces besoins?

    A quelle hauteur portons nous les capacités d’intervention de notre SEM ?

    Comment se fera le nettoyage, la gestion des espaces publics en plein air et souterrain ?

    Après les 5 millions de la MDA, on nous propose un grand stade pour petite équipe? Avec quelles ressources va-t-on faire fonctionner et investir ?
    Devra-t-on passer sous les fourches caudines des partenariats public-privé, autre corde pour un même pendu.

    Autre versant de cette augmentation e la population : la floraison associative et de libre regroupement.

    Quelle prise en compte, quels moyens, quel partage dans la vie municipale, quel rapport avec les services et les équipements.

    Enfin l’actualité est à la ligne 14, véritable remède à tout avec sa gare de Pleyel qui va tout résoudre quasiment, selon les technocrates, notamment la situation de la ligne 13.

    “Mêlez-vous de vos affaires, pas de consignes”disent d’autres ou les mêmes. Je suis bien d’accord.

    Le pouvoir est à prendre et à partager.

    Moi, j’ai choisi le Front de gauche et je vous donne rendez vous à la le 2ème assemblée citoyenne, ouverte à toutes et à tous.

  7. Il faudrait une analyse sérieuse des raisons de la décroissance de la population audonienne dans les années 80-90 pour éviter de connaitre pareille situation dans l’avenir : ce sont les classes moyennes qui ont déserté la ville en raison des problèmes souvent évoqués ici (insécurité, manque de propreté…) aggravant le manque de mixité et la disparition des commerces.
    Ce projet des Docks et ses 60 % de logements sociaux (40 % minimum dans le PLU mais une volonté déclarée de depasser ce seuil) risque fort de rentrer dans ce même cercle vicieux.
    l’interco avec des villes depassant aussi ce seuil ne va pas arranger les choses alors qu’il aurait evidemment fallu répartir de manière plus harmonieuse ces logements sociaux tant nécessaires. Donc rien de nouveau à attendre : toujours peu de logements sociaux dans le 92 et Paris et toujours plus dans le 93 et l’espoir pour ceux qui le peuvent de quitter SO si rien de s’amméliore…
    Plutôt que ces interco qui vont juste regler des problèmes de cout (surement en supprimant des emplois locaux) il faudrait que le logement devienne une vraie cause nationale gérée par l’Etat et pas par les elus locaux qui manifestement pensent à tres court terme et n’anticipent pas les problèmes à venir.

  8. id-stg post 3
    Il y a une erreur quelque part. Saint-Ouen ne comptait pas 50.000 habitants en 1962 et 63. Je me souviens du Saint-Ouen de l’époque comme si c’était hier !
    La ligne 13 était, disons, fréquentable. Il y avait presque toujours des places assises, moins de monde dans les rues ; la population immigrée était ultra minoritaire ; on circulait partout sans problème. La seule drogue que l’on consommait à ces temps bénis était le Ricard .. avec beaucoup d’eau !
    Par contre, des salariés en grand nombre, domiciliés hors Saint-Ouen, venaient travailler dans les entreprises et de nombreux flâneurs hantaient les rues et les allées du Marché aux Puces.
    Peut-être y avait-il 50.000 habitants les jours de Carnaval, mais pas en temps normal. La surface de la ville à l’époque ne permettait pas d’en absorber autant … celles ou ceux qui ont établi le chiffre de 51.956 se sont trompés.
    Micfainzang post 6
    En 62, mon cher Michel, j’étais métallo chez Sirugue, une usine implantée avenue Michelet, en face la rue Voltaire. Elle a été décentralisée à Angers et le terrain ainsi libéré a été occupé par la RATP.
    Secrétaire à l’orga à la section des Rosiers (il y avait à l’époque trois sections du PCF à Saint-Ouen) j’ai très bien connu Christine Fainzang. C’était un membre très actif du comité de section ..
    C’est vrai que l’OAS était source de préoccupations. Il fallait garder les bâtiments publics et certains locaux. On risquait le plasticage. Mais le moral était bon et les troupes étaient fraîches …

  9. René,je ne sais si en 62 vous étiez à S.O. mais vous ne deviez pas souvent prendre la ligne 13 entre 7H et 8H du matin.Lorsque vous changiez en tête à St-Lazare pour prendre la ligne Levallois-Porte des Lilas,il n’était pas rare que la queue commence sur le quai de ladite ligne 13(Pleyel-St-Lazare et Pte de Clichy-St-Lazare)!Alors les places assises…mais enfin,c’est vrai que c’était le bon temps!Les filles étaient déjà jolies et je tombais amoureux tous les matins.Malheureusement,il y avait tant de monde qu’on ne se revoyait jamais le lendemain.En ces temps là,je prenais le métro pour l’Orient express…

  10. id_stg:5

    on ne peut demandé aux jeunes de déloger de chez leur parents vous savez pourquoi ?il n y a pas de logements vivable en location a des prix raisonnables
    les 4000 apartements sociaux on doit les leur gardé
    ils reviennent aux audonniens ils sont PRIORITAIRES
    nos jeunes sont le futur de notre ville ne l oublions pas
    comme la Mairie les OUBLIE
    en plus pour avoir un logement c est a la téte du client
    en gros VOUS VOTEZ NE VOUS METTEZ PAS CONTRE NOUS SOYEZ AVEC NOUS POUR NOUS ET VOUS EN AUREZ UN voila la TRISTE VERITE
    et la on mets votre dossier au dessus de la PILE

    a mediter

  11. Mon cher Michel, je vous précise que je ne prenais pas le métro pour la bonne et simple raison que j’habitais à l’hôtel sis 20 rue Voltaire et que l’entreprise Sirugue, où je préparais la Révolution Socialiste, se trouvait à quelques dizaines de mètres environ.
    Je n’encombrais donc pas le service public. J’étais un privilégié, si l’on peut dire ..
    Je me souviens, comme vous sans doute, que la ligne 13 se résumait à “Carrefour Pleyel- Saint-Lazare”
    “Porte de Clignancourt” était la station de métro la plus proche de l’hôtel où je résidais …

  12. Concernant la ligne 13, “sauvée” aujourd’hui mais prochainement par la ligne 14, elle s’arrêtait à cette époque à Pleyel, et était rarement bourrée comme aujourd’hui.

    Avec l’extension, progressive, il y eut plus de voyageurs, et plus tard différents. Et tout s’est envenimé. Et surtout plus d’agent de la Ratp.

  13. René, 51956, est le nombre d’h qui figure sur Wikipedia, en 1962 puis qui décroît jusqu’en 1999 à 39722(départ des Audoniens de ma génération vers d’autres cieux),
    pour remonter après jusqu’en 2008:45595(arrivée des “bobos”qui ne peuvent plus se loger à Paris).
    Il faut se méfier de Wikipédia car ce site est souvent décrié.
    Salut.

  14. Michel, ton 14.
    C’est vrai que les filles étaient jolies ds les années 60, surtout en 67/68 pour ce qui me concerne,(en 62, j’avais 11 ans).
    Le Métro était mon terrain de chasse, on draguait, on emballait, et…. on faisait des adhésions….quel pied!
    On était des Teen ,on était beaux, on écoutait les Stones…et on croyait changer le Monde.
    On s’est trompé, c’est le Monde qui a pris le dessus.
    Oui, c’était le bon temps.
    Merci de ce rappel; putain, j’y pensais plus.

  15. @ Michel 9
    Toi et Eric me faites dire des choses que je n’ai pas dites. Relisez mon/mes post, il n’y a que ce que j’ai écrit, le reste n’est qu’interprétation, parfois hasardeuse.

  16. Eric, ton 3.
    En 1962, il ne s’agissait pas que de “taquiner”l’OAS.
    C’est un peu court!!!
    Oserais-je te rappeler la Manif du 8 Février, au cours de laquelle 9 militants du PCF et de la CGT furent assassinés par les flics!!!!!!!!!Oui, 9 Morts!
    Ma Mère y était, mon Père conduisait son bus à la demande du Parti, pour transporter les Manifestants.
    Encore un rappel, pendant cette période, mon frangin et moi étions accompagnés à l’école par des Camarades du PCF, volontaires car mon Père, menacé de Mort par “les Taquins”, avait dû quitter son domicile et son taf pendant plusieurs mois.
    Je crois que les animosités à l’égard des uns ou des autres doivent s’effacer devant les réalités historiques.
    Bien à toi.

    • @JMP

      Cool, c’était un peu d’humour. Vu que l’ami Matéo m’a déjà parlé – il y a fort longtemps – des combats contre l’OAS à Saint-Ouen.
      C’était, histoire de mettre un peu de relief sur les dates avec des évènements un peu plus graves que le nombre exact d’habitants.

      Pour ce qui me concerne à l’époque j’étais en Primaire à Jaurès et je me demandais ce que signifiait le sigle OAS inscrit sur les murs rue Ampère.
      J’ai pu me rattraper ensuite, car à l’armée j’ai lu les 4 ou 5 tomes d’Yves Courrière sur la guerre d’Algérie ce qui intriguait un peu les officiers engagés. Surtout que je lâchait toujours avec désinvolture : “je m’interesse aux guerres que vous avez perdus”. Succès assuré dans les rangs.

  17. Jean,post 22,où as-tu lu que je te fais dire quelque chose?Je donne raison à Eric et je dis que pour moi S.O. n’est pas réservé qu’aux seuls audoniens.Que ça a toujours été comme ça depuis la Révolution industrielle et que même avant de riches propriétaires comme Necker,Ternaux aimaient y posséder une résidence ou des paturages.

  18. Taquet post 19,les bus d’un vaste bassin emmenaient les usagers à Pleyel où ils se précipitaient dans le métro.Il en était de même à la Porte Clichy.Ces nombreux usagers n’avaient que deux stations pour se répandre dans Paris:Place Clichy et St-Lago.Qui n’a pas vu à l’époque les queues sur les quais d’arrivée aux heures d’affluence n’a jamais vu ce qu’était la ligne 13.D’ailleurs à l’époque personne n’appelait une ligne de métro par son numéro…
    Pour le personnel supplémentaire poinçonneurs et chefs de quai dans une cabine au milieu du quai(je l’avais oubliée,je m’en souviens grâce à toi!),je ne suis pas sûr qu’il aidait à activer le flux des usagers aux heures d’affluence.Par contre,il assurait par sa présence une sécurité aux heures creuses.

  19. @JPM post20, @René Matéo post13

    Les données communiquées par EPS qui mentionnent 51.956 habitants à Saint-Ouen en 1962 ne sont pas fausses mais vérifiables ci-dessous et ailleurs.
    Un précédent recensement établi en 1954 (qui était le dernier à être recompté deux fois) faisait d’ailleurs déjà mention de 48.112 audoniens.

    http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/fiche.php?select_resultat=33844

    A préciser que de 1954 à 1962, la ville et le département commencèrent même à construire en hauteur pas moins de 1.403* logements sociaux pour limiter la densification au sol et se réapproprier certains espaces sinistrés par les bombardements de 1944 (suivis de bien d’autres … dont notamment les grandes tours de Soubise et des Boute-en-train qui seront quant à elles érigées plus tard – respectivement en 1971 et 1965 – ).
    Mais le record démographique fût atteint bien avant, puisqu’en 1931 Saint-Ouen comptait 53.146 âmes. Une date pour laquelle, il n’existait pas de tours mais beaucoup de familles souvent nombreuses qui s’entassaient dans les espaces très réduits des bidonvilles.

    Une des questions à se poser serait quand même de savoir si certains des habitants de la « Zone » qui existait autrefois pour définir cette frontière un peu « no man’s land » séparant Paris et Saint-Ouen à l’emplacement de l’actuel périphérique, n’auraient pas subtilement été intégrés à ce recensement de Saint-Ouen
    En effet, car de nombreux occupants de cet endroit étant souvent assimilés comme exclus ou indésirables de la part de Paris, le cas ne serait pas surprenant. (Michel qu’en pensez-vous ??)

    En revanche à cette date également, l’activité automobile étant très réduite, les adultes et les enfants surtout disposaient à contrario de beaucoup plus d’espaces à l’extérieur pour échanger, jouer, discuter et même exercer leur activité professionnelle devant leur pas de porte (comme les matelassières, par exemple).

    Et si aujourd’hui paradoxalement avec cette époque, les logements réalisés sont ‘généralement’ plus spacieux, ces grands lieux de vie et d’échanges s’étant raréfiés au profit du véhicule, le sentiment oppressant du manque d’espaces est certainement beaucoup plus ressenti maintenant que le manque d’air dont souffraient les habitants en 1931.
    En effet, car là pour ce qui était du ressenti, on oublie souvent de noter qu’à cette époque chaque forte densification s’accompagner généralement d’une consommation excessive du charbon.
    Et selon le souvenir des témoignages de mes grands-parents qui en faisaient déjà le commerce sur Saint-Ouen à cette époque comme de nombreux autres bougnats. Si ce combustible offrait comme avantage de permettre aux Audoniens faute de mieux de se chauffer et de cuisiner à moindre coût. En revanche, son inconvénient majeur était d’émettre beaucoup de fumées noires (de la pollution aussi mais on en parlait moins à ce moment) rivalisant sans égal avec le panage de l’incinérateur (l’ancien déjà existant) et allant même jusqu’à obscurcir durablement Saint-Ouen certains jours d’hiver.

    D’ailleurs, cela doit sans doute être un des autres points communs souhaité pour le projet des Docks qui prévoit d’accroitre en 2018 la démographie de Saint-Ouen à celle de 1931.
    Puisqu’aujourd’hui l’écran de fumée qui masque encore les plans et la maquette de ce projet à tous les Audoniens n’est toujours pas dissipé.

    *Source : « Chez nous à SAINT-OUEN »

  20. id-stg

    désolé si je me suis emballée en écrivant 4000 logemenst ” ca ma fait révée”
    dommage la chute a été dure de toute façon il faut que cela soit pour les audonniens

    bonne journée

    Qui va a la réunion salle Barbara jeudi 19 Janvier 2012 ?

    si on en profité pour aller boire un pot avec tout les blogeurs comme on a prévu de le faire

    bibi a tous

  21. BV,post 27,je pense que les habitants de la Zone étaient parisiens mais je doute qu’ils étaient recensés!
    1931 indique le dernier recensement avant que les effets de la crise de 1929 se fassent sentir.Les familles populaires étaient plus nombreuses et s’entassaient dans des pièces vétustes.Je rappelle que d’après le Dr Villermé vers 1850 dans des communes comme S.O.l’espérance de vie n’était que de 18 ans.Si les conditions de vie,la durée de la journée de travail et l’âge du travail des enfants s’étaient améliorés les conditions étaient tjs difficiles…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *