La réponse du berger à la bergère…

Le Maire à visiblement une grande qualité : celle d’organiser le rassemblement… contre elle !

Non contente de laisser se déliter le groupe “Communiste Citoyen et Républicain” par ses erreurs d’appréciations, son  autoritarisme et son incapacité à incarner la majorité municipale dans sa diversité, elle accuse les autres de tous les maux dans cette misérable lettre aux audoniens baptisée  improprement “Parlons-en”.

Après avoir jouer les va-t-en-guerre et mis de l’huile sur le feu avec des décisions unilatérales et brutales sanctionnant Karim Bouamrane Adjoint au Maire désormais privé de sa délégation, elle s’attire une réponse musclée du Parti Socialiste et des Verts dans une lettre commune aux audoniens distribuée largement dans la ville.

Ces deux composantes essentielles de la majorité dénoncent les pratiques inacceptables du Maire et l’appellent à la raison. La parole est d’autant plus claire et ferme que le Maire a aujourd’hui un rapport de forces en sa faveur asseez défavorable.

Nous publions ci-après ce document (avec les passages essentiels soulignés par nous en gras)

Parlons-nous !

28 novembre 2009

Lettre des groupes « Socialiste et Citoyen » et « Les Verts », membres de la majorité municipale*

« La véritable prise en compte des propositions des différentes composantes de la majorité municipale est pour nous un facteur de réussite pour Saint-Ouen. »

Madame, Monsieur,

Chers Audoniens,

Depuis 18 mois, un certain nombre de pratiques et de méthodes de Madame la Maire rendent difficiles la mise en œuvre du projet municipal souhaité par les Audoniens.

Sur des dossiers importants, Jacqueline Rouillon prend des décisions unilatérales sans concertation préalable avec les différentes composantes de la majorité. Cette méthode a montré ses limites sur les dossiers de Paris Métropole, des Docks, des finances de la ville et des dialogues « Parlons Saint-Ouen ». La dernière illustration en date est sa décision personnelle de retirer la délégation au développement économique et à l’insertion des salariés à notre collègue Karim Bouamrane, élu de longue date et reconnu comme particulièrement compétent dans son domaine, suite à son choix de quitter un groupe de la majorité pour en rejoindre un autre.

Considérant que Jacqueline Rouillon a, elle-même, pris ses distances avec le Parti communiste, il ne nous parait pas cohérent qu’elle prenne aujourd’hui la décision de sanctionner un élu engagé, au seul motif qu’il a rejoint le Parti socialiste. En effet, ces évolutions font parties de la vie politique et ne constituent pas une rupture au sein de la famille de Gauche et de l’Ecologie.

Nous tenons à rappeler qu’il s’agit du deuxième départ du groupe dont la Maire est issue durant cette mandature, après celui de Monsieur Nour-Eddine Senhadji. N’est-ce pas là l’expression d’un mal plus important ?

Nous réaffirmons notre volonté d’atteindre les objectifs de l’accord électoral sur lequel nous avons été collectivement élus, mais nous dénonçons la méthode de travail au sein de la majorité qui manque de transparence, de concertation, de respect des propositions et des orientations de chacun. En un mot, nous voulons un fonctionnement plus démocratique et conforme à l’accord que nous avons passé.

Nous sommes bien conscients que le choix de Karim Bouamrane n’est pas un acte anodin et qu’il nous faut réfléchir ensemble à cette nouvelle donne. C’est pour cette raison qu’à l’initiative du Parti communiste, l’ensemble des partis signataires de l’accord programmatique de 2008 (PC, PS et Verts) s’est rencontré mercredi 25 novembre, suite à cette décision précipitée de Madame la Maire. Cette réunion a été l’occasion pour l’ensemble de ces forces politiques de réaffirmer leurs volontés de continuer à travailler ensemble dans le respect et la solidarité, comme ce fut notamment le cas en septembre dernier sur les questions de violences et d’insécurité.

Aussi, nous constatons avec regret la fébrilité de Madame la Maire, certainement mal conseillée, qui détourne de sa vocation première, une lettre d’information aux Audoniens pour se justifier. Nous désapprouvons au demeurant l’utilisation des finances des contribuables audoniens pour ce genre de communication personnelle coûteuse pour la collectivité.

Nous continuons d’attacher une grande importance au respect de la parole donnée sur les objectifs communs à atteindre, mais nous n’acceptons pas les méthodes employées pour y parvenir.

Face à l’urgence sociale, économique et écologique, nous avons le devoir d’adopter une attitude sereine et responsable.

Nous demandons donc à Madame la Maire de bien vouloir assurer, désormais, son rôle de coordinateur et de modérateur de l’équipe municipale. Ainsi dans l’intérêt des Audoniennes et des Audoniens, nous pourrons sortir au plus vite de cette crise qu’elle a elle-même provoquée.

Bien à vous,

Sophie Jacquot-Gautun

Présidente du groupe Socialiste et Citoyen

Rémi Fargeas

Président du groupe Les Verts

* En réponse à la lettre « Parlons-en ! » de Jacqueline Rouillon, Maire de Saint-Ouen.

Communication réalisée, imprimée et financée par les sections locales du Parti socialiste et des Verts

06.14.35.71.73 – 06.50.68.42.37

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5 réflexions sur « La réponse du berger à la bergère… »

  1. Je ne crois pas, la mal est trop profond. Cette affaire laissera des traces. Pour ma part, je pense et je le répète, un élu, quel qu’il soit, qui change de parti au cours de la mandature, devrait être tenu de remettre son mandat à la formation politique dont il a été l’élu. Cela me semble conforme au sens commun. En l’état actuel des choses, on change de parti comme de chemise, surtout quand le col commence à être usé !
    C’est une bataille entre sociaux-démocrates avec, en toile de fond, un changement du premier magistrat de la ville. Alors, on crie haro sur le baudet – on devine aisément qui est le baudet. Ces querelles intestines démontrent, s’il en était besoin, une faiblesse politique évidente du conseil municipal, opposition comprise eu égard aux propos irresponsables tenus récemment par monsieur Lias Kemache, qui lui aussi est vert. Avec les verts, je ne sais plus à quel saint me vouer, il y en a partout, à gauche, à droite et au centre. Ils ont le don d’ubiquité ! La république est bonne fille … rendons lui cette justice !

    • René,
      Nous vous citons dans le texte : “Pour ma part, je pense et je le répète, un élu, quel qu’il soit, qui change de parti au cours de la mandature, devrait être tenu de remettre son mandat à la formation politique dont il a été l’élu. Cela me semble conforme au sens commun. .
      Comme vous confirmez par ailleurs que Jacqueline Rouillon a quitté le PCF, cette prescription s’applique-t-elle dès lors au Maire ?

  2. Je me permets d’ajouter en ce qui est de Karim Boamrame qu’il n’a fait aucune objection lorsqu’on lui a proposé à nouveau de faire partie de la liste d’union de la gauche. Or il devait être conscient à l’époque qu’il avait des désaccords profonds avec le parti communiste. On ne vire pas sa cuti d’un seul coup d’un seul, pour une péccadille. On n’apprend pas aux vieux singes comme moi à faire la grimace.
    Je suis de la vieille école et j’ai une autre conception de la politique. Je pense que lorsqu’on a accepté de représenter un parti politique à une élection, on doit avoir une conduite irréprochable. La politique n’est pas un jeu. C’est la vie de la cité, dit-on. On se doit de respecter les électrices et les électeurs qui vous ont accordé leur confiance. Si on a des désaccords ce qui peut arriver, on a le courage de présenter sa démission. C’est en tout cas ce que je ferais si j’avais un mandat d’élu à quelque niveau que ce soit.
    Cela dit l’incident est clos. Je me contente d’observer, comme beaucoup, ce qui se passe et je ne prends parti ni pour l’un, ni pour l’autre. En tout cas, cela donne une image négative de la politique. Qu’on ne s’étonne pas si les abstentions sont nombreuses à chaque consultation électorale.
    Je répète, il vaut mieux le dire deux fois qu’une, ceux qui ont mis sur pied la liste majoritaire ont fait de très mauvais choix. On en a aujourd’hui l’illustration concrète.
    Quant au parti communiste, il n’a absolument rien à se reprocher. On l’a probablement mis devant le fait accompli. Quoi qu’il en soit, il paye les pots cassés !

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