Quand la droite joue gauche 1

Pointer ce qui va mal à Saint-Ouen n est pas compliqué. Pas besoin d être de droite pour le faire. Suffit de comparer les tracts, blogs et sites de ceux des intervenants dans la campagne municipale qui parlent de Saint-Ouen : les remèdes prônés, parfois très différents selon les sujets, partent d un même constat de déficience. Et ce jusque dans le catalogue à promesses de Maire Bonheur quand elle recourt au sempiternel comparatif stalinien du encore plus… : « des services publics locaux encore plus proches et performants » (Nos engagements p.2), encore plus…tout ce que vous voulez. C est justement pour bousculer cette gauche institutionnelle archaïque, particulièrement sclérosée à Saint-Ouen, en panne d idées autres que de garder son monopole sur le pouvoir municipal, que nous avions créé, il y a 15 ans déjà, id. Saint-Ouen Soigne ta gauche.

Pointer ce qui ne va pas est certes le boulot de l opposition. Dans le spécial février 2008 de L Audonien diffusé le 24/2 au marché, William Delannoy, en liste cette fois-ci avec son ancien rivale Albert Kaleydjan (ancien centriste tombé MoDem avec Bayrou) ainsi que Lias Kemache et ses compagnons du (ASOEA)[1], nous en met plein la vue : quelques photos de coins moches, deux fois la même voiture brûlée, une poubelle renversée, deux scènes de voitures mal garées, le gag de la police municipale. Mais ce n est pas un scoop, on connaît. Et que faire des deux pages sur l urbanisme à l argumentation plutôt confuse ? Et de la promesse « nous réaffecterons les sens historiques des rues que les services techniques de la voirie se sont évertués à changer » ? Dès le programme diffusé la semaine d après (1/3/08), il doit déjà en rabattre : « réétudier l actuel plan de circulation… ». Faut savoir ! Et quand la majorité sortante rénove enfin le marché Ottino et crée du marché piéton rue Gabriel Péri -tiens, le maire-adjoint aux marchés, n était-ce pas Eric Pereira (id-soigne-ta-gauche)-,William Sourire fronce les sourcils : « …à quelques semaines du 1er tour » (p.3), c est vache ! Comme si cette gauche à dominante stalinienne, de surcroît plombée par son sous-produit Maire Bonheur/Magic Boss (MB/MB), avait fait exprès.

Cette gauche audonienne-là fournit un boulevard à toutes sortes d opposition, en génère même en son propre sein. Ainsi la liste de Mamadou Keita Ensemble pour Saint-Ouen. Un cadre de la l administration municipale, préposé à l animation (associative) dans un quartier, de surcroît membre du PCF encore dominant localement. Il mobilise vers la citoyenneté une jeunesse « communautaire » issue de l immigration récente. Après tout, la maire sortante n avait, en sept ans de mandat, pas su créer le conseil consultatif des étrangers pourtant au programme. Ayant réussi à bousiller en un temps record le projet de démocratie participative, elle n a pas non plus su intégrer productivement la liste des Kemache, à l origine gauche brouillonne sincère et écologiste. Aujourd hui, Maire Bonheur la retrouve arrimée à la liste de William tout Sourire moyennant une place éligible sur la liste. Bravo !

Fringant, frondeur dans l âme, boutiquier des puces entreprenant plutôt que requin de la finance mondialisée, caméléon de la droite locale (ex-RPR, ex-UMP, ex-ex…et demain quoi ?), William-pif-au-vent hume sa chance subite. Pas d autre liste à droite de MB/MB, ni de liste à droite de lui-même, ça promet un bon cumul côté droite. Pour attraper le reste, faut bien appâter côté gauche.

                                                                                Ingolf Diener



 

[1] A Saint-Ouen Ensemble Autrement

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16 réflexions sur « Quand la droite joue gauche 1 »

  1. Vais-je être le premier è  répondre?
    Toujours est-il que je vais reprendre ce que je t’ai dit sur le marché Dimanche tout en commenè§ant par te poser quelques questions.
    Gauche brouillonne … moyennant une place sur la liste…(r)alliée è  William boutiquier des Puces pif au vent….n’as tu pas l’impression que è§a fait un peu paternaliste voir condescendant?C’est dans le pur style Pereirra. Pourquoi Eric ne s’est-il pas foulé d’une petite note autocritique sur ce blog, ne serait-ce que dans un but didactique, pour ceux et celles qui ont rejoint des listes et
    pourraient ainsi ne pas commettre les mêmes erreurs?
    Alors O-K je prends acte, il faut rendre è  César…
    Le marché Ottino est devenu piétonnier, bien…
    mais que dire du marché aux Puces rue Vallès qui lui est devenu parcours du combattant, du Jeudi au Lundi , pour les enfants et les parents qui se rendent aux écoles et qui de Kléber-Mazeau aux déballages sur les trottoirs, sans oublier les voitures stationnant sur les trottoirs…quand la seule réponse qui leurs a été faite depuis six ans c’est qu’il est impossible de travailler avec cette équipe de stalos etc…
    Reconnais que è§a donne envie d’aller voir alleurs,parce que ce qui importe pour les Audoniens c’est d’être entendus et que leurs problèmes quotidiens soient pris en compte, et non pas de savoir que des rivalités idéologiques (?) bloquent les solutions attendues.
    Et cela est valable pour d’autres exemples:
    Quand è  avoir envisagé d’autres possibilités pour agir sur St-Ouen avec l’ASOEA, faute d’avoir la prétention de “gauchiser” William D
    nous nous en sommes tenus è  travailler sur un programme que toi même è  du mal è  trouver droitiste,(hormis qu’on a osé débattre et proposer une police Municipale formée et efficace et l’installation de caméras de surveillance aux endroits stratégiques et dans les parkings)et pour cause, car si tel avait été la cas nous ne serions pas restés dans ce projet d’alliance.
    C’est en parlant avec les habitants , de tous bords
    sensibilités et origines que nous nous sommes rendus compte de la neccessité d’aborder le sujet de la sécurité en dehors des dogmesquand certains pour ne pas heurter parlent de “tranquilité!”.
    Quand au logement “social” tu n’as pas bien lu, ce qui m’étonne ,puisqu’il est proposé de favoriser l’accession è  la propriété pour les plus modestes qui sans cela ne pourraient n’y accéderaient jamais, afin de pouvoir financer de
    nouveaux logements locatifs è  bas loyer. etc etc…

  2. Qualifier la liste Ensemble Pour Saint-Ouen de ” communautaire ” est tout simplement mensonger et insultant pour toutes les personnes qui sont présentes sur cette liste et pour tous les Audoniens qui la soutiennent.
    Ces propos sont purement discriminatoires.

    Ensemble Pour Saint-Ouen entreprend une réelle démarche citoyenne et participative, qui est un véritbale renouveau en politique, un espoir de changement pour notre ville.

  3. @ Sabri Haddad
    C’est le même reproche qui avait été adressé è  l’ASOEA en 2001, la qualifiant de liste beur…malgré la volonté de représenter justement un groupe sans exclusive d’origines sociales et culturelles et d’ages . Comme quoi la bétise est tenace.
    Celle qui consiste è  stygmatiser les adhérents de
    cette association pour leur choix d’alliance sur une liste qui totalise 8 UMP, 5Modem 13 “apolitiques”, et 13 de sensibilité gauche écologique, pour ainsi les classer è  droite est du même acabit. Ce choix relève de la (même )démarche de personnes plus que déè§ues, qui n’ont jamais trouvé l’écho è  leurs demandes auprès de JR et de son équipe , qui pourtant s’était engagée entre les deux tours de 2001 è  les consulter et è  les associer aux questions sur les orientations de la ville.
    Ne sont -ce pas les mêmes motivations qui ont amené M. Keita, poutant adhérent au parti communiste, è  faire la démarche de se présenter “contre” (?) la Maire et son équipe sortante?

  4. Bonjour,
    Je n’ai employé aucun qualificatif pour votre liste. J’ai écrit son nom, l’ai située sur l’échiquier politique local, puis ai continué ainsi :
    “Il [Keita, j’aurais aussi pu dire “elle”-la liste] mobilise vers la citoyenneté une jeunesse ‘communautaire’ issue de l’immigration récente”.
    En d’autres termes : je n’ai pas qualifié votre liste de communautaire. Puisqu’elle ne l’est pas, suffit de regarder sa composition. J’ai fait remarquer son caractère citoyen en disant ce qu’elle fait. C’est en situant quelque peu la cible prioritaire
    de ses efforts que j’ai employé le mot “communautaire” tout en le relativisant par des guillemets.
    Ensuite, au sujet de la sécurité, j’ai mis en comparaison le programme Delannoy et le vôtre, qualifié “d’autrement plus nuancé”, pour montrer oè¹, dans le déluge de promesses qui se ressemblent, se situe la différence gauche-droite. Plutôt un coup de chapeau, non ?

    Ce qui me fait hésiter devant votre programme : tout en alignant les fondamentaux de gauche, vous ne vous prononcez guère sur la gestion de MB/MB. Votre critique se résume en deux petites lettres : Vous voulez “re”-donner è  Saint-Ouen sa vocation de …ville ouverte etc…
    Mais comment et pourquoi a-t-elle pu s’écarter de sa vocation ? Un début d’analyse peut-être ? Pour une tête de liste cadre de l’appareil municipal, c’est très discret.

    Votre liste s’offre pour récueillir le vote de gauche sanctionnant la liste MB/MB. et fera probablement un bon score.

    Questions : Avec un résultat 5%+, vous allez fusionner avec MB/MB ? En en cas de 10% plus une voix : allez-vous vous maintenir au 2e tour ?

    Cordialement
    Ingolf Diener

  5. Je m’apprétais è  voter EPSO,fidèle è  ma conception de voter pour des gens en rupture avec la gauche institutionnelle(expérience que j’avais faè®te en 1965-mais seul-croyant renouer avec un PCF mythique,celui d’avant!).Dimanche sur le marché Daniel m’a ébranlé en me présentant l’intérêt è  voter pour sa liste,celle de la LCR.Et depuis,quel ne fut pas mon étonnement,en recevant les bulletins de vote officiels,de m’apercevoir que sur la liste de W.Delannoy,figurait une militante de”Rifondazione Comunista”,en 6eme position!Ce n’était plus une pè¢le “Gauche écologique”(excuse-moi Paco)mais une authentique,plus révolutionnaire que Matéo et Taquet réunis,du parti qui a fait tomber Prodi(la 1ere fois)et permis le retour de Berlusconi!!!Que peut bien chercher une telle militante sur la liste d’un apparenté UMP?

  6. A propos de jeunesse “communautaire” dans la réponse à Sabri Haddad. Qu’est-ce qui vous autorise à juger ainsi les attentes et les intentions politiques des personnes en question. Comment savez-vous que la “jeunesse” en question n’aspire pas à un vote citoyen pour une liste citoyenne? J’ai du mal à voir dans cette accusation de “communautarisme”, jamais précisée, autre chose qu’une racisme quasi-inconscient (“les noirs sont contents de voter pour un noir”): sur un blog citoyen de gauche, j’aimerais vraiment être démenti, et de manière plus explicite que par des guillemets…

  7. Quelques constats dabord :
    ¢ Comme tous/toutes ayant assisté aux deux réunions de campagne de la liste Keita en salle Barbara ont pu le constater : la grande partie du public sont de jeunes noirs et beurs. Les voir sengager avec force dans une démarche citoyenne quest lélection municipale, cest une première ;
    ¢ Mamadou Keita a expliqué, è  sa première réunion du vendredi 1/3 quil a cherché è  mobiliser avant tout les 18- 25 ans ;
    ¢ il réussit son pari sur un programme « alignant les fondamentaux de gauche » : revendications en matière de logement sociaux, demploi, pouvoir dachat, etc.
    ¢ on trouve è  peu près les mêmes revendications chez les autres listes de gauche. Même celle de la droite jouant gauche y va de sa promesse de « lutter contre toutes les formes de discriminations è  lemploi », au grand dam de lextrême-droite sans doute.

    Alors, pourquoi est-ce la liste de Keita qui est crédible aux yeux de la « jeunesse issue de limmigration récente » ?

    ¢ la droite ne sest pas taillée une réputation comme force anti-coloniale, anti-raciste ;
    ¢ impeccable dans son discours anti-raciste, la LCR reste coincée dans sa posture de groupuscule autoritaire ayant raison ; peu efficace dans le quotidien et le local tant que la révolution mondiale se fait attendre ;
    ¢ la liste Maire Bonheur / Magic Boss, plutôt que dexpliquer pourquoi elle na pas tenu nombre de ses promesses déjè  faites pour la mandature révolue, se complaè®t è  resservir ces mêmes promesses, augmentées de tant dautres. Sont ainsi restés sur le carreau notamment maison des associations, démocratie participative, conseil consultatif des étrangers, des jeunes¦. Autant de dispositifs-clé pour tendre la main, entre autre, è  la « jeunesse issue de limmigration récente » ;
    ¢ la municipalité a néanmoins embauché comme directeur de la vie locale et des quartiers Mamadou Keita, militant associatif dynamique, de descendance malienne, et communiste. Quelquun sachant parler aux jeunes en butte è  la discrimination multiforme, exemple de réussite sur le plan professionnel aussi. Histoire de pallier un peu léchec des dispositifs de démocratie citoyenne ? Il a dè» donner satisfaction puisquè  lélection législative de juin 2007, cest lui qui a été président du comité de soutien du duo Dhalfa/Rouillon. Mais est-ce que son job lui donnait satisfaction è  lui ? Et si la dynamique de son action se trouvait entravée parce que sans relais politique ? Toujours est-il que, quelques mois plus tard, il a impulsé avec des amis ce quil appelle « laventure collective » débouchant sur la liste Ensemble pour Saint-Ouen (EPSO), son succès électoral du 1er tour (10,3%) et, après un premier coup de vaudeville de 48h, son maintien pour le 2e tour. Accompagné par lenthousiasme et lespoir de ses jeunes supporters, et le soutien +/- déclaré de pas moins de 20% de lélectorat de gauche. Au moment oè¹ jécris (samedi soir 15/3), le 2e vaudeville pour obtenir la disparition de la liste EPSO bat son plein. Trop tôt pour y voir clair. Il nest même pas sè»r è  qui le crime finira par profiter.

    Jai résumé tout cela en écrivant que Keita/EPSO « mobilise vers la citoyenneté une jeunesse ˜communautaire issue de limmigration récente ». Cest le mot communautaire qui fè¢che, avec ou sans guillemets. Quen est-il ?

    Le mot implique quun +/- grand nombre de personnes aient ou mettent quelque chose en commun et organisent leur vie autour. Mais quoi exactement ? Cest le flou, beaucoup de cas de figures sont possibles, dans beaucoup de domaines. Pour la majorité des jeunes que Keita/EPSO a su mobilier (noirs et beurs), cest le fait de descendre de la population des ex-colonies franè§aises en Afrique, davoir pour (grand-)parents des travailleurs immigrés en France, pays oè¹ ils vivent, souvent sont nés, et dont ils sont citoyens. Et le fait den subir, comme conséquence, racisme, préjugés, discriminations et suspicions è  des niveaux multiples. Emploi, logement, pouvoir dachat, scolarité, formation¦, autant de handicaps qui se superposent, ceci conditionnant cela. Et ils ont en commun la volonté de réagir contre ces rapports imposés. Pour certains, cela peut être le repli dans un groupe vivant en circuit passablement fermé, communauté ici au sens fort du terme. Pour dautres, cela peut être une démarche en sens inverse : intervenir dans lespace public et politique, revendiquer et mettre en acte sa citoyenneté. Comme la mouvance EPSO justement.

    Autrement dit, ils forment la communauté de ceux qui, pour cause dorigine, subissent limposition de conditions de vie défavorables. Mais cela ne les définit pas eux, ne dit pas qui ils sont ni ce quils pourraient vivre en commun au-delè  de ces contraintes. Quest-ce que les Noirs ont en commun au-delè  du fait dêtre noirs ? Ils sont chrétiens, musulmans, « animistes » ou autre chose ; viennent des DOM, TOM ou dAfrique ; et dans ce dernier cas du Mali, Congo ou Togo ; parlent des langues différentes ; sont descendants de familles nobles ou danciens esclaves etc. etc. – que de différences ! Idem pour les Nord-Africains : arabes, berbères, ou juifs, du Maroc, dAlgérie, Tunisie¦ Sous cet angle, parler de communauté et communautaire na pas de sens. Doè¹ les guillemets.

  8. Je suis d’accord avec Ingolf.Quoiqu’il arrive,le grand mérite de M.Keita,c’est d’avoir fait entrer dans la vie politique de la commune,de faè§on massive,des couches populaires(qu’on n’y voyait plus)dont cette jeunesse issue de “l’émigration récente”!
    2007,cette jeunesse populaire s’est massivement inscrite sur les listes électorales.
    2008,è  Saint-Ouen,elle a décidé de s’investir activement dans la vie politique locale.Pas étonnant qu’elle vienne bousculer le ronron de la gauche traditionnelle.Qu’elle continue è  oser,elle est le Saint-Ouen de demain!
    Encore une fois,merci M.Keita,cette jeunesse apprend vite…une partie semble capable,déjè ,de se passer de vous.Un bon score,ce soir,serait mobilisateur!

  9. Reste è  présent è  d’autres forces comme StaG-ID,de faire ce qu’elles n’ont pas pu faire avant le 1er tour,converger avec cette force nouvelle.L’avenir d’un S.O.novateur et bien ancré è  gauche est è  ce prix lè !Autrement,la droite finira par profiter de l’écoeurement que provoquent”ces coups tordus”,l’absence de démocratie,de réponses aux questions des audoniens.

  10. Merci, Ingolf, de cette réponse détaillée. Je suis soulagé de constater que nous n’avons de pas de grande divergence de vues.
    Toutefois, sans vouloir è  tout prix avoir le dernier mot, il me semble que dans la phrase “Autrement dit, ils forment la communauté de ceux qui, pour cause dorigine, subissent limposition de conditions de vie défavorables. “, on pourrait remplacer “communauté” par “groupe” ou “catégorie” (voire “fraction de classe” pour ceux qui lisent encore les classiques) ou simplement réécrire “Autrement dit, il s’agit de ceux qui…”, sans que le sens soit modifié. Mais si c’est vrai, “communauté” n’est pas le mot qu’il faut.
    C’est en cela que je n’aime pas le mot “communautarisme”.

  11. Merci, Ingolf, de cette réponse détaillée. Je suis soulagé de constater que nous n’avons de pas de grande divergence de vues.
    Toutefois, sans vouloir à tout prix avoir le dernier mot, il me semble que dans la phrase “Autrement dit, ils forment la communauté de ceux qui, pour cause d’origine, subissent l’imposition de conditions de vie défavorables. “, on pourrait remplacer “communauté” par “groupe” ou “catégorie” (voire “fraction de classe” pour ceux qui lisent encore les classiques) ou simplement réécrire “Autrement dit, il s’agit de ceux qui…”, sans que le sens soit modifié. Mais si c’est vrai, “communauté” n’est pas le mot qu’il faut.
    C’est en cela que je n’aime pas le mot “communautarisme”.

  12. Bonjour Gérard,
    Je n’adhère pas tout è  fait aux remplacements que tu suggères. “Groupe”, è§a peut aller dans la mesure oè¹ les membres d’un groupe se savent membres d’un tel groupe et agissent comme tels – d’oè¹ les fameux phénomènes de dynamique de groupe.
    “Catégorie”, plutôt non : c’est un type de rangement venant de l’extérieur. Si ce concept n’exclut pas que les individus mis dans telle ou telle catégorie se connaissent, voire développent des liens parce qu’appartenant précisément è  une même catégorie, le concept tend tout de même è  le gommer. “Fraction de classe” ? Les travailleurs immigrés en Europe constituent une fraction de la classe ouvrière d’ici, jusque-lè  ok. Mais puisque le travailleur Diop de l’entreprise “Batipalais” était paysan chez lui avant de venir ici, de quelle classe est-il fraction ? Et a-t-il coupé tous les liens avec sa famille “lè -bas” du seul fait de se trouver “ici” ? Bien sè»r que non. C’est un peu comme jadis les populations rurales des 4 coins de France remontant è  Paris oè¹ descendant de leurs montagnes vers d’autres bassins d’emploi, ou horizons d’une vie meilleure en Amérique par exemple. Pour réussir une sortie de son village avec atterrissage en ville sans trop d’aléas, avoir des points de chute est vital. Avant-hier les Bougnats, hier les Portugais, aujourd’hui les Bambara…
    Etre ouvrier immigré ici n’implique pas qu’on cesse d’être membre d’une famille et d’un village ailleurs. On compte ici centaines d’associations pour le développement du village de…” en Afrique. Ils se soutiennent, se cotisent pour faire face aux vicissitudes de la vie, et pour améliorer la vie dans leurs villages respectifs (une fois la mosquée érigée, ce sont dispensaires, école, moto-pompes etc). Et les enfants nés ici dans le cadre du regroupement familial, fils/filles d’ouvriers ici, seront-ils forcément ouvrier/ère/s ? Prenons l’exemple de Mamadou Keita : il a lui-même fait observé en meeting l’autre jour que les “Keita” représentaient jadis une noblesse. Cela ne l’empêche pas, ici, d’être communiste. Côté profession, il est cadre territorial, pas spécialement classe ouvrière.
    Tout ceci pour dire que la structure migratoire implique beaucoup de liens internes entre migrants, au-delè  de la seule classification faite de l’extérieur. Sous cet angle, le terme de communauté n’est point dépourvu de sens. Le mettre en guillemets est un moyen précis pour désigner son flou.

    On parle toujours de la liste Keita. D’accord avec toi pour rejeter è  son égard les termes “communautarisme /communautariste”. Comme tous les -ismes, ils impliquent répression de l’individu è  l’intérieur et fermeture vers l’extérieur.

  13. “Bonbons politique une affaire en sucre”.

    Cher Ingolf

    Je ne partage pas du tout votre analyse è  propos des jeunes issus de l’immigration, qualifiés dans votre article de “jeunes issue d’immigration récente”. Cette qualification m’inquiète, è  double titre : d’abord la place définitive des enfants issus de l’immigration dans le pôle citoyen et ce que vous qualifiez de jeunesse issue d’une immigration recente !!! Je vous renvois aux indicateurs sérieux des statistiques récentes des populations étrangères émigrées. Vous remarquerez que le terme est différent car il ne s’agit pas dans ce cas de figure de populations immigrées.
    Votre point de vue pose la question suivante : Les immigrés ont ils des valeurs spécifiques ? Votre appréciation m’interroge sur la question de l’ambiguité qui consiste è  traiter ce sujet sous cet angle. Par ailleurs ces ambiguités pésent aussi sur les catégories auquelles elles renvoient. La stigamatisation vécue dans le cas franè§ais (par rapport è  d’autres sociétés d’immigrations europèenne) permet de montrer que de faè§on génèrale cette question est étroitement liée aux orientations de politique nationnale et de manière déguisée elle pose aussi la question de l’éligibilité des immigrés…En revanche mon expérience de militant associatif me fait constater que les jeunes issus de l’immigration maghrebine (par exemple) au cours de ces dérnières années laisse apparaè®tre que cette jeunesse solidement établis en france depuis longtemps est ancrée è  gauche. Tandisque que de manière plus qualitatif et plus ciblé en fonction des parcours de socialisation des jeunes on peut constater une diversification de point de vue et le paysage politique franè§ais offre suffisement d’incohérence pour s’y perdre… Quand è  la sociologie audonienne, personne ne pourra dire que les élècteurs de gauche issue de l’immigration est une immigration récente ou communautaire. Je ne crois pas au phénomène de groupe mais au phénomère de mode qui peut impulser du “lien” et les phénomènes de mode détruisent les phénomène de groupe. C’est une mécanique sociale et éphèmere connue (P.Bourdieu)….En observant de prés cette mécanique on peut relever sérieusement la “température” de l’état d’esprit d’un groupe de personne. Je terminerais en soulignant que ces populations qualifiées “d’immigrée” (une fois de plus) ont largement voté è  gauche. D’ailleurs il n’existe pas de replis communautaire sur la ville, on s’identifie è  des dynamiques qui véhiculent le lien vers une solidarité ou une démocratie de participation. Pour St Ouen les facteurs d’intégration vers une citoyenneté active des jeunes issus de l’immigration reste un autre sujet sur lequel on peut débattre et pour ne pas mélanger les salades et les laitues RDV dans une autre rubrique.
    Bien Cordialement et au plaisir de discuter avec vous.

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